‹ Fin de l'indépendance bohêmeChapitre 129 sur 239 · LA PROPAGANDE LUTHÉRIENNE · texte numérisé non relu

LA PROPAGANDE LUTHÉRIENNE

thérien mêla au débat sa voix sentencieuse : Nous n'avons de seigneur que Jésus, Jésus et non l'Empereur. — Les paysans furent soumis à une captivité plus rigoureuse et ils ne recouvrèrent leur liberté qu'après avoir abjuré le Catholicisme '. — Et cela se passait sur un domaine royal! Et ce Schmidt était un officier de l'Empereur!

Les Catholiques menaient grand bruit de ces fâcheux scandales ; une façon de légende commençait à se propager parmi eux : la nation était toujours secrètement dévouée à son ancienne foi, mais elle était opprimée par ses maîtres. « Le peuple est excellent, écrit le curé d'Oujezd. — Votre Éminence, écrit un autre, ne saurait croire à quel point le peuple d'ici est pieux et catholique. » — En réalité, il faut en rabattre. Le même curé d'Oujezd se voit délaissé par tous ses paroissiens : « ce peuple effréné et qu'un désir furieux pousse vers les prêtres irréguliers et toute liberté », déserte les cérémonies officielles et se presse aux sermons d'un tisserand ; le curé signale le fait aux autorités municipales, on se moque de lui ; ce sont les conseillers qui ont appelé le prédicateur hérétique. Le garde des forêts, officier royal, ne paie pas les dîmes, fait ses Pâques à l'église du tisserand '. — Les lamentations officielles sur le malheur des paysans condamnés à l'hérésie servaient surtout à entretenir le zèle des Catholiques militants; plus tard, on voulut excuser par là les représailles. Pour le moment, la petite armée fidèle s'égrenait rapidement. En admettant même la sincérité de l'attachement des serfs à l'Église romaine, leur opposition n'avait ni consistance ni signification politique et dans les classes supérieures la proportion se modifiait rapidement au profit des Luthériens. Il ne convient pas sans doute de prendre à la lettre les déclarations d'Adam de Stemberg qui, à la diète de 1609, demandait des garanties pour les Catholiques, parce que les Protestants étaient trois cents fois plus nombreux. Les chiffres officiels montrent

1. Id., i583, p. 119, d'après le rapport du prieur à l'archevôque.

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