Kniis de l'administration civile en France
12. — Indemnités à l'atlministration des postes et des télégraphes 815.000
13. — Supplément de dépenses pendant l'occupation des territoires français 21.000.000
14. — Frais divers à la charge de la caisse de l'empire. . . 1.625.634
Total 6C0.836.6i7
(I> La répartition a été ainsi effectuée :
(hnlors.
Confédération du Nord 530.116.053
Bavière 90.200.411
Wûrtembcf^. 28.500.870
Bade 20.144.182
Hcssc 9.333.674
Ensemble 670.295.190
QUESTIONS fXOXOMIQLES: 1872-1875
i\\ir lAllemagne a liic de la colossale rançon qu^elle iK'ii^ 1 imposée : nos milliards ne Font pas enrichie. Aussi peut-on se demander ce qu'il serait advenu d'elle, si, au lieu d'être victorieuse, elle avail été vaincue et obligée de nous payer ces 5 milliards qu'elle a si âpremcnt exigés de nous, avec l'espoir de nous épuiser à Iniit jamais ?
Prom négatif.
I \i 11. I i\ wciKia; lii-: i;i 1 i:«»i'i-
S'il s'agissait de décrire les habitudes financières de la France et d'expliquer les règles qui président aujourd'hui ù ses opérations de crédit, il nous faudrail remonter bien haut dans l'histoire de notre pays et raconter les nombreux efforts, pour la plupart couronnés de succès, que des esprits sages, honnêtes, profondément français, ont tentés pour établir sur des bases solides les finances publiques. Il nous faudrait parler de Sully, uniarUsAnsd*de Colbert, de Turgot, du baron Louis, du comte de CrqSîT*^ **"* X'illèle, et, dans des temps plus près de nous, de MM. Fould et Magne. Quelle étude intéressante ! Quelle histoire instructive que cette longue succession d'abus supprimés, de réformes effectuées, de systèmes renversés ! Quelles réflexions utiles nous viendraient à l'esprit, en voyant au prix de quels efforts et de quel travail, la science financière et économique a pu faire quelques progrès, et comment ces progrès ont totalement changé les mœurs et les usages financiers ?
On croit rêver, lorsqu'on conslatc qu'autrefois les u«6vt.i variations dans le prix des monnaies étaient extrêmement fréquentes. Sous Philippe-le-Bel, on n'en compte pas moins de vingt-deux ; sous le roi Jean, la livre tournois changea 71 fois de valeur en moins de neuf ans, de 1351 % 1360. On croit rêver, lorsqu'on parcourt
d'autrefois.
la longue liste des taxes aus^^i iiuiiibreuses que diverses que le pays supportait avec un courage véritablement prodigieux. Sully commença l'œuvre de réforme de rimpôt et la restauration des finances françaises : Golbert porta une main hardie sur tous les abus, sur toutes les fausses mesures, sur tous les usages (}ui entravaient le développement de la prospérité du pays. Les successeurs de Golbert profitèrent des réformes déjà faites et s'inspirèrent, pour la plupart, des exemples que ce récent passé leur léguait.
inégaiiié, pri- Néanmoins, avant 1789, l'inégalité était encore coin-
vilcgc cl aibi- ' ' "
•'•ai'-e. plète en matière d'impôt. Des classes entières étaient
exemptes de contributions : la bourgeoisie, le commerçant, le peuple, travaillaient et payaient pour tous.
Le privilège et l'arbitraire étaient partout. Le pouvoir réglait à sa fantaisie revenus et dépenses. Le contrôle était nul, la volonté du maître absolue : « rai* tel est notre bon plaisir », disait la formule royale.
