HYPNUM SYLVATICUM
capsule cylindrique arquée , l’opercule longirostre, il faut rapporter les deux formes suivantes :
a. orthocladium Sch. ( Plagiothec . orthocladium Bryol. eur. t. 504). — Branches plus rameuses, dressées, flexueuses; touffes denses, d’un vert moins foncé. Feuilles plus larges, ovales, brièv* acuminées, plus concaves, lâchement imbriquées, beaucoup moins aplanies, munies d’une nervure bifurquée courte; long. 3 m., larg. 1 1/2 mill. Capsule subhorizontale, oblique ou même presque dressée à la fin, plus courte, oblongue bombée, /é*/1 arquée, non rétrécie sous l’orifice ; très lég‘ striée ; long. 3 m. diam. 1 mill. Cils du péristorae noduleux. Opercule muni d’un bec court ou diversement allongé. Fleurs polygames.
b. Rœseanum Hampe ( Plagiothec . Sch. Bryol. t. 504.)
— Branches et rameaux également dressés, plus courts et plus obtus; feuilles lâchement imbriquées, concaves, ovales aiguës, munies d’une nervure plus courte. Capsule presque complètement dressée oblongue, munie d’un petit col à la base. Opercule conique, aigu, élevé ou brièv* acuminé. Dans ces deux variétés le tissu reste le même que dans le type ; mais presque tous les autres caractères qui le séparent de l’espèce suivante ont disparu.
A C dans les hautes montagnes des Vosges et du Jura, dans les forêts profondes, aux lieux humides, sur la terre, les feuilles en décomposition, sur l’humus dans les fissures des rochers ombragés et frais. Basses-Vosges, ça et là (F. Schultz et Winter). La var. a. dans les forêts des hauteurs de Vagney (B.), sur le grès vosgien entre Forbach et Sarrebrück (Winter), sur la tourbe, près d.e Waldmohr (Schultz). La var. b. signalée en Thuringe, n’a pas encore été trouvée dans nos régions.
88. Hypnum denticulatum Linn. Spec. pl.; Stirp. n® 46 {mélangé au H . sylvaticum dans quelques exemplaires); Plagiothecium denticulatum Bryol. eur. t. 501 ; Billot , exsicc. cont. n° 3986.
Plante semblable au type de l’espèce précédente ; mais tige moins stolonifère , émettant des branches plus généralement déprimées, gazons à reflets plus brillants, souvent jaunâtres. Feuilles ovales, oblongues, cultriformes, aplanies, brièv1 acuminées ou apiculées, entières ou superficiell1 denticulées vers le sommet. Tissu : cellules moyennes linéaires, plus étroites, à parois assez fermes, très allongées, 20—30 fois aussi 1. q. 1. Fol. intimes de l’involucre à demi engainantes. Vaginule conique souvent presque nue. Capsule subhorizontale cylindrique ou oblongue arquée, jaunâtre, à la fin brune, à peu près lisse. Opercule convexe apiculé. Un anneau formé de 2 — 3 séries de c'ellules médiocres. Lanières du péristome interne entières ou
1er GENRE : HYPNUM.
étroitement ouvertes sur la carène. Un anneau formé de 2—3 séries de cellules médiocres. Lanières du péristome interne entières ou étroitement ouvertes sur la carène ; 2 — 3 cils très fins, légèrement noduleux. Fleurs mâles dans le voisinage des fleurs femelles, sur la même plante ; anthéridies peu nombreuses (2 — 3), quelques paraphyses. — Juillet-août.
