‹ Flipote; comédie en trois actesChapitre 12 sur 93 · MADEMOISELLE AN G LOC II È U E · texte numérisé non relu

MADEMOISELLE AN G LOC II È U E

La pi'cuve que je ne suis pas une tante Cardinal...

FLIl'OTE.

Qui parle de ça, tante? J'ai voulu rire.

MADEMOISELLE ANGLOOIÈRE.

La preuve que je ne suis pas une tante Cardinal, c'est quo je n'ai jamais voulu que tu vives ici avec ton Emile. Ce que tu fais dehors, ça ne me regarde pas... J'aurais trop à faire de le surveiller... Au reste, je ne suis pas à ta charge : j'ai dos petites rentes, de quoi me sullire, et une petite maison où mon rêve est d'aller flnir mes joui's. Donc je ne suis pas une tautc Cardinal...

Mais non, maU non, tu no l'es pas*

MADEMOISELLE ANGLOCHÈRE.

Seulement, je connais la vie. Si, après la mort de ton pauvre père, garçon de bureau au ministôi-e de l'instruction publique, lu n'étais pas entrée au théâtre...

FLIPOÏE.

Qu'est-ce que je serais devenue? Employée au téléphone? ou caissière chez Duval ? Merci !

MADEMOISELLE ANGLOCIIÈRË.

Je ne te reproche rien. Si donc tu n'étais pas entrée au théâtre, et si je t'avais vue alors épouser quelque brave garçon, j'aurais dit : « très bien ! ». Mais à présent je dis que, dans ta position, épouser un cabotin, et surtout celui-là, d'abord c'est bêle, et puis ça ne peut être que provisoire ot c'est reculer pour mieux sauter. Alors, à quoi bon ? A\ant six mois tu le tromperas, ton Leplucheux.

FLlPOTE.

Non, je ne tromperai jamais Emile. Jamais !

Laisse-moi donc tranquille... Enfin, puisque lu as tant fait que de mal tourner...

Ça n'est pas mal tourner que d'être amoureuse.

MADEMOISELLE ANGLOCIIÈRË.

Puis(|uo lu as tant fail que de mal tourner — et certes je n'y suis pour rien, — je raisonne cl je voudrais du moins que lu ne tournes pas bôtement. J'ai promis à Ion pauvre

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