‹ Fleur des ondes [microforme] (volume 2)Chapitre 21 sur 27 · PARU PAT · texte numérisé non relu

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—‘" Ah ! je comprends,’’ reprit la vieille en montrant du doigt la tache sombre qui étoilait ie sein nn: ‘‘le jeune guerrier aimait cette enfant, mais elle a repoussé sa tendresse... .et il n’a pas voulu qu’elle fût à un autre” !

—‘" Ah que distu? insensée ! Non! je ne suis pas asssz infâme pour assassiner la belle que j'aime. Oui! je l'aime je la voyais avec tristesse sourire au visage pâle qui n’a pas deviné la folie de la pauvre petite.... Mais pour son bonheur, je me serais plutôt livré à mes ennemis. Tu n'as donc jamais aimé, Ô toi qui dis de si horribles choses?"

La vieille posa la main sur sa poitrine :—‘* Le miroir du lac ne reflète pas plus fidèlement la face du ciel, que mon cœur u’a gardé le souvenir de celui qui fit éclore en moi la fleur d'amour !”

Puis, désignant la malade :

—‘‘ Eile vit encore, mais hâton-nous ! Emporte-ià daris ma cabane, non loin d'ici ; je la ranimerai avec la plaute de marais'”.

Le Carcois reprit son fardeau, et dousement, en évitant toute secouse, se remit en marche

Après quelques instants, il entrait à la suite de son guide dans une misérable hutte, et déposa La Spurce sur le sol, lui appuyant la tête sur son genou et la sautenant avec précaution. En peu de temps, grâce aux soins qu’on lui prodigua, la blessée ouvrit les yeux. Elle reconnut son ami, lui sourit, et dit faiblement :

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105 LA RÉSIGNATIOX

——"*" Tu m'as suivie ; tu as voulu me sauver ?. Tu es bon autant que brave. Ah! ajouta-t-elle avec un soupir, ‘‘ c'est à ton cœur vaillant que la faible liane aurait dû se suspendre.... Mais il est trop tard maintenant,... je meurs !”

L'intrépide guerrier avait peine à retenir ses larmes, devant cette enfant qui agonisait.

Après un silence, La Source demanda: ‘ Eu porte-moi au milieu des miens, quand je ne serai plus ! Je veux reposer dans mon pays. Que mon père me revoie encore une fois!.... Il n'aura plus d’enfant ; tu seras son fils... console le, protège-le dans sa vieillesse .…, Peut-être ic revèrras-tu, lui aussi, le visage pâle: tu lui demanderas de me pardonner, afin que je puisse, sans entrave, m'en aller au pays de la félicité où ie t’attendrai. Oh ! comme je l'ai haï, quand j'ai découvert sa perfidie ! Je l'ai détesté de toute ma fierté humiliée, pour ce que tu as souffert de ma folie, toi le plus dévoué des amis ”.

—"" Il te pardonnera, dit Le Carcois aves conviction ’?,

—"" Oh! mon ami, c'est au moment de te quitter que j'apprécie dans toute son étendus le malleur de te perdre. Un éblouissement passager à pu détourner de toi ma pensée, mais mon cœur t'est resté fidèle par tous les souvenirs de notre jeunesse ?”.

Sa voix faiblissait, Après une pause, elle reprit avec beaucoup de peine :

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- “L'enfant ne s'arrache-t-il pas aux caresses de sa mère, pour courir après un papillon qui passe ?.... (Cette fois, l'enfant s'est tué en courant !

Le Carcois la tenait toujours embrassée : :] écoutait en étouffant ses sanglots.

La Source ne parlait plus. Le jeune homme abaissa doucement son bras qui soutenait la tête adorée, afin de faire tomber d’aplomb sur elle la lumière du bûcher : les grands yeux fixes seinblaient le regarder encore, des mystérieuses profondeurs de l'au delà, et les lèvres, entr°ouvertes pour l’aveu suprème, ne s'étaient pas refermées.

Debout à quelques pas, la vieille femme contemplait le groupe douloureux.

L’Iroquois se tourna de son côté, et dit simplewent : ‘‘ Elle est morte !”’

Lentement, avec soin, comme si elle eût pu ressentir encore quelque souffrance, il l’étendit par terre. Se redressant il promeua son regard attentivement par toute la cabane.

La bonne femme comprit sa muette requête et lui montra du geste une longue traîne appuyée au mur ; puis elle alla prendre, dans un autre coin, une large peau d'ours qui constituait tout le luxe et le confort de son gîte, et l'étendit à côté du cadavre.

Le Carcoïis examina le toboggan, rattacha une tringle qui n’était pas solide, et le porta dehors.

Du même pas tranquille, toujours silencieux, if revint auprès de la trépassée qu'il enveloppa dans la fourrure.

Sans hésitation et sans étonnement, il acceptait l’offrande de la pauvre vieille, parce que son âme simple et généreuse trouvait tout naturel l’hommage de ce désintéressement à une morte inconnue,

Après avoir assujetti l'épais linceul avec des lanières d’écorce, illia la dépouille sur letoboggan,

s’attela dans les bricoles, et s’enfonça dans la nuit.

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