DERNIER
COURS
connu
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Ces valeurs représentent un total de 3,362,410 titres divers, valant au cours nominal 127 millions, au premier cours coté en banque 408 millions et, aux cours actuels, 382 millions.
ou les introductions ?
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Pendant l'année 1900, les valeurs introduites sur le marché en banque représentaient un total général de 3,024,322 titres divers valant au cours nominal 238 millions, au premier cours coté en banque 393 millions et, aux cours de décembre 1900, 335 millions.
Nous avons donc à constater, pour 1901, un accroissement de 111 millions comme valeur nominale des titres introduits ; de 15 millions, comme valeur au premier cours colé ; de 47 millions comme valeur aux cours actuels.
De même que l'an dernier, la question a été agitée, de Doit-on prérésavoir si les procédés d'émission par voie de souscrip- [fon^^pXSS tion publique étaient préférables à ceux par voie d'introduction sur le marché, ou si, au contraire, ces derniers devraient avoir la préférence. Cette question a été récemment discutée à la Société d'économie politique. Nous pouvons répéter ici ce que nous avons dit dans cette discussion. Si les procédés d'émission diffèrent de même que la nature des titres, les coupures, les modes de négociation, si dans tous les pays, sur tous ces points, on trouve la plus grande diversité, c'est que l'emprunteur, que ce soit un Etat ou une société, est obligé de tenir compte des goûts du prêteur, de ses habitudes, de ce qui lui plaît ou déplaît, de l'état du marché, des facilités de négociation des titres émis.
L'intérêt de l'emprunteur est d'obtenir le plus rapidement possible et aux meilleures conditions les capitaux qu'il demande.
L'intérêt du prêteur est d'obtenir en échange de ses capitaux, un titre d'une négociation courante, ayant un marché facile et sur lequel il puisse espérer obtenir des avantages, soit comme plus-value du capital, soit comme revenu.
Des Etats ou des sociétés ont-ils un besoin immédiat de la totalité des capitaux qu'ils empruntent : ils ont
recours à une souscription publique. Les* capitaux ne leur sont-ils, au contraire, nécessaires qu'à mesure de leurs besoins, ils vendent les titres à la Bourse, dans leur clientèle, au jour le jour, par voie d'introduction sur le marché.
On peut dire que, dans une souscription publique, la concurrence s'exerce sur le nombre de titres offerts ; dans une introduction, la concurrence s'exerce sur le prix.
Dans les souscriptions, on ne peut souvent obtenir le nombre des titres que l'on veut, si l'opération réussit.
Dans l'introduction, on peut obtenir le nombre de titres que l'on désire, mais en payant d'autant plus cher que ces titres sont plus demandés.
Dans une souscription plusieurs fois couverte, le souscripteur qui n'obtient qu'un petit nombre de titres est mécontent s'il voit le titre hausser ; dans une introduction, l'acheteur qui a obtenu le nombre de titres qu'il a demandé est mécontent si, ensuite, il le voit baisser.
On ne peut donc affirmer a priori, que tel ou tel procédé soit plus ou moins favorable au porteur de titres.
Ce n'est pas parce qu'il y aura eu souscription ou introduction que telle ou telle valeur est ou sera bonne ou mauvaise.
Réglementation On a essavé de réglementer les souscrintions et les
des bourses. ■,■,■,,"■ ^ ,
. Mesures inu- modcs d émissiou a Ictranger : aucune de ces réglementatioins n'a réussi ; elles n'ont pu faire qu"une société mauvaise devînt bonne, ou rendre mauvaise une entreprise sérieuse. S'il y a des fraudes commises dans les modes divers employés pour obtenir les capitaux du public, les lois existantes sont suffisantes pour les réprimer. Ce que l'on doit désirer, quel que soit le mode d'émission employé, souscription publique, mise en vente et introduction sur le marché au cours de la Bourse, quelle que soit la nature des titres émis, c'est que le public sache ce qu'il fait quand il souscrit ou Nécessité d'un achète telle ou telle valeur. On a établi un répertoire
cretésl^''^'^'^^'*' fiscal pour les opérations de bourse : il eût été autre-
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ment utile d'établir un répertoire des sociétés, des souscriptions et appels au crédit, répertoire dans lequel le public pourrait trouver et consulter gratuitement les bilans, les rapports des conseils d'administration, 'es prospectus d'émission, tous les renseignements concernant les affaires en cours, les titres cotés, etc., etc. Il n^^'5^fiîfa„*î.'i^ est non moins nécessaire d'avoir un grand marché libre, l'^re débarrassé de toutes entraves, et cette liberté ne veut pas de licence, car la liberté des affaires et des transactions produira toujours un plus grand bien qu'une réglementation que les habiles et les gens de mauvaise foi sauront toujours éviter.
