PREFACE
C'est un privilège qu'on ne saurait apprécier trop hautement que d'être appelé à e'crire l'hutoire de l'art de son pays, d'évoquer les figures des hommes qui, à travers les siècles, ont transformé les formes rudes et abruptes en lignes élégantes et harmonieuses, qui ont créé les groupes animés de beauté et de bonté. Cette tâche devient plus attachante quand sur ce terrain d'étendue limitée les générations d'artistes se succèdent compactes et brillantes, comme ce fut le cas en Flandre,
De bonne heure l'attention du monde fut appelée sur cette fertilité de notre terre, et des hommes du métier prirent sur eux d'annoter ce que l'on savait de la vie de nos peintres. Ils se trouvaient admirablement secondés dans ce travail par les registres que les corporations de Saint- Luc tenaient de leurs compagnons et maîtres, et qui de nos jours encore apportent les documents les plus précieux aux historiens de l'art. Dans le courant du Xix' siècle, l'émulation s'est augmentée : on a fouillé les archives des villes et des Etats, les chroniques, les littératures pour y puiser les moindres détails apportant quelque lumière sur ces époques reculées. La facilité des communications a multiplié les moyens d'information ; ce ne sont plus simplement les documents écrits ou imprimés que l'on consulte, on voulut voir et examiner les œuvres délaissées par les générations, on étudia les œuvres de peinture, de sculpture, d'architecture ; on compara les produits conservés dans notre pays avec ceux que possèdent les autres contrées : et on put se faire ainsi une idée raisonnée et complète de ce que chaque groupe de peuples apporta à l'ensemble de la
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crcatiun artistique de 1 liurnanitr. ri «Ir' i^w-r le bilan de ce que char|ur école emprunta aux autre*.
Nous savons combien a etc grande la part que la Ilandre a apportée à ce domaine universel ; combien glorieuse» le» exulence» qui parfois dans une même efKXjue. parfois à de* distara e» plus ou moins e'Ioignccs. s'c'Ievercnt au-dessus ^r la mauc de» mdividualites moins célèbres ; nous avons fait ressortir avec soin le» plu» illustres.
En accomplissant cette tâche selon la méthode habituelle, noui nous sommes permis une seule innovation : nous avons traite avec une étendue beaucoup plus considérable que d'habitude une branche généralement fort négligée : I art de la miniature. Cette prccieu»c et délicate expression de la forme artistique a été étudiée dans les derniers temps avec un soin très spécial ; les bibliothèque» et les collections particulières ont été fouillées, les chefs-d'œuvre ont été reproduits, et l'on a trouvé que les enlumineurs flamand» excellaient dans ce domaine comme dans bien d'autres. Il nous a semblé que, pour compléter l'histoire de la peinture, il fallait la faire précéder de la branche qui la préparait. Et ainsi nous avons cherché à compléter dans toutes ses parties la glorieuse histoire de l'art dans les Flandres.