LÀ FOI DU GCMSUB
Si dans la paix des champs, se rapprochant de Dieu, Au monde qui le trompe, il osait dire adieu ; N emportant avec lui, qu'une ame pour la sienne. Qu'une femme à chérir sur la rive Helvétienne, Où les vagues parfums, dont Tair est embaumé, Infiltrent dans les sens le besoin d'être aimé ! Alors pour lui, l'éclat, la fortune, la gloire, Ne seraient qu'un vain mot, qu'un leurre dérisoire. Qu'il prendrait en pitié ; car il aurait compris Le néant de ces biens, dont lious sommes épris; Abandonnant son être à des voluptés vagues, Il saurait qu'il vaut mieux se bercer sur les vagues, Qu'il vaut mieux sur les monts aller tous deux s'asseoir. Pour compter dans les cieux les étoiles du soir, ^ Pour répéter ces riens que Tamour nous fait dire. Pour rêver au doux bruit des flots où Ton se mire. Et pour prier.... tandis qu'un baiser interrompt Tout penser soucieux qui vient rider le front;
Qu'un regard dit : " Je t'arme! » et qu'une larme échappe Du cœur, comme le suc, quand on presse la grappe; Larme qui, recueillie et comprise par Dieu, Des terrestre^ amours doit épurer le feu !
Mars 1834.
làÈk XAEBm
Le eiel et la mer sont comme deui beam liTres ouTerU à tous les yeux, et qui traitent, en deux pages sublimes, de l'éternité
et de l'Immensité.
— IDAÈNB SUB. —
tLA MKR.
VU
Capricieuse enfant, volant de rêve en rêve, Je ne fis qu'effleurer ce beau lac de Genève, Où pour qui sait sentir, vivre est un long-aîmer. A son onde d'azur je préférais la mer !
64 FLEUBS DU MIDI.
Comm^ un jeune Alcyon, le jour où je suis née, Mon regard embrassa la Méditerranée !
Elle mêla sa voix à mon premier soupir; C'est le bruit de ses flots qui venait m'assoupir ; Quand les chagrins naissans de mon ame exaltée Éloignaient le repos de ma couche agitée, Ses murmures lointains, ses sourds mugissemens Paraissaient compatir à mes jeunes tourmens ; Et pour mon cœur malade, elle était une amie, Qui berçait tendrement ma douleur endormie.
De la cime des monts que j'aimais à la voir, Dans son immensité, bruyamment se mouvoir!
Il se peut qu'aux tableaux évoqués dans mes songes, L'imagination ait mêlé ses mensonges;
Mais, la mer ! je Tai vue, et sa sublimité Â vaincu l'idéal par la réalité !....
Si, dans les chants divers échappés de ma lyre, Elle n'a point encore inspiré mon délire, C'est qu'à ses bords chéris je veux me reposer; L'ami que l'on préfère a le dernier baiser !„
O mer ! assise sur tes grèves.
Que d'espérances, que de rêves
Agitarent mon cœur enftmtin !
Je suivais tes métamorphoses ;
Et, je t*aimais, quand tes flots roses
Reflétaient les feux du matin.
Je t'aimais quand la lune errante, De sa lumière transparente,
Teignait tes mobiles arceaux;
Quand ta blanche et mousseuse écume,
Gomme un phosphore qui s'allume,
Jetait un prisme sur tes eaux.
Je t'aimais, quand miroir limpide, ^ Tu reposais sans une ride, Et semblais mollement dormir :.
Ou quand, précurseur de l'orage.
Les alcyons, au blanc plumage,
' Sur tes récifs venaient gémir ! ...
Isolée, au sein de la foule, Que de fois, j'écoutais la houle, Dont retentissaient les échos !
Quand, l^ondissant sur le rivage,
Irritée, ardente, sauvage,
Tu n'étais plus qu'un grand cahos !...
L'éclair sillonnait la tempête, La foudre grondait sur ma tête, Les vagues inon<hient tes bords :
Alors, dans un songe bizarre, Où, souvent, mon esprit s'égare , Deux ailes soutenaient mon corps.
J'effleurais ta surface humide, Ondine légère, ou Sylphide, Traçant de lumineux sillons :
J'allais, j'allais, j'allais sans cesse.
Et je surpassais la vitesse, De tes rapides tourbillons.
Puis, quand je repliais mes ailes, Tes flots, comme autant de naceHes, M offraient un fiantastique abri ; Berceau d'émeraude et d'opale, Scintillant des reflets qu'étale Le plumage du colibri !
J'aimais cette couche de fée.
Moi, qui sur la terre étouffée, Regrette un plus pur élément !
Moi, qu'un rayon du ciel enivre!...
Oh ! j'étais heureuse de vivre Sur l'eau, dans l'air, au firmament,
Ainsi, j'errais sur une lame, £t, dans ces voyages de l'atne,
Il univers s ouvrait devant moi.
De ciel en ciel , de zone en zone, J'allais, intrépide amazonç, Ayant la mer pour palefroi.
J'allais aux mes inoofmaos, Où jamais, du voile des nues, Un soleil brillant ne surgit ; Soi de neig(e, mm bornes du abonde.
Où les frimats enchaînent Tonde , Où l'aquilon glacé mugit.
J'allais aux pteg«s cakioé^»
Land^, du ciel abandoDioées, Où Dieu, du mêmesdog créa
L'aniropophage à fiaice humaiDe, Le lioD, le chacal, rhyène, £t le gigantesque boa !
Puis , quittant ces pays sauvages , J*ai côtoyé les frais rivages Des mers étroites d'Orient; Là, de grands noms vivent encore; Et chaque débris se décore
D'un souvenir triste, ou riant '
J ai vu les vagues de TAttique, Baigner les murs du temple antique Au cap Sunium, où Platon Révéla sa doctrine sainte , Et répandit dans cette enceinte L*immortalité de son nom !
J'ai vu le rocher de Leucade , D'où Tonde s'élance en cascade Sur le noir abîme, où Sapho Chercha dans son brûlant délire, Aux accords mourans de sa lyre, La paix, et l'oubli du tombeau....
J'ai vu l'Archipel, peuplé d'îles, Berceau de touchantes idyles.
Où l'antiquité nous répond :
J'ai vu les rives d'Ionie, Terre d'amour, et de génie.
Qui se b aigne dans l'Hellespont.
Pour toi, si fidèle et si tendre, Ces flots, infortuné Léandre ,
7S FLEUBS DU MIDI.
Se changèrent en Aohéron!
Mais, sur leurg bords Ion nom s'oublie,
Et ton soayenir ne m lie,
Qu'à celai qu'y laisÉa Byron !
Férrier 1834.
aÉxrzs.
La poésie est une , qu'elle se tradaise pai* un chant , un poème
où un tableau; seulement, le génie complet parle ces trois langues.
♦ — BVétlf B SUE. —
vm
Byron! dès le berceau, le suivant pas à pas, S'il £gillait le juger, nous ne l'oserions pas :