‹ Flore de Loir-et-Cher, comprenant la description, les tableaux synoptiques et la distribution géographique des plantes vasculairesChapitre 75 sur 265 · ROSACÉES · texte numérisé non relu

ROSACÉES

Fleurs régulières, synoïques, très-rarement dioïques ou poly- He Périanthe : formé d’un calice et d’une corolle qui fait éfaut dans quelques genres; calice adhérent à l'ovaire ou libre, à » divisions ou lobes (rarement plus, ou moins), réunis à la base, tantôt très-brièvement, tantôt assez longuement et formant “ci

un tube; un disque à bords entiers ou un peu lobés, tapissant

l'intérieur du tube calicinal; pétales insérés sur le bord du

disque, en nombre égal à celui des divisions du calice et tout

fait libres. Androcée : étamines insérées sur le disque, en « nombre quelquefois défini (1 à 12), mais le plus souvent D © 2

fini et placées sur 2 ou plusieurs rangs ; antheres biloculaires,

déhiscence longitudinale. Gynécée: formé d’un seul ou de plusieurs carpelles uniloculaires, libres ou plus ou moins réunis entre eux et adhérant au tube du calice, à la gorge ou à la base duquel ils sont insérés, sessiles ou stipités ; styles en nombre égal à celui des carpelles, libres ou plus rarement réunis à la base; stigmate capité ou ponctiforme ; 2 ovules dans chaque carpelle, rarement plus; fruits d’apparences très-diverses, libres ou

complétement enfermés dans le tube calicinal, drupacés, ou

bacciformes, ou capsulaire et alors à déhiscence loculicide ou septicide; graines dressées ou pendantes. — Herbes annuelles, arbrisseaux ou arbres à feuilles simples ou composées, munies souvent de stipules ; inflorescence variée.

Famille très-naturelle, mais formée de genres dont les relations ne sont pas toujours d’une appréciation facile ; l’interprétation des organes floraux a donné lieu à beacoup de controverses. Les Rosacées, dans nos régions tempérées, fournissent à lalimentation les fruits les plus délicats, mais qui, presque tous, ont une origine étrangère.

TABLEAU DES GENRES

A. Ovaire supère. (Ex. : le Prunier; l’'Amandier).

a. Calice simple, à 5 divislons ou lobes, (Ex. : le Pêcher).

+ Un seul carpelle dans chaque fleur.

Feuilles simples ; fruit drupacé; arbres ou arbrisseaux . , . PRUNUS 98.

71 Plusieurs carpelles dans chaque fleur.

Feuilles imparipennées ; fruits capsulaires ; herbes. . . . . SPIRÆA su

Feuilles ternées ou digitées, rarement imparipennées; fruits constitués par de petites drupes agglomérées; tiges frutescentes munies d’ai- Re A ei < -n ja -mafée na /à. late: et @ Cr IRIS 100.

b. Calice accompagné d'un calicule formé par des bractées en nombre égal à celui des divisions calicinales et alternant avec elles. (Ex. : le Fraisier).

Style allongé, géniculé au milieu après l’anthèse, velu dans sa moitié DRE IEUES 5 A neue ee SD SR: D hu Sd en toe PO eh TR E SMES

Style presque nul; carpelles placés sur un réceptacle charnu à la maturité. . Jo it EE | Te O7 Ris Se. s,124 8) © L . + Le. 077 FRAGARIA 102.

Style presque nul; carpelles placés sur un réceptacle sec ou spongieux. POTENTILLA 103.

B. Ovaire infère, plus ou moins complétement enfermé dans le tube calicinal. (Ex. : le Rosier, le Pommier).

a. Périanthe tétramère ; pétales nuls. (Ex. : la Pimprenelle).

Feuilles imparipennées ; lobes du calice sans bractéoles intermédiaires formant un calicule © + MUR) Sie ST To e > Mi 58/0 SANGUISORBA 404,

Feuilles cunéiformes trifides; une très-petite bractéole alternant avec chacun des lobes du calice et formant un calicule. . ALCHEMILLA 105.

b Périanthe pentamère ; fleurs pourvues de pétales.

+ Plante herbacée.

Feuilles imparipennées ; tube du calice hérissé sous le sommet de soies crochues ; pétales jaunes. , . , . . .« . . + . + + + : , AGRIMONIA 196.

++ Arbres ou arbrisseaux.

* Styles nombreux, libres ou réunis en colonne.

Fruits constitués par de petits achancs renfermés dans le tube calicinal]; sous arbrisseaux munis d’aiguillons . . . . . , . , « . « « < ROSA 107

* 7 à 5 styles.

