Jungermannia alpestris Schleich. ; N. ab Es. E. Leb
II, p. 104; Stirp. n° 1039; Gottsche et Rabenli. Hep. eur.
n° 304, fig.
Tige grêle, déprimée, garnie de radicules peu fournies, rares ou nulles sur des espaces considérables , diversement redressée , contournée, flexueuse, divisée; innovations fréquemment fasciculées (2—4), divergentes; long. 10 — 20 millim. ; tapis plus ou moins étendus , fournis, passant d’un vert obscur,
6e GENRE : JUNGERMANN1A.
noirâtre, au brun rougeâtre ou orangé. Feuilles assez denses, insérées obliquement , très étalées dès lu base, redressées par le sommet, concaves , (mais non courbées en gouttière), orbiculaires , rétrécies aux deux extrémités, à bords latéraux très convexes, émarginées au sommet; sinus peu profond , parfois superficiel, descendant à peine au 1/4 ou au 1/5, arrondi ou faisant un angle très ouvert ; lobes courts , incurvés, concaves, variables , arrondis , subaigus, ou un lobe aigu et l’autre obtus ; parfois encore on remarque 3 lobes courts au sommet des feuilles; diam. 3/4 — 1 millim. ; cellules médiocres , subhexagones , moins arrondies que dans le J. ventricosa , à parois fermes ; espaces intercellulaires souvent très étroits. Le sommet des feuilles se trouve fréquemment corrodé , denticulé par la chute de granulations étoilées. Pas d’amphigastres. Fol. intimes de l’involucre élargies, dressées, 2 — 3 — lobées au sommet ; lobules souvent inégaux, denticulés ou sinuolés, aigus; sinus plus profond; ces folioles sont ordinairement cohérentes au bord postérieur par l’intermédiaire d’un lobule qui représente un araphigastre. Périanthe allongé, oblong, plissé dès le milieu (4 — 5 plis médiocres), denticulé à l’orifice. Capsule brièvement elliptique. Plante dioïqu?. Fol. des fleurs mâles plus allongées , très concaves à la base; 2 — 3 anthéridies globuleuses, médiocres, à l’aisselle de chaque foliole; épis mâles d'un rouge vif.
Fissures des rochers et sur les blocs isole's , au milieu des mousses, dans les endroits en grande partie découverts , mais où il se conserve un peu de fraîcheur; région alpestre des Hautes-Vosges ; Bresoir, Tanache , Hohneck (Mougeot, B.), Rotabac (B.), AC. mais toujours stérile ; indiqué par Nees dans les Basses- Vosges. — Au dessous du pic du Saney , au Mont- Dore (Lamy), probablement dans les Alpes et les Pyrénées
Observations. Dans la région alpestre des Hautes-Vosges, comme probablement dans les Alpes et les Pyrénées , on rencontre des formes incertaines , stériles , qui oscillent entre les J. ventricosa et alpestris. Nees résume, dans les termes suivants , les caractères du J. alpestris , en vue de ces formes si difficiles à définir :
1. L’inflexion rapide des lobules des feuilles après l’évaporation de l’eau qui les tenait étalées ;
2. La forme concave de ces mêmes feuilles sur les tiges fertiles , tandis qu’elles sont étalées et planes sur les tiges fertiles du J. ventricosa ;
3. La grande variabilité du sinus; dans le J. ventricosa , il est, du reste, plus large, formant un angle beaucoup plus ouvert , obtus ;
4. La structure plus raide et la coloration propre des feuilles,