Cette espèce présente aussi de nombreuses variétés qui répondent à celles du H. sylvaticum.
a. densum Sch. — Branches et rameaux nombreux , ascendants} souvent comme fasciculés; gazons mous, étendus, d’un beau vertà reflets soyeux, jaunâtres; long. 2 — 3 centim. Feuilles oblongues-lancéolèes, presque planes ou concaves, aplanies, terminées par un acumen court, dressé, étalé, flexueux, recourbé ou infléchi , munies d’une nervure bifurquée, courte, ou d’une nervure unique, plus allongée; long. 1 1/2 millim., larg. 3/4 millim. Tissu comme dans le type ; cellules moyennes linéaires, très allongées, flexueuses. Pédicelle court, 10 — 15 millim. Capsule ordinairement dressée ou oblique, ovale-oblongue ou subcylindrique, munie d’un petit col, resserrée sous Porifice à l’état sec; long. 1 1/2 millim., diam. 1/2 — 2/3 millim. Opercule convexe-conique, obtus, droit, ou conique-apiculé. Dans les lieux ombragés, sur les pierres humides, la plante devient luxuriante, très ramifiée; les rameaux allongés forment des tapis compactes, déprimés; les feuilles sont plus concaves, moins aplanies, terminées par un acumen piliforme plus long, droit, assez fortement denticulées sur le contour du tiers supépérieur. — H. les montagnes des Vosges.
A ces formes mieux caractérisées et plus répandues dans nos contrées, il faut ajouter comme variantes du type les varr. b. tenellum et g. laxum de M. Sch. Bryol. et Syn ., qui croissent dans les forêts, sur les troncs pourris et frais. Plantes robustes ; feuilles concaves, moins aplanies t oblongues-lancéolées, assez longuement acuminées (acumen droit). Capsule cylindrique, arquée. Opercule convexe-conique, subobtus ou apiculé.
Sur les troncs pourris de chênes, aux lieux secs exposés au soleil, on trouve encore une forme grêle. Tige déprimée , flexueuse, souvent atténuée, peu divisée, courte; long. 10 — 15 millim. Feuilles imbriquées, concaves, légèrement aplanies, finement acuminées, denticulées sur le contour supérieur; nervure bifurquée, mince et courte; cellules uniformes, allongées. Plante stérile. Elle semble répondre au Plagiothecium Schimperi Jur. et Milde (Bryol. siles. p. 315). Nous l’avons constatée à la Hazelle, près de Vagney\
Toutes ces formes ont en commun, par rapport au H. sylvaticum, un’ feuillage à reflets plus brillants, formé de cellules
HYPNUM PILIFERUM .
deux fois plus longues, plus étroites, une inflorescence toujours monoïque; des fol. involucrales à demi engainantes, une capsule toujours lisse, moins resserrée sous l’orifice, un opercule jamais longirostre. En revanche, le H. sylvaticum offre fréquemment une inflorescence monoïque , parfois une capsule presque lisse , un opercule brièvement acuminé, etc., de telle sorte que les variations des deux espèces, souvent parallèles, se croisent, dans certains cas, par plusieurs de leurs caractères.
Le H. denticulatum est commun sur la terre, les racines des arbres dans les haies et les bois, dans les fissures des rochers, sur tous les terrains, à toutes les altitudes, mais plus particulièrement dans les Vosges granitiques et arénacées; il semble rare dans le Jura et sur le calcaire jurassique lorrain ; la var. a. densum se trouve dans les anfractuosités des rochers secs et élevés de granité et de grès vosgien.
Hypnum piliferum ( Leskea pilifera Sw.); Plagiothecium piliferum Sch. Bryol. eur. t. 496; Hypnum trichophorum R. Spruce, C. Müll.
Espèce assez voisine du H. denticulatum. Monoïque. Tige peu stoloniforme ; touffes denses, déprimées. Feuilles imbriquées, moins aplanies , concaves , irrégulièrement plissées, ovales, terminées par un acumen piliforme-flexucux, révolu tées et entières aux bords. Fol. de l’involucre engainantes ; capsule dressée ou légèrement oblique, droite ou peu arquée, ovale-oblongue. Opercule conique ; lanières du péristome internes souvent déchirées sur la carène; 1 — 2 cils rudimentaires.
Parois surplombantes des rochers granitiques ombragés, dans la vallée de Jéret, Pyrénées (R. Spruce) ; se retrouve aussi en Suède et en Norwége.
