Bryum argenteum Linn. Spec. pl.; Bryol. eur. t
Stirp. n° 133; Billot, exsicc. n° 3595.
Tige dressée, radiculeuse à la base, innovant sous les fleurs , irrégulièrement dichotome; long. 1 — 3 centim. ; tapis plus ou moins fournis, d’un vert gai, à reflets argentés ou tout à fait blancs d’argent. Feuilles rapprochées, exactement imbriquées, rendant les tiges nettement cylindriques, julacées, largement ovales ou obovées, très concaves, assez rapidement contractées, apiculées ou acuminées , entières, un peu infléchies aux bords, non marginées , munies d’une nervure qui s'arrête au-dessous du sommet; long, environ 3/4 millim.; cellules hexagones-aiguës , courtes, à parois molles, épaisses; les supérieures hyalines; les basilaires rectangulaires et remontant sous cette forme le long des bords. Fol. de l’involucre ovales-lancéolées , acuminées, brièvement nerviées; 8 — 15 archégones; paraphyses peu nombreuses. Vaginule conique. Pédicelle pourpre à la base , pâle au sommet, dressé; long. 10 — 15 millim. Capsule exactement pendante, rarement oblique par la courbure ou la torsion du pédicelle, brièvement oblongue, arrondie à la base, un peu rétrécie sous l’orifice, munie d’un col épais aussi volumineux que le sporange, peu distinct, à la fin d’un pourpre vif ou rouge de sang; long. 1 1/2 millim., diam. 2/3 millim. Opercule convexe, apiculé, ou brièvement conique-aigu. Un anneau formé de trois séries de cellules. Dents du péristome orangées rougeâtres, hyalines au sommet ; lanières à peine ouvertes sur la carène; 2 — 3 cils longs, appendiculés. Spores petites, verdâtres. — Automne, hiver et pendant presque toute l’année.
1 63. BRYUM ARGENTEUM.
Cette espèce, facile à reconnaître, présente des variations nombreuses, mais peu importantes :
b. majus Schimp. — Plante des lieux humides , ombragés. Touffes plus denses, plus élevées ; rameaux allongés, nombreux, d’un vert assez foncé. Feuilles largement ovales , brièvement apiculées, presque mutiques (l’apicule du sommet souvent incurvé) ; les cellules, presque toutes remplies de chlorophylle, ne sont hyalines qu’au sommet de la feuille.
c. lanatum Schimp. — Tige plus courte, plus trapue; touffes d’un blanc pur d’argent. Feuilles courtes, obovées , brusquement terminées par un acumen allongé , souvent flexueux, grêle ; les cellules sont presque toutes hyalines ou au moins dans les 2/3 supérieurs des feuilles. — Forme des murs secs , exposés au soleil , surtout dans les terrains calcaires. D’autres variations portent sur la capsule qui, dans certaines conditions, dans les lieux encombrés , très ombragés , s’allonge , est atténuée à la base et reste verte ou brune ; le pédicelle devient grêle, flexueux; les feuilles sont moins exactement imbriquées, étalées par le sommet.
CC. sur les murs , dans les interstices des pavés , sur les coteaux graveleux , dans les bois sur les places à charbon , au bord des grandes routes , souvent associé au Ceratodon purpureus et au Funaria hygrometrica , comme le fait observer M. Schimper.
164. Bryum atropurpureum Br. Sch. Bryol. eur. t. 378 (Web. et Mohr ?); Bryum erythrocarpon Brid. \ Slirp. n° 832.
Tige courte (5 — 6 millim.), dressée, innovant au-dessous des fleurs; gazons peu étendus, lâches, d’un vert jaunâtre , ou bruns à la surface, rougeâtres et souvent ensablés à la base. Feuilles inférieures et moyennes petites, dressées-étalées, oblongues, brièvement acuminées; les supérieures rapprochées et formant des touffes oblongues gemmiformes au sommet des innovations , plus grandes , ovales-acuminées , concaves, relevées ou même nettement révolutées aux bords, entières (ou 1 — 2 dents très superficielles à la base de l’acumen) ; la nervure dépasse le limbe et forme un acumen subulé , de longueur variable ; cellules basilaires marginales, carrées , les médianes un peu allongées, les autres hexagones, 2 fois aussi 1. q. 1. Fol. externes de l’involucre plus allongées, oblongues, longuement
17® GENRE : BRYÜM.
acuminées, imbriquées, concaves ; 3 — 4 fol. intimes plus petites, ovales -lancéolées, finement acuminées; 10 — 15 archégones; paraphyses nombreuses, assez courtes. Vaginule conique, courte. Pédicelle d’un pourpre foncé , souvent flexueux ; long. 10 — 20 millim. Capsule pendante ou diversement inclinée à la suite d’une courbure régulière , en arc , du pédicelle, brièvement oblongue, renflée, arrondie à la base, d’un rouge foncé, très légèrement resserrée au-dessous de l’orifice, avant la chute de l’opercule, munie d’un col court, épais, peu distinct, à la fin ridé ; long. 2—2 1/2 millim. , diam. 1 millim. Opercule convexe-élevé , très brièvement apiculé. Un large anneau. Dents du péristome jaunes , lamellifères ; lanières larges, très ouvertes sur la carène ; 2 — 3 cils aussi longs , appendiculés. Fleurs mâles sur une plante distincte, plus grêle; fol. involucrales peu nombreuses, ovales, acuminées, imbriquées; anthéridies brièvement oblongues (6 — 8); paraphyses plus longues. Les feuilles, à la base, et tous les organes floraux, anthéridies, archégones, etc., sont colorés en rouge vif. — Juillet-août.
Répandu dans les sables d’alluvion siliceuse compénétrés de carbonate de chaux. C. dans toute la plaine d’Alsace et dans les Basses-Vosges, même sur les collines inférieures , par exemple au Hohe-Barr , près de Saverne; se trouve également sur les alluvions de la Meurthe , de la Moselle, au-dessous d’Kpinal (B.) ; dans les bois de Malzéviile , près de Nancy (Godron) ; CC. sur les grès du néocomien dans la Meuse : Bar-le- Duc , Chardogne, Argonne (B.). — Lesquereux ne signale pas cette espèce dans son catalogue — Disséminé dans toute la France.
165. Bryum versicolor A. Braun, in Bryol. eur. t. 379; Stirp. n° 1126.
Cette espèce est très voisine de la précédente ; elle s’en distingue par un pédicelle ordinairement plus long (20 — 25 mill.), par la capsule brusquement pendante , en contact latéralement avec le pédicelle , sans que celui-ci soit régulièrement courbé en arc au sommet ; le col de la capsule est aussi plus court ; l’opercule plus large ; la capsule elle-même plus courte et plus renflée. Les diverses parties de la plante ne sont pas non plus colorées en rouge vif aussi intense. Les autres caractères distinctifs indiqués par les auteurs ne nous ont pas paru constants.
Nous ne connaissons avec certitude que deux localités de cette plante : sables d’alluvion des bords du Rhin , près de Bâle (4. Braun), de Strasbourg (Buchinger), et sur les graviers des bords du Gave de Pau , à Gélos (De Franqueville) ; indiqué aussi à Wœrth (S< hultz) ; dans l’Aude (Roumeguère) , le Tarn (M -D. Jeanb.).