‹ Flon, flon, flon, lariradondaineChapitre 18 sur 101 · JE M'EMBROUILLE · texte numérisé non relu

JE M'EMBROUILLE

Confession d*une Enlumineuse à une de ses amies, à a suite d'un déjeuner infiniment prolongé.

air : A l'âge heureux de 14 ans.

Ah mon Dieu! que l'on est heureux De pouvoir écrir' ses mémoires !

Moi, c'est toujours en vain que j'veux Me rappeler tout' s mes histoires.

Je n'ai pas encore trente ans, Déjà ma mémoire se rouille î Quand j'veux parler de mes amants Je n'sais pas pourquoi je m'embrouille

Pourtant je me rappelle bien

Que j'perdis mon cœur en vendange,

je m'embrouille 53

Mon premier amant n'avait rien, Mais il était fait comme un ange.

Mon second était un doreur, Pas plus d'esprit qu'une citrouille !

Le troisième était un frotteur...

Après... Ah ! mon Dieu,, je m'embrouille !

J'ai dû connaître aussi, je crois.

Un Anglais d'humeur peu commune,

Qui, sans rire une seule fois,

Avec moi mangea sa fortune ;

Après, un Gascon sans souci,

Un Prussien pour moi fit patrouille ;

Je me souviens d'un Russe aussi,

Ensuite... Ah mon Dieu, je m'embrouille!

Un enfant, beau comme l'amour, Me nomme sa tante, et pour cause,

54 JE m'embrouille

Il connaîtra sa mère un jour, Pour son père, c'est autre chose !

J'avais alors maint séducteur !

Cet enfant causa plus d'une brouille ; A l'un d'eux j'en veux faire honneur, Mais auquel? dame, je m'embrouille!

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