‹ Fioretti, petites fleurs de S. François d'Assise [microforme]Chapitre 22 sur 75 · CLACEANEIOR TE LINE LATIN · texte numérisé non relu

CLACEANEIOR TE LINE LATIN

Chapitre ativ. — Comment saint François convertit à la foi le Soudan de Babylone.

TIMBRASÉ du zèle de la foi du Christ et pressé

du désir de verser son Sang pour lui, saint Fran.

Sois résolut de traverser la mer avec douze de

ses saints Compagnons, et d'aller trouver le Soudan de Ba. bylone (1). Arrivé dans le pays habité par les Sarrazins, les

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1. On le nommait à cause de sa ville capitale, appelée Babylone d'Egypte, ne, pour la distinguer de Babylone d'Asie, bâtie par Ne -vis de Memphis, près du Nil ; et, de ses ruines, s’est + — Jacques de Vitry dit: Mortuus

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frères en trouvèrent les frontières gardées par des hommes si cruels, qu’un chrétien ne pouvait y passer sans y laisser la vie. Ils échappèrent cependant à la mort par une protection divine ; mais ils furent pris, frappés, garrottés, traînés devant le Soudan. Lorsqu'ils furent en sa présence,

saint François inspiré par l'Esprit-Saint, se mit à prêcher si divinement la foi du Ctrist, que dans l’ardeur de son zèle il était prêt à se précipiter dans les flammes pour lui rendre témoignage. Cette constance dans la foi, le mépris

est Soldanus Ichonii qui creditur baptisatus fuisse. Wadding a cru apparemment, lorsqu'il s’est appuyé sur ce texte pour prouver la conversion du Soudan, qu'il était mort à Iconium, quoique cette ville, qui est en Asie-Mineure, en soit fort éloignée. Il n’a pas su qu’il y avait un Soudan à Iconium. Or convient généralement qu’il s’est trompé ici ; mais ce} n’affaiblit pas les témoignages certains qui nous restent, et en particulir, ‘eux dejHugolin. Voy. P. Chalippe, liv. III.

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généreux qu'il témoignait pour le monde, le refus qu'il faisait, malgré sa pauvreté, des présents qui lui étaient Offerts, toutes ces dispositions frappèrent le Soudan et lui inspirèrent une grande estime pour le saint missionnaire Ë il lui demanda de revenir souvent le visiter, lui permettant, à luiet à ses Compagnons, de prêcher partout où il leur Plairait : enfin, il lui donna un mot d'ordre pour le mettre à l'abri de tout Mauvais traitement de la Part de ses sujets,

Cependant saint Fi rançois, voyant que la Prédication ne portait plus atcun fruit dans ces contrées, se disposa, Par une inspiration divine, à retourner parmi les fidèles avec ses compagnons, Les ayant donc rassemblés, il alla Prendre congé du Soudan, Celui-ci, avant de le Quitter, lui dit : « Frère François, ce serait volontiers que je me Convertirais à la foi du Christ, mais je crains de le faire à Présent : car, si mes sujets venaie-. À le savoir, ils nous mettraient à mort, Vous, vos compagnons et moi-même. Vous pouvez rendre encore de grands services, et j'ai à terminer, de mon côté, plusieurs affaires très importantes ; je ne veux donc compromettre ni votre existence, ni la mienne, Mais veuillez m'enseigner les moyens que je dois employer pour assurer mon salut ; je suis tout disposé à suivre vos conseils» — « Seigneur, répondit le Saint, je vais vous quitter ; mais quand je serai de retour dans ma patrie, quand, par la grâce de Dieu, j'aurai établi ma demeure dans les cieux, je vous enverrai deux de mes frères qui vous donneront le baptême, et vous serez sauvé, Voilà quels sont les desseins de Dieu sur vous, et voilà ce qu'il m'a révélé, Mais, d'ici là, hâtez-vous de vous dégager de toute sollicitude, afin qu’au jour où la grâce descendra sur vous, elle. vous trouve entièrement disposé à recevoir la

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foi.» Le Soudan promit de se conformer à ces avis, et il les suivit en effet. Après cette entrevue, saint François et ses vénérables compagnons quittèrent le pays des infidèles, et, quelques années après, le Saint rendit son âme à Dieu.

