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ÉDIFICES DE LA PREMIERE RENAISSANCE

la première époque de la Renaissance, le plus Important est l'hôtel de ville d'Anvers (fig. 281) (1561 -1565) par Corneille Floris ; un vaste édifice à trois e'tages, l'e'tage inférieur à fenêtres cintrées, les deux autres à croisées rectangulaires; une loggia sous le toit, des pilastres romains entre les fenêtres. La partie la plus intéressante est lavant-corps central, en assez forte saillie sur le reste de la façade et qui s'élève bien au-dessus de la toiture de l'ensemble en se rétrécissant par degrés. Cette partie centrale contraste heureusement par son élégante sveltesse avec les deux ailes de cette construction un peu massive et contribue a faire de cet hôtel de ville l'ouvrage le plus intéressant de cette époque. Le vieux greffe de Bruges (1537) ((ig. 282) en est le plus coquet. Cette première Renaissance n'a pas duré longtemps. Aussitôt après son apparition, notre pays connut des temps si troublés qu'il ne fallait plus songer à construire des monuments somptueux. Quelques maisons, principalement des maisons de gildes ou de corporations, comptent parmi les plus remarquables spécimens de ce style et se recommandent par leurs

ornements de bon goût,

leurs proportions régulières ' ■■■sgggM— [pM^j^^^^^^^^w | et leurs lignes avenantes :

ainsi la maison des drapiers et celle des tanneurs, sur la Grand'Place d'Anvers (1541) (fig.

283), la maison des poissonniers (le Saumon) à Malines(1530)(hg.284).

Cette dernière, en dépit des déplorables restaurations ou dégradations qu'elle eut à subir au cours des siècles, demeure toujours le plus gracieux bâ-

FiG. 284. — Malines

La Maison

nES Poissonniers.

(Le Sai-.mon.)

(Cliché llcniians.}

uu

Fig. 285. — Che.minée be la salle magistrat dans le Franc de Bruges.

((Cliché Ilcrmans.)

I t.ANOHE

Fl(j. 2Ht). — JkaN I»K BaCKERF.. — MAL'SOl.tR

uE Marik ijk Bol'roogne dans I. ÉOLISE

Noire-Dame de Bruoes.

(l'.lichi Ucrmaut )

timcni du ilylc àr U Kcnjufiancc primiiivr. Au <Wbul du XVI' ticcle. à l'hrurc où l'influr-nce de Iccoir* Italienne %c faisait sentir dan» notrr e'tole de peinture, plus d'un sculpteur passa aussi iesAI(>et.

Comme les peint rci. ils rapjK^rtèrent de leur séjour la-bas de nouvelles conceptions et de nouvelles formes. Après des œuvres de transition, comme les sculptures des églises de Brou, auxquelles collaborèrent des sculpteurs flamands, la statuaire abandonne tout à fait la tradition gothique.

Le plus célèbre travail sculpte de la première moitié du X\ 1* siècle est la cheminée de la salle du magistrat dans le Franc de Bruges (ftg. 285). Elle fut dessinée par le pemtre Lancelot Blondeel et exécutée par Guj'ot de Beaugrand et trois autres sculpteurs, tlle fut placée en I 529, L encadrement de 1 âtre est en marbre noir et en albâtre. L ne frise monumentale en bois sculpté porte des efïiiçies grandeur nature de

Charles-Quint. de Maximilien I ' et •

de son épouse Marie de Bourgogne, de Ferdinand d'Aragon et d'Isabelle de Castille, entourées d'amours, d écussons et d autres motifs décoratifs. Le style Renaissance a définitivement triomphé. Les figures pnncières ont l'allure dégagée, le geste large, le costume bien adapté à leur mouvement. Les amours sont exquis de fantaisie et d'espièglerie. L'église Notre-Dame de Bruges contient aussi deux ouvrages célèbres : le ' tombeau de Marie de Bourgogne Fig. 287. — Mons. —Eglise

(fig, 286). exécuté en 1493 par Jean "^'^^f" ')^JTt.- u.^^Jl r^^ '

1 n 1 / 1 o 11 \ 1 ■ 1 ^'""^ Jacques di Broelcq.

