‹ Fioretti, petites fleurs de S. François d'Assise [microforme]Chapitre 46 sur 75 · SR · texte numérisé non relu

SR

tant de simplicité et de ferveur ; et voici comment il les

exauça.

Un homme jetant les yeux vers l'église où se trouvaient les deux frères, se dit en lui-même, par une inspiration divine : « Si quelque pieuse personne s'était retirée dans cette église pour y faire pénitence, maintenant que la neige lui en fermerait toutes les issues, elle y mourrait de faim, les provisions venant à lui manquer.» Alors pressé par l'Esprit-Saint, il se dit encore : « Eh bien! je veux aller voir moi-même ce qui en est.» Et aussitôt il prend une provision de pain et de vin et se met en route. Ce ne fut pas sans de grandes difficultés qu'il arriva jusqu'à l'église; mais enfin il y parvint et trouva Frère Egide et son conpagnon dans une fervente prière. La faim les avait tellement épuisés qu'ils ressemblaient plutôt à des morts qu’à des vivants. Le charitable visiteur fut vivement touché de les voir en cet état ; il leur fit prendre ce qu'il leur avait apporté, et lorsqu'ils furent un peu ranimés et fortifiés, il les quitta pour aller raconter à ses voisins l'extrême nécessité où il les avait trouvés réduits, et les engager, pour l'amour de Dieu, à venir à leur secours. Ses exhortations ne furent pas inutiles ; plusieurs s'empressèrent, à son exemple, de porter à ‘’église Saint-Laurent tout ce qui était nécesssaire à la subsistance des saints ermites ; et pendant tout le Carême, ils s'ente: rent entre eux pour que rien ne leur manquât. Pie. de reconnaissance pour la miséricorde divine et la charité de ses bienfaiteurs, Frère Egide dit à son compagnon: « Mon cher frère, nous avons prié Dieu de nous venir en aide dans nos nécessités, et nous avons été exaucés ; rendons-lui maintenant gloire et remerciment,

du bienbeureux frere Egide 281

et prions pour les charitables personnes qui nous soutiennent de leurs aumônes et pour tout le peuple chrétien. »

Dans la ferveu: et la dévotion dont il était animé, Frère Egide reçut du ciel une grande abondance de grâces. Plusieurs voulaient, à son exemple, renoncer à ce monde aveugle ; et s'ils ne pouvaient entrer en religion, ils s’effor- Gaient au moins de suivre, dans l'état séculier, les rudes sentiers de la pénitence.

Page 1