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- millions tte francs
De 1860 à 1888, le nombre des livrets s'accroît de 1,218,000 à 5,364,000 ; les sommes déposées s'élèvent de 377 millions à 2 milliards 493 millions, soit une augmentation de 2 milliards 116 millions, c'est-à-dire que les dépôts dans les caisses d'épargne sont cinq fois et
QUESTIONS ÉCONOMIQUES î 1886-1890
demie plus élevés qu'ifif a trente ans et que le nombre des déposants a presque quintuplé, en même t^mps que la quotité moyenne des livrets augmentait de 52 %.
Les traités de commerce ont eu une autre influence, dont il importe cependant qu'on tienne grand compte : la richesse du pays s'étant accrue, ses ressources s^étant développées, la conséquence a été l'abaissement du prix de l'argent, la baisse du taux de l'intérêt, comme le prouvent les cours de nos grandes valeurs, le taux de l'escompte, l'abondance des capitaux se contentant d'un faible revenu de 1/2 à 1 % dans les caisses publiques. La rente 3 % est aux plus hauts cours qu'elle ait jamais cotés sous aucun régime, 88 fr. 75 ; les obligations de chemins de fer sont à 425 francs en moyenne ; l'escompte est à 3 % ; le papier de banque trouve preneurs à 11/2 et 2.%.
On dira, car les protectionnistes ont réponse à tous les arguments, que ce fait n'est pas particulier à la France; que c'est une loi économique qui veut que, dans un pays 011 les ressources et les économies abondent, le taux de l'intérêt ait tendance à décroître. A cela nous répondrons qu'un pays qui se ruine n'a pas d'économies. Est-ce que la richesse publique eût pu prendre un aussi magnifique développement si notre régime économique, quelles que soient ses imperfections, car il n'y a rien de parfait en ce monde, était aussi mauvais que le prétendent les protectionnistes ?
(Comment expliquer que la France soit ruinée par les traités de commerce, quand, avec une population qui n'augmente pas et ne travaille pas plus qu'autrefois, — bien au contraire, puisque la durée de la journée est plutôt diminuée, — tous les signes manifestes de l'accroissement de la fortune publique et privée éclatent dans des documents irréfutables ?
Enfin, il faut être logique : si on ne fait plus de traités de commerce, si la protection doit régner en souveraine maîtresse, si vous empêchez par des tarifs exorbitants d'entrer en France toutes les marchandises
Prix de ' Targcnt.' Coars des rentes.
Arguments protectionnistes.
Ils sont sans valeur.
Ouvriers étrangers. Valeurs étrangères. Les proscrira-t-on ?
Une opinion de Turgot.
Traités nécessaires.
dont nous avons besoin, proscrirez-vous aussi les entreprises financières et commerciales et les emprunts étrangers ? Oublierez-vous que la France a près de 20 milliards placés en fonds étrangers qui lui rapportent, bon an mal an, plus d'un milliard? Défendrez-vous. l'emploi des ouvriers étrangers, l'entrée des machines étrangères ? Car il est nécessaire que l'on n'adopte pas de demi-mesures : il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée. Et, à un autre point de vue, à quoi bon des colonies, à quoi bon l'expansion coloniale, à quoi bon des ports de commerce entretenus à grands frais, à quoi bon des subventions à la marine marchande, si nous devons nous isoler comme derrière une muraille de Chine?
Turgot disait, il y a plus d'un siècle, qu'il n'était pas un seul marchand qui ne voulût être seul vendeur de sa propre denrée. Rien n'est plus vrai : il est si doux, si facile de se préserver ainsi de la concurrence! Mais c'est sur les grands faits généraux et non pas seulement sur les faits particuliers que l'attention du législateur et du gouvernement doit se porter.
Il faut se hâter de sortir de la situation où nous sommes et ne pas hésiter à conclure des traités de commerce avec les nations étrangères ; ne pas craindre d'insérer la clause de la nation la plus favorisée pour sauvegarder nos exportations contre des tarifs différentiels que d'autres pays pourraient établir. Sans traités de commerce, la France peut être exposée à une crise économique des plus graves ; elle perdrait un à un tous ses débouchés, et nous exportons près de 1 milliard 800 millions d'objets manufacturés contre une importation de moins de 600 millions. Voilà les chiffres et les faits que les pouvoirs publics doivent avoir sans cesse présents à l'esprit.
QUESTIONS ÉCOxNOMIQUES ET FINANCIÈRES