Cependant le Soudan, devenu infirme, attendait l'accomplissement de la. promesse qui lui avait été faite. Des gardes, qu’il avait fait placer en plusieurs endroits de ses frontières, avaient ordre, dès qu'ils verraient deux frères portant l’habit de saint François, de les lui conduire immédiatement. Son attente ne fut pas trompée ; vers ce temps-là, le Saint apparut à deux de ses frères et leur ordonna d'aller, sans tarder, trouver le Soudan, et de lui ! procurer la grâce du salut, suivant la promesse qu'il lui en avait faite. Ces deux frères obéirent sur-le-champ, traver- !sèrent la mer et furent conduits par les gardes au Soudan, qui, en les voyant, s'écria, rempli de joie : « Je lereconnais maintenant, oui, c'est Dieu lui-même qui m'envoie ses serviteurs pour me sauver ; et c'était vraiment d’après une inspiration divine, que saint François m'en avait fait la. promesse. » Aussitôt, il fut instruit des vérités de la foi, reçut le baptême, que lui conférèrent les frères ; et, ainsi

régénéré en Jésus-Christ, il mourut de la maladie dont il | était atteint, et son âme fut sauvée par les mérites et par ! les prières de saint François.

+ —— Comment saint François guérit un lédu corps ; parole que l'Âme de ce lépreux adressa en montant au Ciel.

QE véritable serviteur de Jésus-Christ, saint F ran. çois, tant qu'il vécut dans cette misérable vie, s’appliqua de tous ses efforts à imiter le Christ,

son parfait modèle, et il arriva souvent que, pour l'en récompenser, au moment où il Suérissait les Corps des malades, Dieu rendait aussi la santé à leurs âmes, donnant ainsi à son serviteur un nouveau trait de ressemblance avec Jésus. Saint François ne se contentait pas de se mettre lui-même au service des lépreux (1); il avait établi que les religieux de son Ordre devaient aussi, partout et

toujours, s'appliquer au soin de ces malheureux pour

poses me

se rappeler que Jésus lui-mêi lépreux, qu’il avait choisi le avait souvent pris lui:même En outre, c'etait Par suite des la lèpre s'était le

tère sacré.

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l'amour du Christ qui voulut bien être regardé comme un lépreux afin de nous sauver,

Des frères se trouvant donc au service des malades dans un hôpital voisin du couvent où restait alors le Saint, ils y rencontrèrent un lépreux si impatient, si intraitable et si méchant, que chacun le croyait, ce qui était vrai d’ailleurs, possédé du démon. On l’entendait proférer les paroles les plus grossières, il frappait ceux qui le servaient, et il allait même jusqu'à blasphémer le Christ béni et sa très sainte Mère, la vierge Marie ; enfin, c'était au point que l’on ne trouvait plus personne qui pôt ou qui voulût le soigner. Les frères savaient bien supporter avec patience les injures et les insultes qui leur étaient adressées, ils étaient même heureux de trouver là un moyen d'accroître leur mérite ; mais ils ne pouvaient s’accoutumer aux blasphèmes qu'ils entendaient vomir contre le Christ et sa sainte Mère. Ils finirent donc par se déterminer à renoncer au service du lépreux, si saint François y consentait ; et, comae il se trouvait alors tout près de l'hôpital, ils lui firent aussitôt connaître le parti qu'ils désiraient prendre. A la nouvelle qu’il en reçut, le Saint vint lui-même trouver le malade ; il l’aborde, en le saluant par ces paroles : « Jieu vous donne la paix, mon très cher frère, » — « Eh! quelle paix peut-il me donner, répondit le lépreux, maintenant qu'il m’a privé de tout calme et de tout bien, maintenant qu'il a fait de mon corps un cadavre fétide et pourri ? » — Ne désespérez pas, mon fils, reprit saint François ; si Dieu nous envoie ici-bas les infirmités corporelles, c’est pour le salut de nos âmes. Oui, soyez-en sûr, ces tribulations sont pour nous la source de grands biens, si nous savons les supporter avec résignation. » — « Comment donc me parler de résignation,

de saint francois d'Assise 83 répliqua le malade, quand jour et nuit je suis tourmenté par la douleur? Et Puis, mon infirmité n’est pas la seule chose qui me fasse souffrir ; les frères que vous m'avez donnés pour me soigner ne me servent pas comme ils le devraient.» Le Saint connut alors, par révélation, que ce lépreux était possédé du malin esprit; il se ret: -a et se mit en Prière, implorant la miséricorde de Dieu sur cet infortuné. Sa prière terminée, il retourne vers lui et lui dit : « Mon fils, puisque vous n'êtes Pas content de nos frères, je veux désormais vous soigner moi-même, » — « Volontiers, répondit le malade, mais que pourrez-vous faire de plus que les

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