Sixte d'Ottersdorf, cité par Tieftrunk, p
disait-il dans ses proclamations, quand les Allemands menaçaient le royaume, enlevaient une ville ou le moindre village, vos ancêtres étaient debout pour défendre le pays; aussi leur renonmiée était grande, et tout k monde les redoutait comme le diable; mais vous, maintenant, personne ne vous craint; vous êtes comme de vieilles femmes qui avez peur de votre ombre, et quelle honte pour vous si vous abandonnez votre seigneur ! » Ces déclamations tombaient dans le vide; il était trop visible qu'elles ne reposaient sur rien de réel ; ce n'était certes pas du côté de Jean-Frédéric qu'était le danger.
Les habitants de Prague, auxquels l'énergie de leurs Conseillers n'inspirait qu'une médiocre confiance, avaient pris en main le gouvernement de la commune : à l'avenir, les questions importantes ne seraient plus discutées par le conseil, mais l'on sonnerait la grosse cloche pour convoquer l'assemblée, et rien ne serait résolu sans sa volonté. Par une dérogation plus hardie encore aux ordres royaux, les délégués de la Vieille et de la Nouvelle-Ville de Prague se réunirent, et, considérant que la séparation des deux cités avait été la principale cause de leur faiblesse et de la ruine de leurs libertés, ils conclurent une étroite alliance (lo février 1 547), promirent de se soutenir dans toutes les circonstances. Les autres villes étaient invitées à se joindre à Prague pour défendre leurs privilèges menacés. L'appel fut entendu. Parmi les villes royales, cinq seulement, Boudjéovitse, Plzen,Ousti, Most et Cheb, refusèrent d'adhérer à la ligue.
Les Praguois avaient eu soin de déclarer que l'alliance n'était pas dirigée contre le roi, mais ces vaines formules de soumission dissimulaient mal leurs intentions. En réalité, la révolution était ouverte. Lorsque Ferdinand, un peu plus tard, reprochait aux États d'agir « comme si le royaume n'avait eu ni seigneur ni maître », il n'exagérait pas. Ceux qui auraient voulu modérer le mouvement avaient été bientôt débordés. Les pamphlets étaient toujours plus violents; les assemblées, plus tumultueuses; les orateurs, plus