M. Schimper {Bryol. eur . t. 495) signale encore sous le nom de Plagiothecium lœtum une plante très semblable à la var. densum du H. denticulatum. Rameaux dressés, fragiles; feuilles ovales, moins aplanies, parfois légèrement homotropes, très entières, terminées par un acumen plus long et plus fin. Capsule presque dressée, ovale-oblongue, resserrée sous l’orifice à l’état sec; dents du péristome largement marginées; cils nuis. Floraison monoïque. L’absence de cils et le peu d’élévation de la membrane du péristome interne pourraient faire ranger cette plante dans le genre Leskea. — Alpes de la Rhétie.
Observation. Le Plag. {Hypnum) Arnoldi Milde Bryol. sil. p. 318, ne semble être qu’une forme du H. denticulatum.
1er GENRE : HYPNUM.
D. Feuilles dressées , étalées ou recourbées en tous sens, uniformément autour de la tige, ou à peine bomotropes, aiguës ou acuminées. (Espèces 89 — 107.)
f . Feuilles munies d’une nervure unique, atteignant le sommet ou au moins le milieu. (E. 89 — 100.)
o. Nervure atteignant le sommet des feuilles, ou à peu près ; pas de plis profonds. (E. 89 — 91.)
89, Hypnum irriguum Hook. et Wils. Brijol. brit. p. 861 ;
Amblystegium irriguum Bryol. eur t. 566 (.4. fluviatile) ;
Hypnum fluviatile Stirp . n° 625.
Tige grêle, raide, couchée, se fixant par de petits paquets de radicules peu apparentes, plus ou moins longuement dénudée à la base, irrégulièrement divisée en plusieurs branches plus ou moins parfaitement pennées; rameaux redressés ou procombants, ordinairement atténués, grêles; long. 4 — 8 centim. Plante formant des tapis souvent étendus ou des touffes flottantes, dures, enlacées, d’un vert gai à la surface, passant bientôt au vert foncé ou olivâtre. Feuilles ovales, décurrentes et un peu dilatées, auriculées à la base, médiocrement et assez largement acuminées, munies d’une nervure épaisse qui s’avance jusqu’à l’extrémité de l’acumen, ou se dilate et s’éteint un peu au-dessous, à peine denticulèes , sinuolées aux bords, étalées, concaves, se crispant un peu par la sécheresse; long. 1 1/2 millim., larg. 2/3 millim. Les feuilles raméales oblongues-lancéolées, acuminées, n’ont pas d’oreillettes sensibles. Cellules remplies de chlorophylle, celles des angles un peu plus grandes, rectangulaires, carrées ou un peu allongées ; les autres hexagonesrhomboïdales, ou oblongues-anguleuses, 4 — 8 fois aussi 1. q. 1. Fol. de l’involucre, 10 — 15, ovales, acuminées, dressées, les intimes oblongues, munies d’une large nervure ; 10 — 15 archegones; paraphyses grêles et courtes. Vaginule oblongue, épaisse. Pédicelle assez ferme, pourpre à la base, jaunâtre au sommet, dressé, flexueux; long. 15 — 25 millim. Capsule subcylindrique, légèrement obovée, bombée , fortement arquée, surtout après la sporose, horizontale, étranglée sous l’orifice à l’état sec ; long. 3 — 3 1/2 millim., diam. 1/2 — 1 millim. Opercule convexe aigu ou apiculé. Un anneau formé de plusieurs séries de petites cellules. Péristome d’un jaune pâle ; dents légèrement lamellifères ; lanières très étroitement ou pas ouvertes sur la caréné ; 2 — 3 cils longs, noduleux, papilleux. Fleurs mâles sur les ra-
89 BIS. HYPNUM FLUVIATILE.
raeaux ascendants de la même plante, très petites; 5 — 6 fol. largement ovales-concaves, énerves; 8 — 12 anthéridies oblongues, courtes ; quelques paraphyses. — Juin-juillet.
