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APPARITION DES PREMIERES GRAVURES

tation que par rorlginalitë de l'expression. Il en est de même de la tapisserie ; les deux manières de reproduire les modèles diffèrent surtout en ce que l'un interprète son sujet par le noir et le blanc, tandis que l'autre reproduit aussi les couleurs. A différentes époques, les Flamands se sont distingués comme graveurs ; à un bien plus haut degré ils ont acquis une brillante réputation comme tapissiers. On dirait que le goût de la couleur, la fine distinction des nuances, le sentiment de 1 harmonie leur sont innés. Ce n'étaient pas seulement

les artistes du pinceau, ceux qui produisent et qui créent les modèles, c est toute une population d'artisans et d'ouvriers qui chez eux reproduisent ces œuvres d'art. Au premier tiers du xvr siècle, le métier des tisserands bruxellois comptait 103 maîtres et 1400 à 1500 ouvriers; au second tiers du même siècle, Audenarde, une ville de l'importance d'un gros village, comptait une population de 12000 à 14000 habitants vivant des industries de la tapisserie. Durant plus de deux siècles, les nations étrangères vinrent apprendre le métier ou emprunter des ouvriers à nos villes ; plus longtemps encore nos ateliers fournissaient de leurs tissus artistiques la majeure partie de l'Europe, Ce fut une ville appartenant aux domaines du duc de Bourgogne, où en premier lieu la tapisserie jeta un haut éclat : Arras sur les contins de la Flan-

FiG. 274. — Pierre Breughel.

Lk Dknicheur d'oiseaux.

(Viaine, Musée Impérial.) (Cliché Hanfstaengl.)

FiG. 275. — Pierre Bhelghel le Jeune.

Paysage d'Hiver.

(Vienne, Musée Impérial.) (Cliché liruckmann.)

// I simi:

FiG. 276 — l'iKMKi wALlt.N.

La Saint-Martin.

(Anvers ) (Clichi^ (}. Ilerman», Anvcrt.)

(\ir , acturllr eut I Konncui de fournir aux italien* le nom du produit admiré (.irra//i). l^ comtette Mal.aut d'Aftoii (1302- I 327) contribua beaucoup, par le* gcr.éreuic» commandes quVlIe fit à i« sujets, à faire prospérer dans une ville sans imfjortance. qui ne produisit pas un artiste de renom, le métier le plus artistique du monde. Le grand

luxe du XIV siècle fut d'orner les palais, les châteaux, les églises

de ces splcndidcs tissus fabriqués de laine, de soie d'or et d'^yeent.

Arras garda cette position enviée pendant ennron deux îièdes et

ne la perdit quen 1477, lorsque Louis XI s'empara de la ville et

en dispersa les habitants.

Elle avait essaimé autour d'elle des ouNTiers et des mciitres qui

allèrent enseigner leur industrie dans des villes plus prospères. Pans

fut une de ses principales héritières ; mais dans le pays même. Tournai.

Enghien, Audenarde et surtout Bruxelles

furent ses vrais successeurs. Tournai fut

la concurrente favonsèe et pre'cèda

Bruxelles ; mais cette dernière fabriqua

de grandes tentures à personnages dès

le XlV"^ siècle. En 1430. une corporation

de tapissiers y fut créée: en 1466, les

ducs de Bourgogne y achetèrent pour la

première fois des tapissenes, et ainsi la

ville prit définitivement le rang d'Arras. Les plus anciennes tapissenes bruxelloises connues datent de la seconde moitié du XV siècle. Par un heureux hasard,

le peintre de deux de ces œuvres des

premiers temps nous est connu. Nous en

avons parlé, ce n'est rien moins que Ro-

ger \ an der W eyden, qui avait choia ^^ ^,^^^^^ ^^ Téméraire.

pour sujet la Justice de Trajan et la Orav^iBiblioth. de Bruxelles.,

l'iG. -'/M. — David ki Bktiisakkk (tapisserie.) {Maiirid, l'alaisR'iyal). t(^liclié/Jattscr y Menet.)

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