On voit, sans qu'il soit besoin d'insister, «inds piugrès ont été accomplis en matière de finances, d'impôts et de crédit public. Quel gouvernement oserait altérer les monnaies pour se procurer des ressources ? Quel Etat oserait prendre pour base de son système financier les errements du passé ? Aujourd'hui, dans tous les Etats civilisés, sous quelque forme de gouvernement que ce soit, les recettes et les dépenses sont votées par les représentants du pays, en pleine connaissance de cause. Hier, en un mot, c'était le désordre; aujourd'hui, c'est l'unité, l'ordre, l'honnelelé. On arrive insensiblement à établir le budget des Etats comme un particulier soucieux de sa fortune établit son propre budget, en évaluant les ressources qu'il doit employer pour faire face aux dépenses qu'il prévoit.
Il nous a fallu des siècles et une longue succession dhui. "'""' d'hommes d'Etat, doués d'un véritable génie, pour arriver à ce point de perfectionnement dans notre organisme financier, perfectionnement qui n'est certainement pas l'idéal, mais qui marque cependant un pro-
L'ordre etl'liarmonie a u j o u
WUESTIOXS ÉCOXCIMIQLES: IS72-1875 51
-: . considérable sur le passé. Que de crises politiques traversées pour en arriver là ? El de ces crises uièiiu.\s que d'hoinnies ont surgi qui devaient, plus tard, illustrer et enrichir noire pays ?
Il ny a guère plus qu'un pa>^ . i. Kn:- p où nous T^r^'^T^Vul;'. retrouvions eue»!.* aujourd'hui les eiivinrnts que nous n'vèle Tliisl* ««<• Ihianeière de la France dautref(»i> : « <'st la Tur^ui' dont Torganisalion économique et llnaucière suil nm ^i l'*nl<* transformation. 0"'**H'* n'hésite pas, puisqiMy cha(|ue jour, elle entre davantage dans le courant Utj» mœurs occidentales, à réforiiuT d'une main vigoureuse el ' des abus tlonl
lEurope ne s'expli(|ue plus r« \ •• Nous ne dou-
tons pas que ses eftorts ne sotol couronnés de succès : nous le «lésimns surtout au point «l- mh- •!•• Tintrivl L'.'-iuTal iMii'(»i)éen.
I iiK'ontestable que. phi i>lii^ 1^
dilliii lices tendent à s'elfacer il i a 1 aiilie :
cela est vrai surtout dans les niah iuimii|ues «l
Hnancièrcs, car les besoin> i - hommes sont pjirtoul les mêmes, (pielles qu • >Mit ni I -ur nationalité, leur culte, leurs habitudes.
L's mœurs llnancières tendent à s'uniHer, à se soliilariser et à faire de toutes les nations eunq>éennes, au point de vue Ihiancier bien entpnlii. uiu' seule vi même grande famille. Chaque) Jon lis, l>»n hes
Berlin, Francfort, Amsterdam, Flupiicc, Handiourg, Genslaulinople, Vienne, New- York mi'Mn»*, vi tant d'autres places, sous le nom d'arbitrages, .1» - opérations llnancicrcs se font el se iléfont le méuïe jt»ur, connue elles n'auraient jamais pu s'effectuer autrefois sur un seul de ces marchés. Tous les banquiers de ces diffcrentes villes sont en relaticms journalières : la ménnpensée les anime et on pi*ul dire (|ue leurs mœurs, leui tendances, leurs coutumes, sont les mêmes dans la pratique des affaires. Aucune nation ne doit rester en dehors de ce grand courant auquel l'Orient send)lc avoir voulu, trop Ji^ngtcmp- < l systématiquement, rester
],;, »«tU'"l't'
étranger. Les réformes que riiiiluciK'i' européenne essaie de réaliser en ce moment en Turquie, sont donc au point de vue philosophique et économique où nous nous plaçons, en dehors de toute considération d'intérêt particulier, absolument désirables et il n'est pas téméraire d'espérer que dans un avenir prochain elles seront réalisées. Ce sera la véritable um\r fnnnri^re de l'Europe.
Opérations ayant amené cette unification.
Arbitrages syndicats.
Différents arijilragcs.
