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Les souserip. Le noiTîbre des souscripteurs aux divers emprunts
feurs de ces em- . „ . .
piunis. -effectués depuis 1868 se fixe ainsi :
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Le nombre des .«souscripteurs est loin de représenter le nombre réel des personnes qui ont pris part à la souscription. Guniine le faisaient remarquer, en 1886 iM. Carnot et en 1891 M. Rouvier, dans leurs rapports au président de la République sur les résultats de ces emprunts, un nombre considérable de petits capitMlistes ou de petits commerçants recourent, pour la gestion de leurs intérêts, à l'intermédiaire des ban(iues et des établissements de crédit et leurs souscriptions sont comprises en bloc dans celles de ces intermédiaires.
On notera qu'en 1881 le nombre total des souscripteurs a été égal à celui des souscriptions irréductibles ; pour cet emprunt, aucun droit de préférence n'avait été accordé ; le ministre des finances s'était réservé le droit de statuer sur les demandes de coupures de 15 francs de rentes. Il en a été de même pour les emprunts de 1886 et 1891..
Pour l'emprunt de 1886, la réduction proportionnelle a fait échoir à chacun des souscripteurs 4,5725 % de sa souscription. Il a été alloué 3 francs de rente à toute souscription qui; s'est trouvée réduite à moins dé 3 fr. par l'application du coefficient de 4,5725 %. Pour celui de 1891, la réduction proportionnelle a fait échoir à chacun des souscripteurs 5,875 %. Il a été alloué 3 fr. de rentes à tout souscripteur qui s'est trouvé réduit à moins de 3 francs par l'application de ce coefficient de 5,875 %.
Les cours colés sur les renies aaciennes pendant la courscotés
f pendant la sous-
souscription ont toujours été supérieurs à ceux de mpuon des em*
,, , . . prunts.
rémission.
En 1808,
valait 1 fr. Go de plus que le 3 )„ uuu
le 5 % anc. — le 3 % amort.—
anc. —
1 fr. 30 el G fr. 60
1 fr. OG et G fr. 50
1 fr. 30 et 0 fr. 65
1 fr. t>5 et G fr. 50
1 fr. 9o et 1 fr. 40
2 fr. 55 et i fr. 45 ± fr. 75 et i fr. 50
3 % — 5 % - 3 % — 3 % amor.
3 *';; nouT.
Ces chiffres prouvent qu'à toute époque l'emprunt nouveau à émettre a été présenté au public plus bas que le cours coté sur les rentes anciennes.
L'écart de cours existant pendant la souscription entre la rente ancienne, en circulation, et la rente nouvelle à émettre, n'a jamais été moindre do n "^.o on 1884 et s'est élevé jusqu'à 2 fr. 75 ert 1891.
Tous les ministres des finances ont tenu à avantager les souscripteurs en leur offrant la rente nouvelle à des prix, inférieurs à ceux cotés sur la rente ancienne.
L'emprunt de 1868 a été couvert près de 30 fois ; l'emprunt de 1870, émis après nos premiers désastres de 1870, a été couvert à peine une fois ; l'emprunt de 1871 a été couvert 2 fois 1/2 ; celui de 1872, de 3 milliards 1/2, 1? fois ; celui de 1881 a été couvert 14 fois 1/2, mais il a
II beaucoup de peine à se classer ; l'emprunt de 1884 a
té couvert 3 fois 1/4 en comprenant, comme libérées, toutes les souscriptions en rente non libérée ; l'emprunt fie 1880 a été couvert 21 fois ; celui de 1891 près de 17 fois.
Depuis 1808, quelles qu aient été les lluctuations des •ours, quels qu'aient élé les événements politiques inté-
leurs ou extérieurs qui aient précédé ou suivi ces -;rands appels à l'épargne, tous les souscripteurs à nos
Emprunts couverts plusieurs fois.
Avantages des souscripteurs.
emprunts nationaux qui ont eu confiance dans le crédit de notre pays, dans sa solvabilité, ont fait le placement le plus modeste, mais le plus tranquille et le plus fructueux.