Dans le cours de cette année, les questions agricoles €t viticoles ont occupé l'attention concurremment avec les questions financières et fiscales. La question des blés dcs^bies.^'*'"" a été plus que jamais à l'ordre du jour. L'élévation des droits de douane n'a pas produit les effets qu'on en attendait et n'a pu ni relever, ni même maintenir le niveau des prix. En 1885, un droit particulier de 3 fr. par quintal était voté ; ce droit a été porté à- 5 francs en 1887, puis à 7 francs en 1894. Or, voici quelle est la moyenne quinquennale des prix de l'hectolitre de froment en France :
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On a cru pouvoir remédier à cet état de choses en proposant d'établir des bons d'importation, c'est-à-dire d'accorder aux blés et farines une prime de 7 francs. C'eût été créer en quelque sorte une disette factice en France jusqu'au moment oîi les cours dépasseraient de 7 francs au
La question vinicole.
L'impôt sur le revenu.
moins les cours de Londres, d'Anvers, de Bruxelles, etc. A ce moment, la prime d'exportation ne jouerait plus. On voulait appliquer à ces blés la législation qui a profité à l'industrie sucrière-au profit de quelques-uns, mais au détriment de la masse des consommateurs et du budget. Ces propositions ont été repoussées après de brillants discours de M. Couteaux et de M. Caillaux. Le discours si typique du ministre des finances, de même que celui qu'il a récemment prononcé dans la discussion générale du budget, a eu les honneurs de l'affichage.
Le développement de la production viticole, la mévente des vins, la concurrence que leur font le cidre, la bière, ont donné lieu à de nombreux discours au parlement et à de non moins nombreuses discussions dans la presse : on a tout naturellement réclamé l'intervention de l'Etat. La réforme du régime des boissons, réclamée par tous les partis depuis plus de vingt années, a été appliquée ; elle a contribué à développer la consommation ; les neuf premiers mois de 1901 comparés à ceux de 1900 constatent, dans la consommation une augmentation de 5,315,302 hectolitres ; les prix de détail se sont abaissés, mais le Trésor et les budgets communaux, notamment celui de la ville de Paris, souffrent de la diminution de ressources qui résulte de cette réforme; il est vrai, comme l'a démontré M. Caillaux à la Chambre, que ce sont les consommateurs qui en profitent. On a établi des taxes dites de « remplacement », qui ont soulevé et soulèvent de vives réclamations : à des inégalités fiscales existant depuis longtemps, ce qui les rendait plus supportables, on a substitué d'autres inégalités qui font crier d'autant plus que les taxes qui les créent sont nouvelles. Il en sera toujours de même : les impôts les moins mauvais, nous ne voulons pas dire les meilleurs, sont ceux auxquels on est habitué.
On peut juger par là ce que serait la réforme de nos « quatre vieilles contributions directes » et de tous les systèmes d'impôts généraux sur le revenu, progressifs ou dégressifs. Il a été question aussi de l'impôt général
sur le revenu. La Chambre a pu lire le rapport de M. Merlou : c'est un travail consciencieux qui prouve combien son auteur reste fidèle à d'anciennes convictions; mais heureusement, Theure n'est pas venue d'appliquer de tels systèmes qui porteraient un coup funeste à nos finances et, quoi qu'en disent nos réformateurs, auraient, au point de vue politique, de grosses conséquences.