Si, comme nous venons de le dire, les mœurs financières de l'Europe et du Nouveau-Monde tendent chaque jour à s'unifier et à se solidariser ; si l'unité financière de l'Europe, à part queUiues rares exceptions, peut être considérée comme un fait accompli, il faut reconnaître que ces heureux résultats ont été facilités et obtenus par Texéculion d'opérations presque inconnues il y a moins d'un quart de siècl'v \'"!- vonlo?!^ parler des arbitrages et des syndicats.
L'infiuence que les arbitrages et les syndicats ont exercée sur les marchés européens est immense. La force, l'activité, le développement qu'ils ont donnés à toutes les affaires de crédit sont considérables. Pour apprécier comment ce genre d'opérations, répété chaque jour sur une vaste échelle, a contribué aussi puissamment à faire du monde des affaires une seule et même grande famille, il nous suffira de donner quelques explications sur le mécanisme de ces opérations.
Le mot (( arbitrage » a plusieurs significations. Vous possédez un titre de rente qui vous coûte, par exemple, 1,000 francs et vous rapporte 50 francs ; vous l'échangez contre une valeur du même pays, aussi solide, aussi bien garantie, vous coûtant moins cher et donnant le même revenu. Voilà un premier exemple d'arbitrage.
A Paris, le papier sur Londres vaut 25 fr. 20 la livre sterling ; à Marseille, ce même papier est coté 25 fr. 10 ;
QUESTIONS ÉCOXOMIQL ES : 1872-1875
Lt* \«*rilabl»' arbitrage'. nè»(»cUiîim tlrn valeurs Rur Uiutfs
en Allemagne, on le négocie à fô fr. 60. Un banquier qui aurait à acheter du papier sur Londres choisira certainement, étant donn'*s les cours de ces divers marchés, la ville où le Londres coûtera le moins cher : il achètera donc à Marseille ; a-l-il, au contraire, à vendre du papier sur Londres ? il négociera ce papier sur la place où il est coté le plus liaut ; il vendra donc en Allemagne. Second exemple d'arbitrage.
Mais, les véritables arbitrages sont ceux qui cua^istent à négocier des valeurs mobilières sur toutes les places où elles sont cotées ; à les vendre ou à les radie- îr*"puk'i'"«û 1er simultanément sur chacune de ces difTérentes places **"»**»**"*''***'^et à prollter ainsi des différences de cours qui exisleni sur ces mêmes valeurs cotées le même jour sur plusieurs marchés Hnanci^^rs. Tels sont les véritables arbitrages qui, chaque jour, sont exécutés sur toutes les places de l'Kurope et du monde entier. Le 5 ?{, français, jiar exemple, se négocie à Londres, à Bruxelles, à Francfort, à Berlin, à Paris; les chemins de fer autrichiens se négocient à Paris, à Vienne, à Berlin, à Francfort, à. Hambourg ; les chemins de fer lombards se négocient en France, en Angleterre, en Allemagne ; le 5 % turc a un marché ouvert dans presque luute l'Europe. (Jue font les arbitragistes ? ils vendent, par c.5cS"ïï* HST. exemple, de la rente française à Londres, «luils rachè- ir««i»i«Mi. lent immédiatement à Paris, selon que les cours se prêtent le mieux à leurs opérations. Un arbitragiste, en même temps qu'il achète des actions de chemins lombards à Paris, envoie l'ordre de les revendre le jour même ù Berlin ; en môme temps, peut-être rachèterat-il à Francfort, pour revendre le môme jour sur une autre place. En un mol, ses achats et ses ventes sont aussi variés que peuvent être divers les cours cotés sur ces ditférents marchés. Acheteur à Paris d'une valeur vendue plus cher à Berlin, il revendra encore cette même valeur à Francfort, si les cours de Vienne lui font espérer qu'il peut la racheter à meilleur compte, sur cette dernière place.
