‹ Flore cryptogamique de l'estChapitre 417 sur 634 · Orthotrichum Rogeri Brid. Mantiss . Musc. p · texte numérisé non relu

Orthotrichum Rogeri Brid. Mantiss . Musc. p

Schimp. Suppl.; O. pallens Bruch in Brid. Bryol. univ.;

Bryol. eur.; Stirp. n° 926.

L’histoire de cette espèce est passablement compliquée. En 1819, dans son Mantissa Muscorum, Bridel créait cette espèce sur des échantillons recueillis par Roger sur des troncs de hêtres, dans le Jura. Il lui assignait, comme caractères, des feuilles lingulées , obtuses, molles , d’un vert pâle , munies d’une nervure qui disparaît au-dessous du sommet, une capsule immergée, subcylindrique , allongée; un opercule légèrement convexe , apiculé; un péristome formé de 8 dents bigéminées, pâles, et de 8 cils grêles; une coiffe campanulée, tout à fait glabre. Les auteurs du Bryologia europœa , faute d’échantillons suffisamment complets , hésitèrent à se prononcer sur cette espèce. Dans le Synopsis Muscorum , M. Schimper maintient l’O. Rogeri comme spécifiquement distinct, et il ajoute aux caractères que nous venons de rappeler, d’après le texte de Bridel , les suivants : feuilles oblongues à la base, puis lancéolées-linéaires , obtuses, lisses, révolutées aux bords; anthéridies accompagnées de longues paraphyses. Vaginule sans collerette ; capsule oblonguepiriforme, molle, d’un jaune pâle, non resserrée sous l’orifice à l’état sec; cils du péristome 8, longs , grêles, formés de deux

46e GENRE : ORTHOTRICHUM.

séries de cellules. Cependant M. Schimper, dans un supplément au Bryologia europœa , 1864, déclare que, ayant pu examiner l’échantillon de Bridel , il croit à l’identité de l’O. Rogeri et de l’O. pallens. Cette dernière espèce avait été établie par Bruch , dans le Bryol. universa de Bridel, I, p. 788, et caractérisée par ses feuilles oblongues-lancéolées , obtusiuscules , submucronées ; par sa capsule ovale , immergée , la coiffe glabre , et les cils du péristome 8 ou 16, alternativement plus longs et plus courts. M. Schimper dit encore, dans le supplément déjà cité : « J’ai souvent rencontré une variété très petite sur les troncs des arbustes et des arbres d'ornement des promenades de Baden , et sur les troncs de peupliers près de Bruyères. Cette variété se distingue par la petitesse et la couleur plus foncée de sa capsule, dont l’orifice et les raies sont d’un rouge orangé vif, et les dents du péristome d’un jaune d’or pur : la coiffe est jaune de paille; les feuilles sont très molles, blanches à la base, et moins obtuses que dans la forme type. Je croyais d’abord avoir affaire à une espèce distincte, que je désignai sous le nom d ’auridens\ à la suite de nombreuses comparaisons qui m’ont fait trouver des transitions à l’O. Rogeri , j’ai supprimé cette prétendue espèce. » Nous ajouterons à ce qui précède quelques détails sur l’ancien O. pallens Bruch, la forme la plus répandue dans nos contrées. Tige très courte (3 — 6 millim.) ; coussinets très petits. Feuilles étalées-ascendantes à l’état humide, oblongues lancéolées, aiguës ou subobtuses , révolutées aux bords, au moins partiellement ; la nervure s’arrête près du sommet ; long. *2 1 millim. , larg. 3/4 millim. ; cellules basilaires presque hyalines, à parois minces, rectangulaires , 3 — 4 fois, jusqu’à 8 fois aussi 1. q. 1.; les marginales carrées ; les supérieures arrondies , à parois épaisses, surmontées de papilles saillantes. 6 — 8 archégones ; paraphyses très courtes et rares. Vaginule oblongue, nue, munie d’une collerette élevée. Pédicelle court. Capsule oblongue-pirtforme , atténuée à la base, resserrée sous l’orifice qui est dilaté à l’état sec, après la sporose , fortement cannelée , d’abord pâle, à la fin brune; long. 1 1 fl millim. Dents du péristome hyalines, légèrement divisées au sommet; 8 ou 16 cils. Fleurs mâles : 8 — 10 anthéridies oblongues, longuement pédiculées; paraphyses nulles ou excessivement rares. A la base de la vaginule, on rencontre assez souvent de très petites folioles ovales ou lancéolées. — Printemps.

Sur les troncs des arbres et souvent les branches des arbustes, des buissons, les petites branches sèches des jeunes sapins; Deux-Ponts (Bruch), Sarrebrück (Vinter), dans le Jura, près de Fleurier (Lesquereux), Mougeot l’indique partout ; nous l’avons, en effet, rencontré au Hohneck, à Saint-Dié, dans les environs de Vagney, etc.

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