Fruits renfermant un endocarpe mince ou parcheminé, à 2-5 loges con- … tenant chacune 1 ou 2 graines ; fleurs en corymbe . . . . . . PIRUS 108.

Fruit renfermant un endocarpe parcheminé, à 5 loges contenant chacune 5-7 graines ; fleurs solitaires, . . . . . . CYDONIA (en note).

Fruits renfermant 2 noyaux osseux ; fleurs en corymbe . CRATÆGUS 4109, Fruits renfermant 5 noyaux osseux ; fleurs solitaires . . , MESPILUS 110.

G. 98. PRUNUS. (Prunier),

Calice à 5 lobes caduques ; 5 pétales ; étamines en nombre indéfini; 1 style terminant un carpelle unique; fruit drupacé renfermant un seul noyau très-dur. — Arbres ou arbrisseaux à feuilles alternes, simples, dentées.

307. Pr. spinosa L,. sp. 681. Lefr. cat. 10; Em. Martin cat. 96. (Pr. épineux). Vulg. Prunellier ; Epine noire. — Arbrisseau revêtu d’une écorce brune ou presque noire; rameaux épineux, pubescents dans leur jeunesse; feuilles à vernation enroulée, petites (4 à 5 cent.), oblongues, d’abord un peu velues, puis promptement glabres; bourgeons fiorifères solitaires ou fasciculés, souvent uniflores; pédoncule glabre ; pétales blancs ou un peu verdâtres, de forme assez variable, obovales ou oblongs ; fruit glabre, bleuâtre ou violacé et couvert d’une poussière pruineuse, ro assez petit, égalant à la maturité environ 10 mill. de

lam. %.

— Avril. Bois et buissons. CC.

Distrib. géogr. — Toute l’Europe, excepté dans l’extrème nord ; la Tauride, le Caucase et la Perse; Afrique sept. |

309. Pr. fruticans Weihe bot. Zeit. 9. 748. Em. Mart. cat. 9%6. (Pr. arbrisseau). — Très-voisin du Pr. spinosa, mais constituant un arbuste plus élevé, ne formant point de larges buissons et croissant souvent isolément. Il s’en distingue en outre par ses pédoncules ordinairement un peu pubescents, au moins durant la floraison ; par ses feuilles plus grandes (6 à 8 cent.), conservant longtemps leur villosité; par ses fruits moitié plus gros (15 à 16 mill. diam.) à la maturité.

— Avril. Buissons, bords des eaux. Çà et là autour de Romorantin et dans les communes environnantes (Em. Martin). Cheverny! Cour-Cheverny! Les Montils ! Blois! ; AR. dans le Perche (Legué),

Distrib. géogr. — L'Europe tempérée.

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310. Pr. Insititia L. Sp. 680. (Pr. enté). — Arbrisseau pouvant atteindre 4 à 5 m., à jeunes rameaux, couverts d’une fine pubescence veloutée persistant longtemps; feuilles ovales elliptiques, assez grandes (6 à 10 cent.), velues, surtout en dessous sur les nervures ; bourgeons florifères ordinairement bifiores, pédoncules couverts d’une pubescence fine et serrée qui manque rarement; fleurs blanches ; fruits violacés, sphériques, assez gros à la matu-

rité (diam. 20 mill. env.).

— Mars, avril. Bois et buissons. AR. Cour-Cheverny (Lefrou) ; coteau de la forêt de Russy entre Chaiïlles et St-Gervais! (Monin). Paraît-être assez AC. en Beauce : coteau de la Cisse, entre Averdon et St-Bohaire! St-Léonard!

Distrib. géogr. — L'Europe australe et tempérée, jusque dans les provinces méridionales de la Suède; Asie mineure, jusque dans le Caucase et la Perse ; Afrique sept. .

Observ. — Le Pr. Insititia paraît être le type sauvage de diverses espèces de Pruniers cultivés, entre autres du Prunier Reine- Claude, du Prunier d'Agen, du Prunier de Ste-Catherine, dont les fruits présentent de si nombreuses variations de forme et de couleur, qui peuvent être elliptiques ou subglobuleux, verts, ou violacés, ou bleuàtres, ou même jaunes.

Le Prunus domestica L. se distingue difficilement du Pr. Insititia ; il n’en diffère que par l’absence de poils sur les jeunes rameaux, et ne paraît pas être réellement indigène en Europe, bien qu’on l’y trouve sous des formes variées à l’état subspon tané ; il est la souche du Prunier de Damas et de tous ses dérivés. Sa patrie d’origine est la Perse et la région Pontique.