Les souscripteurs aux deux emprunts en 3 % émis en 1868 et 1870, le premier à 69 fr. 25 et le second à 60 fr. 60 ont eu à supporter les tristes effets de la guerre et de la Commune : ils ont vu la rente 3 % tomber à 50 fr. 35 le 28 mars 1871, dix jours après la proclamation de la Commune. Or, depuis 1892, le 3 % a atteint et dépassé le pair ; il dépasse aujourd'hui 101 francs après avoir valu au plus haut 104 fr. 50 le 13 septembre 1894 et 105 fr. 25 le 10 août 1897.
Les souscripteurs aux deux emprunts en 5 %, émis en 1871 et 1872, ont vu leurs rentes converties successivement en 4 1/2 et en 3 1/2 % ; mais, malgré cette réduction d'intérêt, le 3 1/2 % vaut encore 17 et 19 francs plus cher que les cours d'émission des rentes 5 %. ■ La rente amortissable, émise en 1881 à 83 fr. 25, vaut 16 fr. 65 plus cher que son prix d'émission.
La rente" amortissable, émise en 1886 à 76 fr. 60, donne 23 francs de bénéfice à ses souscripteurs.
L'emprunt 3 % 1886, émis à 79 fr. 80, donne 21 fr. 20 de bénéfice par 3 francs de rente ; celui de 1891, émis à 92 fr. 55, donne 8 fr. 45 de bénéfice par 3 francs de rente.
çaue estïe ut^ê ^^^ prouvcut CCS faits ct CCS chiffrcs ? C'est que la (l'épargne par reutc frauçaisc, le titre d'épargne par excellence, a été le meilleur et le plus sûr de tous les placements. La raison en est bien simple : nous la développions dans un travail paru il y a déjà bien longtemps. Si nos conclusions pouvaient paraître trop optimistes, alors qu'au lendemain de la guerre, pendant la période de nos grands emprunts nationaux, nous faisions prévoir la rente au pair et la conversion de ces rentes 5 % émises
i 17 îr. 50 el 15 fr. 50 au-dessous du pair, nous pouvons constater aujourd'hui que ces prévisions ont 616 dépassées.
(( Pourquoi, écrivions-nous (1), l'Etat emprunteur offrel-il une aussi grande garantie à ses cr6anciers ? C'est que la dette de la nation, de la soci6lé française tout entière, est substituée à celle d'un monarque ou d'un règne. Quelles que soient les fautes politiques d'un gouvernement, ces garanties ne sauraient être sérieusement ('branlées ; l'opinion, le marché des fonds publics peuvent en être impressionnés, mais plus do craintes, plus linquiétudes sérieuses, l'Etat est là, immuable, Adèle à lui-même, ayant le sentiment de sa propre grandeur, de -;i prospérité ; la nation ne s'abandonne pas ; elle a inté-
t cl vivre, à faire face à ses engagements, à soutenir le gouvernemi-nt qui lient en ses mains sa destinée ; il y a futre tous une solidarité telle que la force même des I lioses veut que chacun concourt au salut de l'Etat ; or, le salut de l'Etat, c'est le salut même de ses créanciers. »
Nous n'aurions pas un mot à retrancher aujourd'hui ces appréciations émises il y a près de trente ans. Aussi vives que soient les discussions parlementaires, qu'il s'agisse de questions politiques, financières ou budgétaires, il est un point sur lequel tous les partis ont d'accord : c'est la sécurité absolue de la rente franlise ; c'est la confiance qu'elle inspire et mérite d'inspirer à tous les capitalistes, grands et petits. La rente lïançaise est l'expression du crédit de l'Etat, c'est-àdire de la nation elle-même. On peut objecter, il est vrai, que si la rente française pouvait être un bon placement alors qu'elle valait 60 francs, 80 francs, 85 fr., 90 francs, 95 francs, le placement n'est plus aussi avant.igeux alors que le 3 % est au pair et au-dessus du |)air..Nous répondrons à cette objection, sans même
1 Voir suprà, page 3, Les origina de la rente française.
insister sur rabaissement du rendement des capitaux, qu'un bon placement, de toute sécurité, sur le revenu duquel on a le droit de toujours compter, car il repose sur la solvabilité de la nation tout entière, n'est jamais trop cher.