Scapania undulata N. ab E. Syn. p. 65 ; Jungermannia
undulata Linn. Spec. pl.; Stirp. nos 336, 631, 936, 1137.
Feuilles molles , tendres , diversement étalées ou renversées et crépues à l’état sec, les supérieures successivement plus grandes ; lobe supérieur beaucoup plus petit (de moitié) que le lobe inférieur , dans les feuilles de la base des tiges , mais approchant de l’égaler dans les feuilles du sommet; ces lobes cohérents selon une ligne presque droite , très étalée en dehors, courte , l’inférieur est obové, rétréci , décurrent; le supérieur, trapêzoide , oblique, recouvrant la tige et toute la largeur du lobe inférieur ; ils sont très obtus , arrondis, entiers ou dentésciliés avec toutes les formes de transition. Fol. de l’involucre lâchement imbriquées; lobes obovés, arrondis. Périanthe dressé, dépassant de moitié les fol. de l’involucre , comprimé, tronqué, entier ou sinuolé à l’orifice ; long. 3 — 5 mill. , larg. 1 1 fl — 2 mill. Coiffe piriforme, atteignant les 2/3 du périanthe. Archégones plus ou moins nombreux (5 — 15). Pédicelle épais, hyalin ; long. 10 — 30 millim. Capsule brièvement elliptique, obtuse, noire; long. 1 1/2 — 2 millim. Spores brunes médiocres. — Avril-mai.
Plante excessivement variable , souvent robuste , atteignant 8 — 10 centim., formant de larges touffes ou gazons passant d’un beau vert foncé délicat au pourpre violet. Les vieilles tiges longuement dénudées, raides, noires, sont ordinairement déprimées ou procombantes. Les feuilles sont toutes très entières , ce qui est assez rare, ou les inférieures et les moyennes entières, tandis que les supérieures sont denticulées, ou encore toutes les feuilles sont denticulées , et, dans ce cas, les dents sont plus ou moins saillantes , plus ou moins nombreuses ; du reste , le lobe supérieur est toujours moins denté que l’inférieur. Les lobes inférieurs des feuilles étant déjetés en dessous et les lobes supérieurs
5e GENRE : SCAPANIA.
imbriqués sur eux , il résulte de cette disposition que les tiges sont convexes sur le dos ; cependant parfois le lobe supérieur est plus ou moins étalé ou même révoluté sur le contour supérieur ; les feuilles sont de plus lisses ou ondulées, rapprochées ou espacées, de taille très variable ; long, du lobe inférieur 2 — 3 mill., larg. 1 1/2 — 2 1/4; long, du lobe supérieur 1 1 /2 — *2 millim. ; cellules hexagones tronquées, à parois minces, remplies de chlorophylle; les cellules marginales sont ordinairement carrées.
CC. dans toute la chaîne des Vosges , particulièrement sur le granité et le grès vosgien , sur les pierres très humides ou inonde'es , au bord des torrents et des cascades. C’est particulièrement dans les Hautes-Vosges , aux Ballons , au Hohneck , au Valtin , près des lacs Noir et Blanc , à la cascade de Tendon , que cette espèce présente une foule de variétés. Plus rarement dans la plaine ; sur la terre à Tomblaine près de Nancy (Godron), rochers du calcaire jurassique , à l’Enfer, près de Neufchâteau (B.) ; rare dans le Haut-Jura , la Dole , marais de la Pile (Muller). — Dans toutes les montagnes de France.
13. Scapania uliginosa N. ab E. Syn. p. 67 ; Jungermannia uliginosa Sw.
Tige allongée (1. 3 — 8 centim.); touffes assez raides , d'un brun obscur , ou rougeâtre. Feuilles entières, fermes ; lobe inférieur arrondi, transversalement dilaté, très obtus, convexe, courbé en dessous, surtout par le bord supérieur ; diam. transversal 2 millim. ; lobe supérieur petit , obo \ê-réniforme, très convexe, infléchi sur le contour, imbriqué , très éloigné d’égaler la largeur du lobe inférieur, adhérent à ce dernier selon une ligne très arquée, courte. Les lobes supérieurs, en raison de leur forme, se détachent, sur le dos des tiges, comme deux séries de bosses successives. Fol. de l’involucre peu distinctes, un peu plus grandes. Périanthe dépassant Finvolucre de moitié; il est obové, un peu plissé; l’orifice est lobulé, obscurément denticulé. Plante dioïque. Le Dr Mougeot ( Statist . Vosg.) signale cette espèce dans les Vosges inférieures, sur le grès vosgien, parmi les Sphaignes, dans les marais et sur les rochers humides, sans doute d’après les indications de Hübener ( Hepa ticol. germanica , p. 234). Malheureusement la description qu’en donne cet auteur diffère essentiellement de celle du vrai S. uliginosa donnée par Nees. La plante de Hübener se rapporte probablement à l’espèce suivante, et dans ce cas, le S. uliginosa serait à rayer de la liste de nos espèces vosgiennes. — Il existe au Mont-Dore, en Auvergne (Lamy) ; sur la plante de cette localité, le lobe inférieur est parfois très finement denticulé.