FRAGMENT
^ mai.
♦....Ainsi que je vous l'ai écrit, elle est éclose, on ne peut pas mieux, et je l'ai préparée avec un soin tout particulier.
Cela me fait penser à vous dire que vous manquez d'épingles n°^ 5 et 6, et que vous ferez bien d'en apporter. J'en manque aussi.
J'ai chassé aujourd'hui et hier au soir à votre
intention. Depuis huit jours, j'en étais empêché par le catalogue de M. K..., à qui je n'ai pas voulu refuser ce service. Et puis il fallait bien gagner quelques sous pour continuer mon voyage.
Je vais vous dire le résultat de ma chasse :
En fait de Sésies en chrys.y dans les bois et dans les écorces.
Ophioniformis et Rhingiœformis, très-rares.
Brosiformis, introuvable; pourtant, il fait plus chaud ici qu'à Rome.
Zygœcides^ au vol, une primeur.
Medicaginis : la variété Stœchadis^ la même qu'en Piémont. ;
Belle trouvaille, la Chelonia simplonica, je crois, à l'état de larve.
Lasiocampa lineosa , éclosion d'hier. Je ne vous les décris pas, vous les verrez. Je ne m'attendais guère à les trouver ici; mais que ne trouve-t-on pas !
J'ai fait la revue de mes boites. J'ai retrouvé
avec plaisir VAnarta cora. J'avais pris cela, Tan passé, dans les environs de Kasan. C'est trèsabîmé, mais très-précieux quand même.
Je n'ai pu remettre la main sur un individu (même pays) plus rare encore, que je vous destinais : Anthophila purpurea var. Rosina. Il faut qu'il soit tombé en poussière impalpable durant le voyage... Pour m'en consoler, j'ai fait, à votre profit, un échange avec le cabinet de Florence. J'ai donné un magnifique sphinx Osiris pour une paire de petites Arctia luctuosa, que je n'ai encore vues qu'en Sicile. Ça vous épargnera le voyage.
Je sais que vous ne vous occupez qu'accidentellement des reptiles; pourtant, je regrette beaucoup de n'avoir pu m'emparer d'une superbe couleuvre qui était enroulée à un myrte et que j'allais saisir quand une société de flâneurs We la fit perdre. J'en ai eu un accès de colère , Bt , pour un peu , j'aurais battu ces gens-là l
Voilà, mon aimable ami, tout ce qui peut voua intéresser ici. Je ne parle pas de votre mère el de vos amis, qui écrivent probablement plus qu( moi.
Quant à moi, cher Malcolm,je suis le plus heureux des hommes, j'ai la foi ! J'arriverai^ j'arriverai, n'en doutez pas. Je saisirai ce grand mystère I
Je ne dis rien contre les brandies ae i; science qui m'ont absorbé jusqu'à présent ; tout' chemin conduit à Rome. Je ne dis rien contre l'anatomie. Il faut commencer par là ; mais celui qui s'y arrête, se dissèque lui-même et fait de son cerveau une boîte vide. C'est sur l'être vi-|j vant qu'il faut observer les phénomènes de la Vie. Il
Nous causerons de tout cela si vous arriver ^ bientôt, comme je l'espère. j
Je suis fort content, bien logé , bien nourri^^l bien accueilli ; des hôtes fort aimables ; M. de
K..., un peu étroit dans ses idées de classification; sa fille, très-bonne personne. Elle m'a fait entendre que vos parents songeaient à fous marier ensemble. Est-ce vrai? Vous aurez bien de la peine à lui faire aimer la nature ; ce n'est pas là son aptitude ; mais elle a beaucoup de gaieté.
Malgré le plaisir que j'aurais à vous retrouver ^ je ne pourrai peut-être pas vous attendre plus de huit jours. J'ai impatience de voir une opération que D*** doit faire à Milan et à laquelle il m'invite. J'y serai dans les premiers jours du mois prochain.
Si je ne vous revois pas ici, écrivez-moi et donnez vos commissions à votre fidèle ami
Émilius Villemer,