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COMMERCE SPÉCIAL

IMPORTA- TIONS

millions de francs

EXPORTA- TIONS

mfllions de francs

Ce que disent ces chiffres.

Importations et exportations.

De 1850 à 1880, les échanges commerciaux prennent un développement inouï : les exportations tant pour le commerce général que pour le commerce spécial oni plus que triplé.

C'est depuis que les tendances protectionnistes ont fait douter du maintien des traités de commerce, que ce mouvement se ralentit. Mais, en prenant seulement les chiffres de 1860 et de 1887, que voyons-nous ?

Les exportations du commerce général ont passé de* 3 milliards 148 millions à 4 milliards 238 millions : augmentation : 1 milliard 90 millions. Celles du commerce spécial ont passé de 2 milliards 277 millions à 3 milliards 246 millions : augmentation : 969 millions.

On nous objectera que, pendant ce même laps de temps (1860 à 1887), les importations du commerce général ont passé de 2 milliards 657 millions à 4 milliards 943 millions et celles du commerce spécial de 1 milliard 897 millions à 4 milliards 26 millions.

A cela nous répondrons que toutes les importations ne sont pas nuisibles : il en est d'indispensables dont l'abondance même est un signe excellent, de même que toutes les exportations ne sont pas profitables et ne laissent pas toutes des bénéfices effectifs.

Ce qui mesure^ très approximativement, la puissance de notre production et l'intensité de la concurrence étrangère, c'est l'importance de l'importation et de l'exportation des objets fabriqués, des produits manufacturés.

Or, en 1889, la France a exporté 1 milliard 793 millions d'articles manufacturés nationaux ; elle a importé 574 millions d'articles manufacturés étrangers.

Ces simples chiffres ne démontrent-ils pas que 19. France ;a un bien plus grand intérêt à conserver ait dehors des débouchés pour les 1 milliard 793 millions d'objets fabriqués qu'elle exporte, qu'à diminuer dans une proportion quelconque le chiffre des 574 million" d'objets fabriqués qu'elle importe ?

Né doit-on pas avoir le plus grand souci d'une exportation qui est une des plus grandes forces de la France, une de ses principales ressources ? Le jour où nos exportations d'objets fabriqués seraient réduites de moitié ou d'un quart, le jour où celte production manufacturière du pays, ne trouvant plus à s'écouler à l'étranger, refluerait sur le marché intérieur, ce serait un bien autre inconvénient que celui dont on se plaint aujourd'hui.

Quand donc on demande de ne plus faire de traités de commerce, quand on combat la clause de la nation la plus favorisée, quand on s'oppose à l'abaissement do certains droits sur des matières premières qui sont fabriquées en France et ressortent de chez nous travaillées, prêtes pour la consommation, que fait-on, en réalité ? On demande que la France perde tous ses mar« chés du dehors, qu'elle soit exposée aux représailles des pays étrangers, qu'elle ne fasse plus aucune exportation.

Une telle conduite serait l'anéantissement de la fortune publique et privée ; ce serait mettre le pays tout entier dans l'impossibilité de travailler et de se procurer ce qui lui est nécessaire pour son existence.

Si la France produisait chez elle tout ce qu'elle consomme, tout ce qui lui est nécessaire, si elle n'avait besoin d'aucun peuple pour les objets indispensables à sa vie de tous les jours, on pourrait peut-être admettre le raisonnement de ceux qui disent : « Chacun pour soi; restez chez vous, nous restons chez nous. Passez-vous de nous, comme nous nous passons de vous-mêmes. »>

Mais il n'en est pas ainsi.

Pouvons-nous nous passer de laine, de houille, de coton, de chanvre, de soie, de fer, de cuivre, de plomb, d'étain, de zinc, de bois, de pétrole, de sucre, de gomme, de riz, d'indigo, de café, de graines ?

Nous sommes donc obhgés de nous adresser à l'Angleterre, à la Belgique, à l'Allemagne, à l'Italie, aux Etats-Unis, à la Suisse, à l'Espagne, à la Russie, à la

Marchés étrangers ouverts on fermés. Keprésailles étrangt*-

ros.

Ne (lovonsnous pas diimander certains produits à l'étranger?

Il faut à la fois vendre et acheter.

Turquie, à tous les pays européens et à ceux au delà de rOcéan, pour nous procurer ce que la France ne produit pas en assez grande abondance ou ne produit pas du tout ; et de même que ces pays nous vendent ce qu'ils produisent, nous leur vendons, à notre tour, ce que nous produisons ou fabriquons et qu'ils n'ont pas : des rubans de soie, des peaux préparées, des tissus de laine, de soie, de chanvre, de coton, des céréales, des vins, des œufs, de la mercerie, de la tabletterie, etc.

Prétendre qu'un pays peut exporter sans importer, vendre sans acheter ; que les chiffres d'exportation et d'importation représentent exactement la réalité du mouvement commercial et qu'il faut solder le compte annuel avec une somme d'or et d'argent précisément égale au reste de la production, est faux, absolument faux. La vérité est que les importations peuvent êtr? aussi avantageuses que les exportations : tout dépend de l'habileté des commerçants et du résultat de leurs opérations.

Sous le régime des traités, la richesse publique a augmenté.

Voyons maintenant comment les traités de commerce qui nous régissent depuis trente années ont appauvri la France. Les faits les plus incontestables répondent pour nous. Prenons, par exemple, les déclarations successorales pour la perception de l'impôt : la progression ou la diminution de la richesse publique y est prise, pour ainsi dire, sur le fait, car le capital des successions est proportionné au capital total de la nation. Eh bien, voici ce que disent les chiffres :

Successions et donations annuellement taxées.

ANNÉES

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