Ce n'est pas seulement à Paris que ces opérations ont pris un développement considérable ; toutes les places étrangères font de nombreux arbitrages. Chacun cherche à profiter de la situation de tel ou tel marché pour que l'opération qu'il effectue soit traitée dans les meilleures conditions. On peut comprendre dés lors combien doit être grande la solidarité, l'union de tous les banquiers arbitragistes, comment cet échange continu d'affaires entre places étrangères, aide au développement des bonnes relations internationales. Bien mieux, le banquier arbitragiste est obligé de se rendre un compte exact des événements politiques ou llnancicrs qui peuvent exercer sur une place une inhuence ({uelconque : il faut que l'arbitragiste sache chaque jour sur quel marché il peut opérer avec le plus grand avantage et la plus gronde sécurité, car ses arbitrages devant se défaire presque immédiatement et au plus tard le lendemain, ne peuvent supporter aucun retard, aucune hésitation dans l'exécution.
Qualités que ccs affaires qui semblent n'être au premier abord,
rt^chimenl les af- ^ t^ i
faires d'arbitrage qu'un jcu, qu'uuc spéculatiou intelligente et raisonnée, reposent cependant sur une base sérieuse et, au point de vue général, ont produit d'heureux résultats. C'est à ce genre d'opérations qui demande une longue expérience, une grande rapidité de conception, et des aptitudes particulières, que de puissantes maisons de banque doivent leur fortune, leurs relations, leur crédit. Intelligemment conduites, elles sont, de toutes celles qui s'effectuent à la bourse les seules qui fassent courir de petits risques. Celui qui étudie philosophiquement la bourse, et en examine attentivement les rouages, les mœurs, les habitudes, aura sans doute remarqué plus d'une fois que ceux qui s'y ruinent sont les spéculateurs jouartt à la hausse ou à la baisse, absolument comme dans une maison de jeu ils joueraient à la rouge ou à la noire, sur un tapis vert ; l'arbitragiste, au contraire, ne s'engage jamais obstinément sur une valeur ; ce qu'il vend à Paris, il l'achète
à Londres ou sur toute autre place ; et réciproquement. S«'s risques sont donc forcément limités ; un grave rsiMiemenl imprévu peut seul déjouer ses calculs.
Los opérations d'arbitrages entre les diverses places j^^^Ji,^",^*!* ôliangères sur les fonds publics et les valeurs mobi- »" litMcs, ont également contribué beaucoup à développer ii les relations internationales au point de vue du commiM ' riniluslrie. Kn effet : en même temps qu'un
ailjii achète ou vend une valeur sur une bourse
étrangère, il faut qu'il se procure le papier de change (lui devra lui servir à payer la valeur qu'il aura achetée, ou (ju'il vende celui qui lui aura été envoyé de l'étranger en paiement de la valeur qu'il aura vendue. C'est alors que les opérations d'arbitrages sur valeurs se combinent avec les arbitrages sur papier ; et ce ^Jjj*"»** "•* papier, qu'il faut acheter ou vendre, suivant que le banquier doit payer ou recevoir, n'est rien autn» que la n'présenlalion d'opéralions ctjnclues entre des commerçants et des industriels des divers pays étrangers. Un négociant français qui aura vendu ses grains, par exemple, à un négociant anglais, fera traite sur c»^ négociant. Cette traite, il la remettra à son banquier qui lui-même s'en servira pmbablement pour payer im négociant anglais d'un achat de valeurs qu'il lui aura fait. C'est le développement d un immense engrenage : c'est une série continue d'affaires qui se font et se défont chaque jour, à chaque heure, à chaque seconde. Les arbitrages ont donc développé le crédit par les facilités de négociations qu'ils ont créées sur les places financières du monde entier : ils ont donné une extension plus active, un développement plus énergique aux relations commerciales et industrielles en facilitant également les paiements et les échanges commerciaux. C'est ainsi que les peuples et les individus ont appris à se mieux connaître, à s'apprécier, à se juger avec plus d'équité et de bienveillance ; et, à ce point de vue, ces opérations ont contribué bien plus que toutes les lois internationales, bien mieux que tous les
Conséquences codes, bieii mieux que toutes les mesures gouverne-
ilf ces opérations ' ^ *=■
au point de vue mentales, à abolir de? préjugés et des haines (luc le
des relations in- , \ ,.,,..,
ternationaies. temps même u avait pu étemdre.
syndicats (i- Lgg syndicats ont également contribué très- largement à amener l'unité financière de l'Europe.
