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LA VANGEANCF 99 couche légère ; elle entendit bientôt leur souffle régulier annoncer leur sommeil.... Sa tête était eu feu. La folie la gagnait : ‘‘ Cette femme m’a volé le cœur de Philippe, et maintenant, heureuse, elle songe à lui peut-être, et lui sourit encore Ah ! que disaient-ils en se donnant la main ? Ils paraissaient si émus ! C’est elle qu’il aime... Et je voulais le sauver ou mourir avec lui !”?
Brusquement, elle saisit un poignard à sa ceinture, ct sans hésiter, se glissa jusqu'au hamac. D'un geste rapide, elle leva son arme. Mais Fleur des Ondes poussa un cri sonore et lui retint le poignet.
À son appel, les deux Français bondirent :
Philippe saisit l Algonquine, au moment où elle allait porter un nouveau coup: le premier “avait fait qu'effleurer la joue de Fleur des Ondes.
En se sentant arrêtée, l’Indienne frappa droit devant elle, au hasard.
Philippe ne put retenir un gémissement douloureux, et lâcha l’assaillante.
La Souice entendit cette plainte, et folle de douleur, à l'idée de l'avoir tué, elle se plantason poignard dans la poitrine et tomba hors de la grotte, en pressant sa blessure avec ses mains rouges du : \ng de l’aimé.
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Après l'attentat dont ils avaient été victimes, Fleurs des Ondes et Philippe, qui n’avaient pas reconnu leur agresseur, ne se crurent plus en sureté dans la grotte :
—"" Pour qu'on ait osé pénétrer jusqu'iri, dit la jeune fille, il faut que le charine soit rotnpu, et la superstition ne nous protégerait plus contre la fureur des Iroquois. Fuyons !”?
Elle détacha de la muraille un souvenir qu'elle tenait de son père, un étui en acier, puis elle confia à ses amis quelques provisions, (C'était tout ce qu'elle pouvoit emporter dans ce départ précipité. S'enveloppant dans un manteau de fourrure, Fleur des Ondes dit résolument ‘© Partons ””!
Mais au moment de franchir le seuil, elle se retourna, promenant un regard ému sur tous ces objets qui avaient été les humbles et muets témoins de sa vie. En quittant pour ne plus y revenir la caverne où s'étaient écoulées les heures sereines de son enfance, elle sentait comme tout cela lui tenait au cœur. Sortant de la barbarie qui lui avait été douce, pour aller vers
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la civilisation qui la traiterait peut-être en étrangère, cette reine de la forêt se demandait si elle ne s’acheminait pas vers le désenchantement.
Son âme sensible éprouvait comme le remords d'une ingratitude en abandonnant son misérable gite. Il lui semblait entendre de douces voix j'aintives qui gémissaient tout bas : “ Tu nouregretteras ?’
Philippe, devinant l'émotion de sa cousine, lui prodigua des paroles d'encouragement. ‘Tous trois partirent à la file indienne, Fleur des Ondes battant la marche. Ils suivirent, pendant quelque temps, le bord de la rivière, en ayaut soin de se tenir à la lisière du bois. C’était par un beau clair de lune, mais de temps en temps, de gros nuages Cuuraient dans le ciel, enveloppant la nature d’un voile opaque.
Dans la blanche lumière de la nuit, sous la protection de leur guide, les fugitifs se sentaient assurés; mais quand l'ombre peuplait de fantômes la forêt, ils hataient instinctivement leur marche.
Philippe avait franchement peur, et il aurait pu l'avouer sans honte, car ce n’était pas pour lui-même qu’il tremblait, mais bien pour l’aimable et brave fille qui s'était dévouée à le sauver
Ce fut ainsi, sans prononcer une parole, qu'ils traversèrent le pays et atteignirent la bourgade des Algonquins, à l'heure ou Le Carcois y ramenait le corps inanimé de sa fiancée.
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À ses premiers pas hors de sa retraite, Fleur des Ondes se heurtait à un deuil et trébuchait sur uu cadavre. Elle en éprouva une crainte superstitieuse de l'avenir.
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Revenu à la bourgade et n'y retrouvant pasles deux Français. Le Carcois, inquiet, s’attacha à leurs pistes. Il les rejoignit, et de loin, comme la Source assista, du haut &’un arbre, aux apprêts du supplice et à l'iatervention de Fleur des Ovdes.
Continuant sa poursuite jusqu'à la grotte, il guetta par la fenêtre, tandis que la jalonse amante épiait derrière la porte. A moment où elle tomba inanimée, il s’élanca à son secours, l’enleva prestement dans ses bras et s'enfonça daus les bois.
Le jeune chef se reprochait maintenant de n'être pas intervenu: ‘‘ Je pouvais prévenir ce malheur, pensait-il ; mon devoir était de persuader à ma sœur de retourner dans notre pays, puisque nos amis ne couraient plus de danger. Je savais bien que la Source était amoureuse, et j'aurais dû deviner, en mesurant sa souffrance à la mienne, qu'elle était trop violente pour une faible enfant ?”.
Il avait de cuisants remords en s'avouant qu’au fond de sa pensée, un éclair de joie avait lui, à l'idée que le cœur de La Source - enfin