Lophocolea heterophylla A. ab Es. E. Leb. Il , p
Jungermannia heterophylla Schrud. Journ. I , p. 66 ; Stirp. n° 535.
Tige exactement appliquée, fixée par des radicules hyalines, abondantes, plus ou moins divisée, courte ; long. 5 — 20 millim. ; tapis peu étendus, d’un vert assez foncé ou pâle. Feuilles rapprochées, se recouvrant en partie, subhorizontales, convexes en dessus, ou demi- verticales , redressées, surtout vers l’extrémité des tiges , ovales se rapprochant de la forme carrée, à peine décurrentes, arrondies , un peu rétrécies aux angles externes du sommet , simplement rétuses ou légèrement émarginèes ; les inférieures , au contraire, bilobées ou bidentées ; sinus et lobules variables; sinus généralement ouvert; les lobes courts, aigus ou obtus ; long. 1 1/4 mill., larg. 1 mill. ; cellules subhexagones. Amphigastres rapprochés, légèrement étalés, obovés, divisés jusqu’au 1/3 inférieur ; lanières linéaires ou laucéolées-acuminées, garnies, en dehors vers la base, d'une petite dent plus ou moins saillante; sinus ouvert, arrondi ; ces amphigastres sont relativement très grands Fol. supérieures de l’involucre émarginées au sommet, ou profondément bifides et denticulées au sommet; ces dernières le pins souvent dresséesappliquées , tandis que les autres sont renversées. Périanthe terminal, brièvement obové , oblusément Irigonc , trilobé; lobes peu profonds, arrondis , garnis de 3 — 6 dents irrégulières; long. 2 mill., diam. 3/4 mill. Pédicelle long de 15 — 20 mill. Capsule petite, brièvement elliptique ; long. 3/4 mill. Spores très petites, d’un jaune foncé. — Mai.
Répandu dans toute la chaîne des Vosges , sur les troncs pourris dans les forêts , particulièrement dans les lieux escarpés et frais , C. dans les Hautes-Vosges ; disséminé, quoique plus rare, dans le Haut-Jura : Salève, Dôle (J. Millier), Suchet (B.) — Probablement dans toutes les montagnes de France. Les tiges grêles de cette espèce ont des feuilles subrectangulaires , aplanies ; sinus et lobes aigus.
Observations. Le Lophocolea vogcsiaca N. ab E. E. Leb. II, p. 348, ( Jungermannia Floloviana et vogesiaca Hübn. Ilepat. p. 149), est une espèce très problématique. Hübener dit avoir trouvé cette plante dans les marais tourbeux des Vosges, en société du Hypnum stramineum ; mais il n’indique pas de localité précise. Voici la traduction de la diagnose qu’il en donne. « Tige procombante, divisée, flexueuse, radiculeuse en dessous; feuilles imbriquées, décombantes, horizontales, insérées obliquement , ovales- suborbiculaires , planes, oblusément émarginées, ascendantes au sommet, d’un vert luride ; amphigastres aigus , bifides , dentés à la base. Organes de fructification terminant des
9e GENRE : HARPANTHUS.
rameaux ascendants, radiculeux ; folioles de l’involucre plus grandes , dressées , émarginées-trifides ; périanthe oblong , subtrigone, comprimé et brièvement denté à l’orifice. » Nees, qui rapporte au genre Lophocolea le Jungermannia vogesiaca de Hübener, n’avait pas vu cette plante. Elle est demeurée inconnue à tous les botanistes qui ont exploré nos régions.
9e Genre : Harpanthus N. ab E.
Un rameau fertile distinct , très court, naissant à la face inférieure des tiges , arqué, redressé, radicant; folioles de l’in volucre peu nombreuses et peu développées. Périanthe obové ou oblong-subcylindrique , tabulé à l’orifice ; lobules entiers ; coiffe incluse , adhérant presque entièrement au périanthe , et donnant à la moitié inférieure de ce dernier un aspect charnu caractéristique. Le reste comme dans le genre Jungermannia. Feuilles décurrentes , étalées, bilobées; des amphigastres nombreux, grands, ovales-acuminés , entiers ou faiblement dentés.