C. Sur les pierres, dans les ruisseaux et les torrents de toutes les Vosges granitiques etarénacées, en plaine et dans la montagne. Rare dans les terrains calcaires. Lesquereux ne l’indique pas dans le Jura. Rarement fertile; nous l’avons trouve' chargé de capsules, à la cascade de Miraumont, près de Remiremont, à Wissembach, près d’un moulin, à Retournemer, etc. — Répandu dans tout le reste de la France, çà et là, particulièrement sur les terrains siliceux et dans les montagnes inférieures ou moyennes.
89 bis. Hypnum fluviatile Swartz Musc, suec.; Wils.
Bryol. brit. p. 360; Bryol. eur. t. 567.
Wilson, créateur de l’espèce précédente, attribue au H. fluviatile les caractères distinctifs suivants : « Branches couchées, simples , atteignant un pouce de longueur, souples et molles ; feuilles ovales ou elliptiques-lancéolées, nullement auriculées, ni décurrentes à la base, aiguës, d’un vert luride, d’une texture plus épaisse que dans l’espèce voisine ; les cellules plus étroites. La capsule est presque dressée, simplement inclinée, légèrement courbée, plus étroite, deux fois aussi longue que dans le Hyp. irriguum, moins contractée sous l’orifice à l’état sec, ses parois d’un tissu plus épais. L’anneau est plus étroit, adhérent à l’opercule. Celui-ci plus étroit, plus aigu. Les dents du péristome plus étroites, plus colorées, d’un rouge brun, plus lamellifères.» D’autre part, dans notre description du H. irriguum, faite d’après des échantillons provenant des Vosges, nous avons désigné par dés italiques les caractères que Wilson regarde comme pouvant servir à distinguer cette espèce du H. fluviatile Sw. Toutefois nous devons déclarer qu’après une étude attentive d’un grand nombre d’échantillons recueillis dans nos contrées, les différences signalées plus haut ne nous semblent nullement spécifiques. Du reste, la plus grande confusion règne dans les auteurs sur ce point. Le H. fluviatile de Swartz nous paraît constituer un type spécifique très variable, analogue au H. rusci forme ; il embrasse les deux formes distinguées spécifiquement par Wilson, et même plusieurs autres encore. Outre le type décrit plus haut sous le nom de II. irriguum, signalons encore : 1° une variété croissant dans un ruisseau près deSaint- Dié et caractérisée par ses touffes molles, flottantes, d’un vert foncé ou jaunâtre, passant au noir; branches allongées (4 — 5 centim.) , peu divisées; rameaux déprimés, non atténués; feuilles lâchement imbriquées, concaves, larges, oblongues, assez brusquement acuminées, entières, brièvement décurrentes, dépourvues d’oreillettes, munies d’une nervure brune qui s’a-'
1er GENRE : HYPNUM.
vance jusqu’au sommet ; long. 2 1/2 millim., Igrg. 8/4 — 1 millim. Cellules basilaires rectangulaires; les autres hexagones-subrhombées, 3 — 4 fois aussi 1. q. 1. C’est probablement VA. irriguurn v. fallax Sch. Syn. Mais ce n’est pas le H. fallax Brid. ; 2° une autre var. plus raide, à branches allongées, plus grêles, également peu atténuées et peu divisées ; feuilles un peu homotropes, lancéolées, insensiblement rétrécies , acuminées, non décurrentes, sans oreillettes à la base, munies d’une très large nervure qui se continue jusqu’au sommet; long. 1 1/4 millim., larg. 1/4 millim. Sur les pierres inondées dans une rigole à Ivoux, près Corcieux (Vosges). Ces deux formes nous semblent se rapporter au H. fluviatile, tel que l’entend Wilson ; 3° enfin une forme grêle ; branches et rameaux redressés, atténués ; tapis d’un vert foncé à la surface, bruns-ferrugineux à l’intérieur. Feuilles lâehes, molles, crépues à l’état sec, largement ovales, acuminées, décurrentes, superficiellement denticulées ; long. 1 1/4 millim., larg. 1/2 millim. Cellules basilaires carrées, les autres hexagones, 2 — 3 fois aussi 1. q. 1. — Moulin de Savillon, près Monthureux-sur-Saône.