Campylopus turfaceus Br. Sch. Bryol. eur. t
Stirp. n° 1213; Schultz, Fl. Gall. et G. exsicc. n° 99
( Dicr . flexuosum).
Tige dressée, courte (environ 5 raillim.), dichotome, radiculeuse à la base seulement (radicules rouges) ; gazons peu développés, jaunâtres, décolorés à la base. Feuilles dressées, très flexueuses à l’état sec, légèrement étalées, à peine ou nullement homotropes à l’état humide, assez largement oblongues à la base, rapidement contractées, longuement et très finement subulées, canaliculées par l’inflexion des bords, très légèrement denticulées, vertes au sommet; nervure occupant à peine le tiers du limbe vers la base; long. 3 — 3 1/2 millim., larg. 3/4 millim.; cellules basilaires, sur un espace considérable, hyalines, molles, subrectangulaires ou hexagones, mais sans former des oreillettes distinctes ; plus haut, elles sont rectangulaires, puis carrées ou un peu allongées. Fol. florales intimes longuement engainantes, insensiblement rétrécies, très longuement subulées, légèrement denticulées au sommet, munies d’une nervure étroite; 6 — 8 archégones ; quelques paraphyses courtes. Vaginule brune, cylindrique, légèrement oblongue. Pédicelle pâle , courbé comme celui du C. flexuosus ; long. 6 — 7 millim. Capsule assez petite, oblongue, sans col notable, finement plissèe ; long. 1 millim. Opercule convexe-conique , terminé par un bec subulé, oblique. Péristome comme dans l’espèce précédente. Un anneau formé de plusieurs séries de cellules. Spores petites. La coiffe descend jusqu’au-dessous du milieu de la capsule. — Avril-mai.
Répandu dans presque toutes les tourbières des Hautes et des Basses- Vosges; environs de Deux-Ponts (Bruch), Bitche (F. Schultz), Sarrebrück (Winter), Preyé (Lemaire), environs du Tholy et de Gérardmer (B.), Champêtre (Pierrat et B.) ; tourbières du Haut-Jura; lac des Rouges- Truites (B.) ; c’est sans doute cette espèce que Lesquereux indique, par erreur, sous le nom de Cephalogonium flexuosum, synonyme du C. flexuosus. — Calvados (Pelvet), Manche (Le Jolis), Orne (Husnot), Haute- Vienne (Lamy).
34e GENRE : CAMPYLOPÜS.
313. Campylopus fragilis Br. Sch. Bryol. eur. t. 90; Stirp. n° 1212; Schultz j Fl. Gall. et G. exsicc. n° 1189.
Tige dressée , garnie inférieurement d’un feutre radiculaire , brun rougeâtre, peu fourni, très divisée ; rameaux fasciculès , très nombreux (5 — 30), en partie caducs et dont les feuilles trop serrées tombent au moindre conctact; long. 15 — 25millim.; coussinets peu étendus, bombés, ordinairement très denses, à reflets soyeux, verts ou jaunâtres à la surface, décolorés à l’intérieur. Feuilles étroitement lancéolées, rétrécies et longuement subulées , canaliculées par l’inflexion des bords , denticulées vers le sommet seulement, garnies d’aspérités sur le dos , dressées , légèrement étalées , à peine crépues à l’état sec , très serrées; la nervure très dilatée et épaisse , occupe presque les 2/3 du limbe à la base et tout l’acumen; long. 3 1/2 — 5 millim., larg. 1/2 millim. ; vers la base, les cellules sont hyalines, rectangulaires, 2 — 4 fois aussi 1. q. 1.; plus haut, elles sont carrées. De chaque côté de la nervure , on ne compte guère que 6 — 7 séries de cellules à la base. Les feuilles caduques sont plus étroites encore , moins infléchies aux bords , presque entières au sommet, plus courtes. Fol. florales intimes engainantes, puis longuement linéaires-acuminées , canaliculées , munies d’une nervure plus étroite; archégones et paraphyses en petit nombre. Vaginule cylindrique, étroite. Pédicelle replié, en sorte que la capsule est plongée dans les feuilles à l’état humide, tordu, flexueux, plus ou moins redressé à l’état sec; long. 6 — 7 millim. Capsule oblongue, sans col notable, légèrement contractée vers l’orifice , subcylindrique à l’état vieilli , fortement striée, jaunâtre, à la fin brune; long. 1 1/4 — 1 1/2 millim., diam. 1/3 millim. Opercule rougeâtre , conique, terminé par un long bec oblique ou courbé. Un anneau formé de deux séries de cellules médiocres , presque égales , tombant par fragments. Péristome pourpre, convexe-conique ; dents divisées jusqu’au milieu en deux branches subulées, finement papilleuses. Coiffe descendant au tiers ou au milieu de la capsule , longuement ciliée à la base. — Pendant l’hiver et au printemps.
Fissures des rochers , surtout de grès vosgien ; Bruyères , Mont-Repos , où il est fertile (Mougeot), Saint-Dié, de Liitzelbourg à Saverne, hauteurs des environs de Vagney, la Mousse (B.), forêt de Kirkel près de Deux- Ponts (Bruch), Bitche , Steinhach , Dahn , Bobenthal (F. Schultz), Sarrebrück (Winter) ; sur le grès bigarré à Fontenoy- le-Château (B ) ; se rencontre aussi ça et là sur le granité dans les Hautes- Vosges , plus rare. Très rarement fertile. Espèce silicicole , nulle dans le Jura. — Rochers granitiques de la Haute-Vienne (Lamy).