Pour le commerce et l'industrie, îe mol syndicat a une tout autre signification que pour la Bourse et le monde financier. Pour le commerce, un syndicat représente les opérations malheureuses par lesquelles se règlent les litiges d'un négociant vis-à-vis de ses créanciers : pour
Ce sont des as- |jj Boursc, c'est uuc associatiou de riches capitalistes,
sociations de ca- ' * ^
pitaiistes. de puissants établissements financiers, intéressés dans
une même entreprise et metUmt en commun leur crédit, leurs capitaux, leur infiuence pour retirer les plus grands avantages d'une affaire qu'ils patronnent. Dire d'un négociant qu'il a un syndicat, c'est annoncer la mauvaise situation de sa maison ; dire d'un banqui(T qu'il fait partie d'un syndicat, c'est constater qu'il participe à une affaire qui peut lui donner des bénéfices. Pour l'un, c'est la ruine ; pour l'autre, c'est une opération presque toujours avantageuse.
Il y a moins de trente ans, les syndicats étaient, pour la Bourse, chose inconnue. Seules les grandes maisons •de banque avaient le monopole de la négociation des emprunts ; elles étaient alors de véritables puissances, dont le concours était indispensable à tous ceux, gouvernements ou particuliers, qui avaient besoin d'emprunter. Peu à peu, sous le nom d'établissements de crédit, se sont créées, à côté d'eux, de nouvelles forces financières, de véritables associations formées par la réunion des petits capitaux. Puis, dans ces derniers temps, on vit des banquiers et des établissements de crédit prendre une part commune dans une affaire, s'y intéresser dans d'égales proportions et la présenter au public sous leur patronage. Autrefois, un gouverne-
Les syndicats sont récents.
n,. iii .Mit.il besoin d'argent, il s'adressait aux maisons iui monopolisaient ce genre d'aiïaiies. soit à la maison Rothschild, soit à MM. Hollinguer ou LaflUle. 11 donnait la préférence au banquier qui lui offrait les meilleures onditions. Quand l'emprunt était lait, quand les fonds étaient versés, les banquiers qui s'en étaient chargés, le plaçaient sans bruit, dans leur propre clientèle. On ignorait alors l'influence des annonces et des réclames ; on ne connaissait pas ces mille combinaisons diverses en usage aujourd'hui pour faire appel au public. Ijgs iffaires que les banquiers aN-aient conclues et qu ils létrocédaient ainsi à leur clientèle étaient d'auUmt plus sérieuses qu'eux-mêmes s^ étaient intéressés, en y conflant leurs propres capitaux.
Que se passe-t-il aujourd'hui ? Les gouvernements ou ^^op;«;; les sociétés qui désirent emprunter, s'adressent directeinei l»lic. Les banquiers ne participent plus a ces
,,r, . .i: comm:» impies intermédiaiivs ; ils ae
bornent à prêter leurs guichets pour recevoir les souscriplions, moyennant commission, et les transmettre. Rarement, ils souscrivent i\ l'avance un emprunt et s'engagent i\ le paver en totalité, c'est4-dire à le prendre ferme Le plus souvent, ils s'engagent à en fmyer une partie à un prix llxé à l'avance et se réserNent le droit de demander le solde de l'emprunt au même prix. Lest ce qu'on appelle traiter à option. C'est dans ces derniers cas que les syndicats remplissent Wur offlce. On voit d'abord apparaître la maison de banque ou l'établissement de crédit i\m a négocié l'empiunt : puis, lorsque l'émission de cet empiAiiit a lieu, on apprend que les banquiers contractants ont avec eux un groupe de maisons de banque et la souscription s'effectue simultanément dans les maisons qui ont pris part à l'affaire.