Il en est de même, au point de vue intérieur? de la , if séparation
' *^ 'de lEghse et de
séparation de l'Eglise et de l'Etat, de la suppression du i Eut. Le budget budget des cultes, propositions que la commission du budget avait votées, mais que la Chambre, bien inspirée, vient de repousser à la suite de l'intervention du président du conseil des ministres, M. Waldeck-Rousseau. La loi sur les successions, les questions de chemins de . ^«' affaires de
' ^ transport en corn-
fer, la réglementation du travail des agents, les propo- mun. sitions de rachat par l'Etat, la situation des nombreuses entreprises de tramways, les mécomptes que ces sociétés éprouvent et les pertes qui en résultent pour le pubhc, le gaz, les omnibus, les sociétés de traction : autant de questions qui ont été discutées pendant cette cuinée et sont bien loin d'avoir reçu une solution.
Nous noterons enfin la large place qu'a prise dans les préoccupations du public l'épidémie de grèves, véritable influenza économique, qui a sévi en France et à l'étranger : grève des tullistes de Calais, des couturières et ouvriers tailleurs parisiens, des mineurs de Monceau, des ouvriers des ports de Marseille, etc. Nous rappellerons aussi les nombreuses discussions auxquelles ont donné lieu les questions de prévoyance sociale, le projet des retraites ouvrières, etc. Combien ' M. Léon Say avait raison quand il disait que si les budgets dune démocratie doivent être des budgets économes, ils ne sont pas nécessairement des budgets économiques! Le rôle de l'Etat est compris d'une manière i^rtiedeiEtat. plus étendue que ne font généralement les gouvernements monarchiques et l'orientation est nettement déterminée dans le sens d'une extension des services publics.
Son intervention abusive.
La réforme de l'enseignement secondaire.
Mort de la reine Victoria,de l'impératrice Frédéric, de Crispi, du président Mac-Kinley.
Relations extérieures : le tsar à Conipiègne, le duc de Gènes à Toulon.
On veut que l'Etat fasse tout, subvienne à tout et i tous. Et l'exemple que donne l'Etat, les municipalités s'empressent de le suivre à leur tour.
Les difficultés financières et budgétaires qui s'accroissent chaque année montrent que l'Etat et les villes ont / dépassé la limite et que les particuliers qui, à chaque instant, réclament l'intervention de l'Etat, oublient que ^ « cette grande fiction », suivant l'expression de Bastiat, ne vit et ne se soutient qu'à l'aide des contributions qu'elle lève sur la société sous diverses formes, qu'il n'a aucune ressource qui lui soit propre et que ce qu'il donne à l'un il le reçoit de l'autre, c'est-à-dire qu'il le prélève ou le prend sur le fruit du travail et des économies d'autrui. L'Etat ne fera certainement jamais ni plus, ni mieux que Tinitiative individuelle.
La réforme de l'enseignement classique et moderne qui a donné matière à un remarquable rapport de M. Ribot est à l'ordre du jour de la Chambre : il est à désirer qu'elle l'examine et le discute, au lieu de perdre son temps en questions et interpellations trop souvent oiseuses et inutiles.
Rappelons encore, parmi les nombreux faits de l'année 1901, la mort de la reine Victoria; l'allocution émue de M. Waldeck-Rousseau à la Chambre et de M. Delcassé, au Sénat, à propos de ce triste événement ; la mort de l'impératrice douairière d'Allemagne; de Crispi;' le mariage de la reine Wilhelmine, des Pays-Bas; l'attentat contre l'empereur Guillaume ; l'assassinat du ministre de l'instruction publique, en Russie, et du président Mac-Kinley, aux Etat.ç-Unis ; ce qui prouve que les épouvantables théories anarchistes font encore de criminels adeptes.
Nous rappellerons enfin le voyage ae M. Delcassé à Saint-Pétersbourg, précédant la visite du tsar à Compiègne ; puis l'arrivée à Toulon d'une escadre italienne sous les ordres du duc de Gênes, venant saluer le président de la République ; la réception des ambassadeurs du MaroCj^ etc.
4jtianl aux questions monétaires et fiduciaires, nou- Questions monétaire «t H.iaaunons encore a rappeler la baisse continue qui se<*.. Maires
produite sur le métal argent, sur les divers métaux, cui- ** '*«°«'' A're, étain, plomb, zinc, sur les combustibles et, comme conséquence, sur tous les titres des sociétés de charbonnages et de celles qui exploitent les métaux : la dépréciation des prix est générale.