Le Campylopus densus B. Sch. n’est qu’une forme plus élancée, moins ramifiée, de cette espèce.
CAMPYLOPUS POLYTRICHOIDES.
Espèces stériles de la même section.
Campylopus polytrichoides De Not. Syll. n° 301 ; Camp, longipilus Bryol. eur. non Brid. ( saltem ex parte).
Tige raide; long. 20—^30 millim. ; gazons bruns ou d’un vert cuivreux. Feuilles raides, dressées, lancéolées, acuminées , terminées par un long poil hyalin , denté , sillonnées profondément sur le dos de manière à faire ressortir de nombreuses lamelles, non infléchies aux bords; la nervure très large occupe les 2/3 du limbe ; les feuilles inférieures se terminent par une pointe brune ; on remarque à la base , près de ta nervure, et non aux angles externes, un groupe de cellules brunes , enflées , distinctes. Les fleurs femelles sont seules connues.
Lieux secs, rocheux des terrains granitiques ou arénacés ; Fontainebleau (Mérat), Angers (Guépin), Clécy dans le Calvados (Husnot), près de Limoges (Lamy).
Campylopus brevipilus Bryol. eur. t. 92.
Cette espèce est caractérisée par ses feuilles , dont les bords sont étalés, presque renversés et non infléchis , et par une nervure étroite qui n’occupe guère que le 1/4 ou au plus le 1/3 de la largeur du limbe au-dessus de la base; la structure de cette nervure, vue en coupe transversale , est également caractéristique. Elle présente trois ou quatre couches de cellules, dont les externes, de part et d’autre, sont très étroites , lisses , à parois très épaisses, jaunâtres, tandis que les cellules de la couche médiane sont notablement plus grandes et à parois plus minces; on compte 18—20 séries de cellules de chaque côté de la nervure. Du reste la plante ressemble assez au C. flexuosus.
Forêt de Fontainebleau (A. Braun), Bordeaux (Durieu), pacages humides près de St-IIilaire-la-Tour, dans la Haute-Vienne (Lamy), Aude (Roumeguère), Manche : Le Tronquet, Gréville (Le Jolis). — Les échantillons de Saint-Hilaire, que nous avons examines soigneusement, présentent des particularités curieuses. Les feuilles sont relativement larges, presque de d millim. ; la nervure occupe le tiers du limbe au-dessus de la base ; près de ce point, on constate des oreillettes assez distinctes, quoique peu développées et pâles; plus haut les cellules des marges sont très petites , courtes, rhombées ; les touffes sont garnies de radicules rouges ; la plante émet des jets grêles , dont toutes les feuilles sont vertes au sommet , et des tiges plus courtés , renflées , dont les feuilles supérieures sont terminées par un assez long poil blanc, denticulé.
34e GENRE : CÀMPYLOPUS.
Campylopus brevifolius Schimp. Suppl. 1864; C. subulatus Schimp. in Rabenh. Bryoth. n° 451.
« Tige courte, 1 — 2 fois dichotome , radicante à la base seulement. Feuilles courtes , dressées, lancéolées, longuement acuminées , concaves , obscurément dentées tout au sommet ; nervure très large, concave, formée inférieurement de 4 couches de cellules , dont les deux supérieures sont lâches , et les deux postérieures , étroites ; les cellules marginales inférieures sont assez lâches. »
Rochers granitiques , près de Cercenac , dans les environs de Rhodez (De Barreau). Schimp. loc. cit. — Sur les échantillons de ce n° 451 du Bryotheca europœa que nous avons étudiés , les marges des feuilles , à côté de la nervure , se composent de 8 — 10 séries de cellules ; la nervure est finement striée sur le dos -, elle se compose de trois couches de cellules peu distinctes.
Campylopus Schimperi Milde , Bryoth. eur. n° 658.
La plante publiée sous ce numéro a des feuilles très étroites (larg. à peine 1/3 millim.), longuement subulées , canaliculéestubuleuses par l’inflexion des bords , denticulées et vertes au sommet; la nervure occupe les 3/4 du limbe à la base; elle est formée de 3 — 4 couches de cellules, dont la supérieure est hyaline; elle ne laisse guère aux marges que 5 — 7 séries de cellules ; ces cellules sont hyalines ; près de la nervure, elles sont rectangulaires , courtes , à parois transversales épaisses ; celles des bords très étroites et allongées.
La plante queM. Lamy nous a envoyée d’Eymoutiers (Haute-Vienne), sous ce nom , est plus trapue; les feuilles ont 2/3 millim. de large , la nervure est relativement moins large et plus ferme; elle laisse 1 5 séries de cellules libres aux marges ; du reste , le tissu offre des analogies assez frappantes. Le feutre radiculaire rouge-obscur, qui garnit les touffes de cette espèce , est peu fourni dans la plante de la Haute-Vienne. Les tiges sont dichotomes et parfois allongées
35e Genre : Dicranodontium Br. Sch.
Capsule molle , pâle, oblongue ou subcylindrique, sans col distinct , lisse , symétrique. Pédicelle arqué. Coiffe dépourvue de franges à la base. Pas d’anneau. Dents du péristome divisées jusqu’au-dessous du milieu ou même jusque près de la base. Système végétatif comme dans le genre Campylopus ; des oreillettes à la base des feuilles. Fleurs dioïques.