SCÈNE II
de six sous que je ne serais pas plus suffoquée. ( Elle mime son entrée. — Arrivée devant le porte-manteau, elle fait trois révérences à reculons... d la troisième, elle s'embarrasse dans la queue de sa robe et manque de tomber.) Ne faites pas attention» sire... je me suis marché dessus... tiens, ça fait rire le roi... le roi rit!... le roi rit!... (Elle rit.) Ah ! ah ! ah !... (Sarr étant court.) Eh bien , mademoiselle Florette , voulez- vous bien ?... est-ce qu’on a de ces manières-là à la cour?... tâchez donc de garder un peu plus votre quant à soit... ( Elle prend sur le guéridon une feuille de papier dont elle se fait un éventail.)
Air : A vous je m’intéresse. (Sabots de la Marquise.)
Oo sait ce qu'il faut faire A Versailles pour plaire.
Lorsqu'on veut, à son tour On est femme de cour.
Mais soudain l’orchestre résonne;
Tour ouvrir avec moi le bal,
Le roi veut lui-même, en personne,
Me présenter son poing royal.
Ah ! quel honneur pour toi, Florette !...
Ne va pas, comme une grisetle.
Faire un faux pas et trébucher!
11 s’agit de ne pas broncher.
Déjà le menuet commence,
Tâchons d’aller bien en cadence.
Et toujours l’œil sur mon danseur.
Le pied cambré, la bouche en cœur.
( Figurant un pas de menuet .)
Voilà ce qu’il faut faire A Versailles pour plaire.
Lorsqu’on veut, à son tour.
On est femme de cour.
( S embarrassant de nouveau dans la queue de sa robe.)
Mais, grand Dieu! je perds la mesure Juste au milieu de la Ggure!
Ma queue en est la cause, hélas 1 Sire, excusez mon embarras.
( Retroussant la queue de sa robe, et la mettant sous son bras.)
De la cour, ne vous en déplaise.
Ignorant toutes les façons,
Je serais bien plus à mon aise.
Si je dansais aux Torcherons.
(faisant une voix d'homme.)
Aux Torcherons?... qu'est-ce que c’est que ça, les Torcherons?... ( Voix naturelle.) Je vais vous le dire, sire... Ah! dame, c’est que ça me connaît, les Torcherons! (Changeant de ton et d’allure , et dansant d’une manière délurée sur la ritournelle.)
Aîr : Dam’ ! voyez-vous. (Sabots de la Marquise.)
Les Porcherons, c’est un endroit Oùsque l’on danse, oùsque l’on boit,
Et sitôt que l’ crincrin résonne.
Dans F grand salon il n’ manqu’ personne;
Et puis faut voir comme on s’en donne I Les bras par ci, les pieds parla,
Ah l
Quel plaisir c’est là !
L’on va de ci, l’on va de là.
Les bras par ci, les pieds par là 1
AbI , ( (bis.)
Quel plaisir c’est là ! I
L’on va de ci, l’nn va de là !
Pour danser légèr’ ment comm’ ça.
Et pour sauter aussi haut qu’çà.
Sir’, le meilleur endroit... le v’Ià!
(Elle dansesur la ritournelle , comme si quelqu’un la tenait par les deux mains ; puis, d la (in de l'air, elle tombe sur une chaise, à côté du guéridon, en riant aux éclats.)
Ah! ah ! ah ! en voilà de la danse et qui vaut mieux que votre menuet! qu’en dites-vous, sire? (En ce moment , on met une clef dans la serrure de la porte du fond. Florelle se lève, comme si on la réveillait en sursaut.) Qui est-ce qui est là?... (Allant à la porte et poussant le verrou.) On n’entre pts !.. . on n’entre pas !...
saint-jean, en dehors.
.Mais c’est moi , Saint-Jean , qui viens chercher la robe... Ouvrez 1
fi.ohe.ttb, allant remettre le porle-manleau dans son coin .
On n’entre pas, je vous dis... je ne suis pas visible.
saint-jean, en dehors.
Tiens... pourquoi ça?...
flohette, se dépêchant de retirer la robe.
Pourquoi ? pourquoi ?... parce que je me suis déshabillée à