Le cuivre valait 190 francs fin décembre 1900, il vaut aujourd'hui 135 francs ; l'argent a baissé de 108 fr. 90 le kilo, à 92 fr. 50; Tétain, de 348 à 297 francs; le plomb, de 48 fr. 50 à 30 francs ; le zinc, de 50 à 45 francs.
Le change s'est amélioré en Italie, en Portugal, au Brésil. Il s'est aggravé en Espagne au cours de 1901, mais il paraît devoir devenir meilleur. Cette question du change espagnol a été une des graves préoccupations de cette année.
La situation monétaire et fiduciaire de la France contraste avec les embarras des autres pays. La Banque de France possède l'encaisse-or la plus considérable du monde et c'est elle qui, pendant toute l'année, malgré les embarras financiers de l'Europe et les spéculations insensées qui s'exerçaient aux Etats-Unis, a pu maintenir le taux de l'escompte à 3 %, alors qu'il s'est élevé jusqu'à 5 % à Londres et à Berlin et qu'il est maintenant à 4 % sur ces deux places, à 5 % à Rome et à Saint-Pétersbourg, à 4 % à Berne.
L'année 1901 na été dans le monde entier, ni calme, ni inquiète, ni pacifique, ni belliqueuse. C'est une année de crise pour plusieurs pays. C'est, pour le nôtre, une année de fléchissement et de liquidation de beaucoup de titres industriels, c'est en même temps une année de hausse et de reprise sur les titres à revenu fixe, année pendant laquelle la France a continué, comme par le passé, à travailler et à économiser. Dans le cours de
Résoraé et oonclusion.
1901, elle a placé, en litres mobiliers, plus de 1,700 millions de francs, maigre les déboires et les pertes que l'épargne et la spéculation ont subis (1).
Année disparate, pendant laquelle les questions économiques et financières ont présenté les plus singuliers contrastes et ont été des plus vivement discutées. Aux Etats-Unis les idées protectionnistes sont très combatr tues : dans la Grande-Bretagne, les principes du libreéchange sont battus en brèche. Les principes financiers, les régies budgétaires et fiscales, soit po'ur l'établissement des budgets, soit en matière de taxes, ont reçu, cette année, dans ce pays de terribles accrobs. Le gouvernement anglais a émis les emprunts les plus divers, rentes consolidées, bons du trésor à échéances variées. Pour finir l'année, en attendant le grand emprunt prévu pour le printemps de 1902, il mettra en adjudication, le 31 décembre, 1 million 1/2 de livres sterling de bons du trésor à 12 mois ; il a touché à l'income-tax ; il a augmenté les droits sur le thé, etc.
Les questions douanières, en Allemagne, en Russie, dans l'Europe entière, sont devenues de plus en plus aiguës. Partout enfin, les questions sociales et ouvrières se sont multipliées et ont suscité, avec les grèves, de sérieuses inquiétudes.
Si l'année 1901 n'a pas été chez nous, comme dans d'autres pays, une année de crise économique, financière et politique, elle doit être considérée néanmoins comme une année d'avertissements. La France a besoin de vivre et de travailler ; il est nécessaire que l'obsession fiscale, qui a été, depuis grand nombre d'années, la manie délirante de nos législateurs comme elle devient celle de nos conseillers généraux et municipaux, fasse place à la paix fiscale ; il est nécessaire de s'arrêter dans la voie des dépenses. Tooite dépense inutile, si faible qu'elle soit, est un prélèvement arbitraire, injuste, effec-
(1) Voir notre étude La France se ruine-t-sUe ? Des faits et des chif' fres. In-S% 1901.
1901. — FLECHISSEMENT ET LIQUIDATION &15
tiic ^u^ le contribuable. L'utilité d'une dépense n'est pas une justification : il faut y ajouter la nécessité. Le parlement ne devrait pas oublier qu'il est impossible de faire tout ce qui serait utile parce que nous ne pouvons tlépenser et toujours dépenser. Il faut en un mot, à notre pays, du calme et de la paix, pour qu'il continue, non' seulement à supporter le poids de ses lourdes charges, mais qu'il puisse les diminuer, en augmentant ses richesses et ses épargnes.