millions en Franco
Valeurs industrielles.
La France possède les trois quarts des actions Suez et la presque totalité des obligations : ces titres sont répartis entre un grand nombre de petits porteurs. Ces valeurs diverses forment aujourd'hui un capital de 1 milliard 485 millions, sans compter la valeur des actions Suez possédées par l'Angleterre et qui appartenaient au khédive. Sur ces 1,485 millions, on estime que 1,200 millions environ seraient la propriété de nos capitalistes.
Ajoutons enfm à cette évaluation qui se rapproche le plus près possible de la réalité, le capital représenté par les titres du Crédit foncier égyptien, actions et obligations, qui sont, aux trois quarts, dans nosi portefeuilles. Aux cours actuels, les actions et obligations 4 %, de cette société, sans parler des obligations à lots non admises aux négociations officielles de notre bourse, forment un capital de 101 millions : c'est donc encore 75 millions de titres que nous possédons de ce chef. Quant au capital, actions et obligations, engagé dans les entreprises sucrières, il représenterait, aux cours de la bourse de ces divers titres, 50 millions environ et 45 miUions au taux nominal. On estime que nos
capitalistes détiennent près de 30 millions de ces ao millions en valeurs industrielles.
Ainsi : 1 milliard 200 millions de fonds d'Etat égyptien ; — 1 milliard 200 millions de titres de Suez ; — 100 millions de titres du Crédit foncier égyptien, Sucreries de la Haute et Basse-Egypte, valeurs diverses; — Autouuîmii. au total, 2 milliards 500 millions, tel est le montant iîS'^^rtefeumes approximatif de nos intérêts financiers en Egypte. français.
On comprend, dès lors, pourquoi la question égyptienne a, chez nous, une telle importance politique et financière.
En 1882, le cabinet de Londres avait proposé à celui de Paris d'intervenir en Egypte : celui-ci refusa sous prétexte qu'il lui fallait un mandat de la conférence internationale de Gonstantinople. A cette époque, nous redoutions toute expédition au dehors par crainte de complications avec l'Allemagne. Quelques rares journaux et, à leur tête, la République française inspirée par Gambetta, déclaraient que nous devions intervenir énergiquement et d'accord avec l'Angleterre. La conférence n'avait pas donné mandat à l'Angleterre et l'Angleterre est restée en Egypte ; la France a attendu le mandat, elle n'est plus dans ce pays. Pourquoi ? Il faut relire la discussion qui eut lieu à la Chambre des députés le 1" juin 1882 et, surtout, le discours de Gambetta qui soutenait l'alliance anglaise, l'intervention commune des deux pays en Egypte.
- La Chambre eut peur de complications européennes ; Erreur coml'Angleterre bombarda Alexandrie sous les yeux de nos marins consternés ; notre escadre reçut l'ordre de quit- . ter cette ville au premier coup de canon pour se rendre à Port-Saïd.