On se rappelle comment procéda le Crédit mobilier pour placer l'emprunt ottoman 1873. Les souscriptions étaient reçues à Paris, au Crédit mobilier français, et 'i Londres, à la Banque ottomane. Ces deux institutions, après avoir traité avec le gouvernement turc fm-mN
OpiTation» tie»
rent un syndicat composé de plusieurs banquiers français et étrangers. Elles rétrocédèrent à ce syndicat une part de l'emprunt qu'elles avaient conclu, aux conditions mêmes de leur traité ave le gouvernement turc. En for-mant ce syndicat, les maisons contractantes de l'emprunt s'assuraient à l'avance, en cas d'échec de la souscription publique, les sommes qu'elles étaient engagées à payer au gouvernement turc ; le syndicat, de son côté, bénéficiait de la différence de prix existant entre le cours auquel l'emprunt avait été conclu et celui auquel il était offert au public.
Tout récemment, le gouverneiiiL'ul hongrois a effectué un emprunt avec la maison Rothschild. Or, celle-ci a immédiatement rétrocédé cet emprunt à un syndicat composé de diverses maisons de banque.
L'emprunt turc qui vient d'être émis à Londres par la Banque ottomane, avait, lui aussi, un syndicat composé des plus puissantes maisons llnancières de l'Europe ; actuellement encore, les emprunts des villes d'Amsterdam, Anvers, Prague, ont été traités avec un syndicat qui compte à sa tête de grands banquiers et des établissements de crédit de tous les pays.
L'existence et le fonctionnement des syndicats est assurément la plus grande preuve que l'on puisse donner de la solidarité et de l'union hnancière de l'Europe et du monde entier. Il ne se passe pas de mois, pas de jours, sans qu'il ne se traite des opérations auxquelles participent à la fois des banquiers français, anglais, turcs, hollandais, belges, italiens. Les syndicats ont été, pour ainsi dire, la conséquence inévitable des relations qui, chaque jour, s'établissaient entre les marchés et les banquiers étrangers, grâce aux opérations d'arbitrages. Dcveioppemeni II S donnent aux affaires de finance des forces immenses autrefois inconnues ; ils ont aidé, dans des proportions considérables, au développement du crédit public. -
Conséquences des opération f-; des syndicats.
du crédit public.
LES Ll.\g MlLLlAlUiS DE L'INDEMNITÉ DE C.UEIUiE ONT-ILS APPAIVIU LA FRANCE ?(!^
La France a pu lrouv«'i\ grAcc au développement progressif de la richesse publique, les 5 milliards des frais de la guerre et les 5 milliards de sa rançon. Le paiement de ces 5 milliards, (|ui n'a pas enrichi TAllemagne, a-l-il réellement appauvri mïlre pays ? Quelle a été sur notre commerce, notre industrie, nos finances, notre crédit, la répercussion de celte perte considérable ?
Il n'est certainement pas douteux, si lu paiement des 5 milliards a appauvri la France, que son commerce extérieur et intérieur aura sensiblement diminué, qu*^ les relevés des douanes constateront une notable diminution dans Kîs échanges commerciaux.
Si les 5 milliards ont appauvri la France, le taux de Targeiit sera plus élevé qu'autrefois : les capitaux disponibles seront moins considénihh'< d ni< h's rai^««*< des établissement.s de crédit
Si les 5 milliards ont appauvri lu France, les inqK'ds, aussi bien les impôts directs que les impôts indirects, seront difllcilement it?couvréi> ; notre situation financière et économique sera complètement déprimée.
Il n'en est ri«*n «'t no< advo»- m»*-^ ♦'iix-inéinfs ont drt le reconnaître.
Au cours de la discussion relative à la création d'une Xuuv»iiuaiion banque impériale allemande, nous avons pu enlendnv ^"«^ **» ^"'••"•^ en effet, l'éloge qui a été fait en plein parlement all< mand, de la situation llnanciére le la France : « I^ nation française, a dit .\l. de Kardoff, député au Reichslag, nous a fourni un «»xemple de puissance financière connue aucune nation n'en a fourni jamais (2) ». « Nous avions tous cru, s'est écrié un autre député, M. Sie-
(1) \oir suprà, {ta^a ti et 4.1. si) Séauce du Ic^.uveuibri; !h7*.
