SCÈNE SIXIÈME
BEPPO
Si!... Si!... c’être l’accent tu bays.
J EANNETTE.
Ce cher Beppo!... Je suis t’y contente de te revoir !
B E P PO , l’embrassant encore.
Et moi tonc ! '
* JEANNETTE , remontant Adroite.
Chut!... de la prudence! de la discrétion! (Fermant u fenêtre.) Si mes bourgeois savaient que j’ai un amoureux!... Eux qui détestent le Tyrol, les Tyroliens !...
Ils sont pien décutés. .. Et à cause tonc?
JEANNETTE
Rapport à leur fille. — C’est toute une histoire... je te conterai ça plus tard.
BEPPO
Mein Gott! mais s’ils allaient me trufer ici?...
. Il fait mine de s’en aller.
JEANNETTE, l’arrêtant.
Eh! non, pas de danger!... Monsieur est chez des amis, en train d’asticoter le double-six.
BEPPO, ne comprenant pas.
Le tuple-six?. . .
J EANNETTE.
Oui, à jouer aux dominos... Quant à madame, elle est en soirée avec mademoiselle... Ainsi, liberté, libertas!
BEPPO, lui donnant sa guitare qu’elle met sur un fauteuil.
Prafo! Alors, che buis me reboser.
Il se jette sur la cliniso à gaucho du guéridon et tombe. JEANNETTE, offrayée.
Eh! bien?... V
BEPPO, étendu parterre et riant.
Che me guche.
J EANNETTE.
Mais j’y songe, tu as peut-être besoin de te rafraîchir?
BEPPO, se relevant.
Che brendrais folontiers un ferre te guelgue chose, afec un dranche te n’imborte guoi...
JEANNETTE, faisant la révérence.
Monsieur va être servi.
Elle disparaît un instant par le fond.
• BEPPO, seul.
Est-elle chendille! Est-elle chendille! Ah! che fudrais bas
Bep. Jean*
FLEUR DU T"ï ROL
faire de la beine au Dyrol, mais il n’y a que la,France pur fabriguer les femmes aussi tabées!
JEANNETTE , revenant avec an reste <le pâté, une bouteille devin, qu’elle pose sur le guéridon ; — le tout est sur un plateau.
Me revoici!...
* BEPPO
Afec les gomestibles !
Il s'assied à gaucho du guéridon.
JEANNETTE, s’asseyant en face de lui.
Voyons, asseyons-nous, et buvons!
Elle verse.
BEPPO
A fotre santé, mam’zelle Cheannette!... A nos amours!
JEANNETTE
Et à not’ mariage !...
BEPPO
Si... si... à not’ mariache!
Us trinquent et boivent.
JEANNETTE, le servant.
Et maintenant, une tranche de pâté.
BEPPO, riant .
Si... si... (Mangeant.) Il être très-pon, le bâté!
JEANNETTE
Eh! bien, mange... régale-toi!...
BEPPO, la bouche pleine.
Ah! mam’zelle Cheannette! fus sufertez-fus te nos bromenades tans le mondagne 9
JEANNETTE
Si je m’en souviens? Ah! je crois bien... Et nos rendezvous?...
BEPPO
Dans les posquets!
Où j’avais si peur d’être pincée!..
BEPPO
Et les betits bécots que che fus déropais en gagette!
JEANNETTE
Et les tyroliennes que tu me chantais !
BEPPO
Ah! ui!... fus aviez ein faille pur le tyrolienne.
JEANNETTE, se levant.
Oh ! chante-m’en une !
Elle lui donne sa guitare.
* Bep. J «au.