I. Lettre de Tarçhev. Martin, Borovy, Médek, p
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lamente pieusement sur la corruption contemporaine : « L'union a disparu, la foi périclite; que sont devenues la discipline et Tobéissance aux autorités ecclésiastiques? » Ce gage de repentir lui valut la place de vicaire de TÉglise de Vit; il étalait des sentiments très catholiques et gagna par là la faveur de l'archevêque, du légat, de la cour impériale même dont il flattait habilement les ambitions polonaises; il publiait de petits opuscules grammaticaux, des traductions sans valeur, et s'en targuait pour solliciter le priorat alors vacant du collège deTous-les-Saints. Les maîtres du collège, peu flattés de l'honneur de l'avoir pour collègue, l'évincèrent en précipitant l'élection, et Mathias, après avoir essayé, sans succès, de contester la validité du vote, alla chercher fortune en Moravie (iSyg). Il fut nommé curé de Kourzim, eut bientôt maille à panir avec les autorités qui finirent par l'expulser de la ville, en appela de leur décision et ennuya tellement l'évêque de Brno qu'il fut mis en prison. De retour à Prague, il arracha une promesse de nomination au grand chancelier Vratislas de Pernstein. Il visait toujours son priorat, envoyait mémoire sur mémoire, énumérait ses titres, accablait les ministres de promesses de dévouement. Les maîtres consultés l'écartèrent encore sans pitié : sa candidature n'était pas sérieuse ; était-il même Utraquiste ? Dans tous les cas, il n'était ni étudiant, ni professeur de l'Université de Prague; il reconnaissait lui-même qu'il n'avait pas fait d'études régulières, promettait seulement de compléter son instruction après sa nomination. — Battu de ce côté, Mathias changea ses plans et, grâce sans doute à l'appui des Catholiques, fut nommé abbé du couvent d'EmmaOs. Le monastère d'EmmaUsou cloître slave remontait à Charles IV et était une des plus célèbres fondations de la Bohême, la direction n'en était généralement confiée qu'à des ecclésiastiques distingués. A peine installé, le dévouement de Mathias à la foi catholique disparut et il ne songea plus qu'à passer gaiement son temps : il installa dans le monastère un jeu de quilles, un tir aux oiseaux, attira des compagnons que les scrupules ne gênaient pas plus que lui; puis, rejetant toute pudeur,
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il céda Salomé à un tailleur et épousa en grande cérémonie la fille d'un cabaretier. Le cloître fut transformé en cabaret, avec une enseigne, de la musique ; les clients ne manquaient pas, mais l'argent allait grand train ; quand les recettes ne suffisaient pas, on vendait une coupe de bois '. L'archevêque et l'administrateur se plaignirent; Mathias ne s'en inquiéta pas : il comptait sur la protection des conseillers. Cependant, le scandale était trop criant, et, en 1690, il fut déposé de ses fonctions et chassé du pays ^.
L'administrateur Venceslas Bénéchovsky était depuis longtemps fatigué de ses ingrates fonctions. Dès i585, il suppliait qu'on acceptât sa démission : il avait perdu, disaitil, sa fonune personnelle et telle était sa détresse qu'il en était réduit à vendre ses habits. La frasque de son neveu lui avait enlevé le peu de courage qu'il conservait, — Mathias l'accablait d'injures, le dénonçait comme traître et renégat; — il obtint enfin d'être remplacé en 1 590. C'était un assez piètre chef que ce vieillard maladif; du moins ses mœurs étaient-elles pures et ses intentions droites. Il eut pour successeur un ancien chanoine catholique, Fabien Rézek, qui trahit l'Église dont on lui avait confié les destinées, favorisa tour à tour au détriment des Utraquistes les Luthériens et les Frères, puis se réconcilia avec la cour romaine et mourut chanoine d'Olomouts. Les fidèles d'ailleurs se louaient volontiers de sa complaisance : avec de l'argent, on obtenait de lui tout ce qu'on voulait. Il en coûtait cher pour avoir des prêtres utraquistes : les municipalités devaient les faire venir souvent de fort loin, payer leur voyage, les envoyer à Prague où on les soumettait à un examen, — ils disaient une messe. Ce dernier voyage surtout causait aux bourgeois des transes fort vives; il leur était arrivé si souvent que leurs candidats n'étaient pas revenus, empor-