Noire situation «l'après les docuincnls officiels.
mens, que les 5 milliards payés d'Elat à Etat, avaient été payés de peuple à peuple et nous nous sommes étonnés ensuite de ne pas en avoir chacun notre part. » Pour payer ces 5 milliards ({ui -- ces aveux le prouvent un^ fois- de plus — n'ont pas enrichi l'Allemagne, nous avons dû augmenter nos impôts et accroître notre dette. Les 5 milliards sont payés, sommes-nous ruinés, ou même sommes^nous sensiblement appauvris ? Examinons et comptons.
(^oiiimerce ex-
ti-rieiir.
Depuis 1870, le commerce extérieur et intérieur de la France s'est-il ralenti ? Pour répondre à cette question, il nous suffit de donner, comme premier point de comparaison, le relevé général de nos importations et de nos exportations pendant les neuf premiers mois des exercices qui se sont succédé depuis l'année 1870.
Nous avons reçu de l'étranger et expédié à l'étranger, pendant les neuf premiers mois des oinq dernières années, pour les chiffres suivants :
miliioiiH (If frr.nfri.
Le tableau des douanes nous donne les mouvements du commerce spécial et du commerce général pour les marchandises pendant l'année entière.
Le total des importations et exportations du commerce général était de 6 milliards 953 millions en 1870 ; il était de 9 milliards 258 millions à la fin de 1872.
Le total des importations et exportations du commerce spécial est non moins important. En voici les chiffres exacts :
millions tic frnnco.
Les quantités de marchandises entreposées ont suivi la progression du mouvement commercial. Les entrées en entrepôts, qui s'élevaient à '127 millions de francs en 1870, tombaient à 195 millions en 1871, pour remonter à 'iGO millions en 1872 et dépasser 500 millions en 1873.
Le tableau des importations et des exportation- <Ui commerce français pendant les années 1870, 1871, 1872, 1873, et pendant les neuf premiers mois de ces môpes années y compris Tannée 187'i, les relevés des douanes, les relevés des marchandises entrées en entrepôts, prouvent donc clairement que l'industrie et le commerce français ont pris, en général, un nouvel essor depuis la guerrt».
Certaines ludu^tries ont particulièrement acquis un développement inattendu. On en jugera par quelques c.xcnïplc?.
L'exportation ih'> li--n- liilh'- i. .cs...iii..i^ti.i'i>.c s'élevait annuellement :
Marchandises
Quoti| iii
Ti<^tt»v
De IKiT h 18.ia k.
De 1K37 a 1H46 à.
Do 1H47 À I85d à.
De iHn7 h tnm h.
Ko lK7i à
liC mouvement dos importation uortations de
for, fonte et acier, n'est pas moins nUoressant à suivre dopuis 1870 :
larOKTATlOMS nPORTATIOKS
■ûllions de frsMCj
■lilliMM de fruits.
MéUllurgie.
ISTO !N7i
isia
7,9 il. S âo.i
L«'s exportations des produits de 1 iiuluslrie cérami- «pi tt'ls que poterie, faïence, porcelaine, glaces, miroirs, verres h lunettes, bouteilles, cristaux, se sont
Céramiqu»
Cd
FINANCES C0NT1:MP( JHAIXFs
TahloUoric.
Bimbcloterio,
Papiors ol li vros.
considérablement développr^'^. j*^ll»'5 .- 1 .. N.iiciit jï \2 millions 8, en 1809 ; elles ont atteint 67 millions 4 en 1873.
A Paris, la fabiicalion tle lii labk'lU'iie cl dr la bimbeloterie qui était de 9 millions en 1870, et de 9 millions 9. en 1871, arrivait en 1873 au chiffre de 19 millions 9.
Les exportations de papiers blancs, livres français, gravures, lithographies, ont ^'-prouvé les varialions suivantes :
ANNÉES
l'APIEIl