‹ Fior d'AlizaChapitre 174 sur 197 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

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Mais, hélas I i*ombre du cloître n*en descendait que plus vite sur la cour, et les étoiles ne s'en levaient pas moins dans le coin du ciel qu'on apercevait du fond du cachot ; il fallait nous séparer, coûte que coûte, de peur que ma veille dans la cour ne parût trop longue au bargello ; sa femme et lui étaient bien contents de mon service ; ils ne cessaient pas, les braves gens, de se féliciter de ma fidélité, de mon assiduité à mon devoir , et des soins que je prenais des prisonniers, des chiens et des colombes. Quel crime c'eût été de les livrer à la ruine et à la prison, en récompense de leur confiance ? Ce n'était pas là ce que ma tante m'avait appris en me faisant répéter mon catéchisme.

Au bout d'une demi-semaine, d'une attente si douce et cependant si inquiète, le frère Hilario revint de son couvent : il raconta à Hyeronimo que l'évêque et le prieur n'avaient pas balancé à lui accorder le consentement, l'autorisation, les dispenses ecclésiastiques, motivées sur le

salut du meurtrier repentafikt à qui le pardon et la résignation ne coûteraient rien sMl mourait avec le droit et la certitude de retrouver , dans le paradis des repentants , réternelle union avec celle qu'il aimait, union dans le temps, symbole de T union de Téternité bienheureuse.

— Je sais, lui avait dit Tévêque, que cette superstition pieuse est dans le pays de Lucques une opinion populaire que rien ne peut extirper dans les campagnes ; mais c'est la superstition de la vertu et de Famour conjugal, utile aux niœurs ; il n'y a aucun mal à y condescendre pour la fidélité des époux et surtout pour le salut des condamnés.

Le supérieur de San Stefano avait dit de même. Quant à la mère d'Hyeronimo et à mon père, comment auraientils hésité à donner un consentement à une union sainte de tout ce qu'ils aimaient sur la terre, surtout quand ils espé* raient que cette union serait peut-être le gage de la gr&ce accordée à Hyeronimo et tout au moins de mon retour auprès d'eux, si l'iniquité des hommes le retenait en captivité après sa commutation de peine.

Muni de toutes ces autorisations, le père Hilario avait amené avec lui, à la ville, le père aveugle avec le chien qui le conduisait, et ma tante qui les précédait de quelques pas, pour éclairer de la voix les mauvais pas de la descente à son beau -frère.

Le père Hilario les avait conduits tous les deux, conmie des mendiants sans asile qu'il avait rencontrés sur les chemins ; il avait obtenu pour eux un coin obscur sous le

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