de Backere (de Bruxelles), et celuide (CHche ycuckensj

jL^g^ ^"^^

ftA >. •• *

JACQUES DE BROEUCQ

Charles le Téméraire, exécuté en 1 558 par Jac. Jonghellnck (d'Anvers). Nous ignorons si Lancelot Blondeelet ses collaborateurs ont visité l'Italie, mais nous savons que Jacques du Broeucq, né à Mons entre 1 500 et I 5 10 et mort en 1 584, se rendit à Rome pour y terminer ses études et qu'il en revint en I 535, pénétré d'enthousiasme pour l'art italien et l'art antique. 11 travailla beaucoup pour les églises de sa ville natale, fit un jubé, des stalles de chœur et unautel pour l'église Sainte- Waudru(fig. 287-288)

et des stalles de chœur pour 1 église Samt-Germain. Il emprunta aux maîtres italiens l'art de grouper les figures avec naturel et harmonie et de faire valoir la beauté et l'élégance du corps humain. II n'a pourtant pas perdu-tout accent septentrional ; ses figures conservent des formes maigres, des attitudes contraintes et des mimiques outrées. Elles vivent dune vie saine et fraîche, mais elles sont dues a la conception d'un artiste académique plutôt qu'à l'observation fidèle de la nature. Quoi qu'il en soit, du Broeucq fut un artiste original, un rénovateur de l'art. Malheureusement, la plupart de ses œuvres ont été détruites ou mutilées et morcelées.

Un autre romaniste de la sculpture et admirateur de la Renaissance italienne fut Corneille de Vriendt ou Fions, né a Anvers en 1518 et mort dans cette ville en 1575. Il alla

KiG. 288. — Jacques

DU Broeucq. — Détaii,

dune statue de i.autel

de léui.ise

Sainte-Waudri;, Mons.

(Cliclic \citck:ns.}

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Ij^inH

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l'iG. 289. — Corneille

DE Vriendt.

Tabernacle de Léau.

(Cliché Ilermans.)

l'\Ct. 2Qtî. — LOKNEIl.Li; DE

\rikndt.— Tabernacle de

/t I HRE.MPDE.^f;/. \CltCkCIIS.}

f LASDHE

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USHUBj^^n

• astimilrr I art italien , a tri \H)inl que

•et rruvrcs n'ont plus rien du Myle

anlc'nrur, La plu^ crlèbrr rsi Ir Ta-

h'-rriaclr de L(-au (Iik. IH^)). (.'rst

iiiw tour octogonale en pierre haut'

(le ( <nt pirds. composée de dix et a

gts. dont l<*s fac<*s sont ornées d»

l)ns-r<*liefs. les arêtes de figurm<-s et

(le guirlandes. Ce superbe ouvrag'

fut exécute en 1551. Les autres

cliefs-d (l'uvre de Fions sont le Li-

bernacle de Zuerbempde (lig. 2^X)).

le jubé de la cathédrale de Tournai

et le tombeau de Christian, roi de

Danemark, à Roeskilde. Il y a chez

Corneille De \ riendt du charme,

de la fantaisie aimable, une grande

richesse d'accessoires décoratifs. Il

choisit des ligures élégantes et les

drape avec goût. 11 ne possède ni la

conception solide, même un peu

du Broeucq ; il travaille facilement.

toujours sans jamais émouvoir.

La clôture qui entoure le tabernacle est une merveille du style

de la Renaissance. Non moins caractéristique et charmante est la

clôture qui a Louvain, a 1 église de Saint-Jacques, enferme le tabernacle et qui est signée Jean Veldener (1568).

Vers le milieu du W'V siècle s'ép)anouit une véritable floraison de sculpteurs dans le goût de Fions. Les meilleurs furent :

Pierre Coecke d .-\lost (1507-1550), le sculpteur de la cheminée du cabinet du bourgmestre

à l'hôtel de \ille d'An- FiG. 202. — (Inconnu). — Tombeau DE Jeax /^ -loix i i

DE MÉRODE. ^'^^s (fig. 29 1 ) et le sculp-

(Éfflise Siiinte-I)ymphne. à Gheel.J (Cliché Hermans> teur inCOnnU du tombeaU

Fio. 291 . — Pierre CoECKB d'Alost.

Cheminée du cabinet

DU BOUROilFSTHE.

(Il^,tel de Pille J'Anmeri.)

(Cliché Hermant )

austère, ni l'art puissant de produit sans se lasser ; il plciit

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