D’après Ruprecht, le Prunier Mirabelle serait issu du Prunus divaricata Ledeb., qui croit spontanément dans le Caucase et la Perse. C.-K. Koch lui réunit le Pr. cerasifera Ehrh., dont le fruit est également globuleux, mais rougeâtre ; j'en ai vu 2 individus dans une haie bordant la route de Blois, à Cour-Cheverny, près de la Bijourie. Son fruit a tout à fait la forme et la dimension d’une cerise.

Le Pêcher (Prunus Persica L.; Persica vulgaris Mill), ne diffère des Pruniers que par ses fruits qui sont souvent brièvement pubescents, veloutés et renferment un noyau creusé de sillons profonds et irréguliers ; les feuilles sont condupliquées longitudinalement dans leur jeunesse. Il est probablement spontane dans la Perse et dans le Caucase, et M. l’abbé Arm. David l’a trouve dans la Mongolie. Ses variétés sont très-nombreuses; dans quelques-unes le noyau se sépare naturellement en 2 parties.

/ Le Brugnon est une pêche, dont la drupe est glabre à la surace.

L’Amandier (Prunus Amygdalus ; Amygdalus communis L.), ne. diffère du Pêcher que par son fruit comprimé et par la nature de sa drupe, qui n’est pas comestible. Il est originaire de l’Antiliban, de la Transcaucasie, de la Mésopotamie, de la Perse et du Turkestan et se retrouve tout à fait spontané en Algérie.

L’Abricotier (Prunus Armeniaca L.; Armeniaca vulgaris Lamk.), ne peut également être séparé génériquement des Prunus; il ne se distingue du Pêcher que par son noyau dont les faces sont lisses et par les feuilles roulées longitudinalement dans leur jeunesse. Il croît spontanément dans tout le Caucase et dans les provinces transcaucasiques.

311. Pr. avium L. sp. 680. Lefr. cat. 10; Em. Martin cat. 77. Pr. des oiseaux). Vulg. Mérisier. — Arbrisseau ou grand arbre, à écorce rougeûtre avec l’épiderme gris se détachant en plaques

us de

minces; pétioles pourvus au sommet, ou tout à la base du limbe,

de 2 glandes rouges ou brunes; feuilles à estivation condupli-

an ovales ou obovales un peu acuminées, plissées, doublement entées et un peu pubestentes en dessous; fleurs blanches, fas-

ciculées, naissant avec les feuilles; fruit ovoïde ou subglobuleux,

-petit (8 à 10 mill. de diam.), d’un rouge vif, devenant presque noir à la maturité, dépourvu à la surface de poussière pruineuse, à saveur douce sans mélange d’acidité. %.

— Avril, mai. Bois, surtout dans le voisinage des eaux. AC., mais RR. dans l'arrondissement de Romorantin, d’après M. Em. Martin, qui ne l’a observé qu’à Pierrefitte.

Distrib, géogr. — L'Europe australe et tempérée, jusque dans les provinces méridionales de la Suède et de la Norwége; région Pontique et Perse; Afrique boréale.

Observ. — Les Guignes et les Bigarreaux sont issus du Pr. avium ; mais les nombreuses variétés de Cerises sortent du Pr. Cerasus L., qui diffère de l’espèce précédente par ses fruits toujours plus ou moins acidulés, par ses feuilles glabres dans leur Jeunesse et dont le pétiole est dépourvu de glandes au sommet. Il n’est pas certain que le Pr. Cerasus croisse spontanément dans la Transylvanie, la Tauride et même dans le centre de la France (Cf. Lamotte Prodr. p. 238); mais il paraît bien réellement indigene dans les montagnes de la Macédoine, dans l’Anatolie et surtout dans les provinces transcaucasiques.

Les espèces suivantes, fréquemment cultivées, appartiennent encore au groupe des Cerasus, c’est-à-dire que leurs feuilles sont condupliquées longitudinalement dans leur jeunesse et leurs fruits dépourvus de poussière pruineuse à la surface.

— Prunus Mahaleb L., connu sous le nom de Ste-Lucie; ses fleurs sont disposées en grappes corymbiformes; ses feuilles un peu coriaces, d’un vert pâle, dentées, en cœur à la base et courtement ovales, presqu’arrondies. Cet arbrisseau se naturalise facilement : rochers bordant la côte de St-Gervais, près Blois; rochers de la Chaussés-$St-Victor; Romorantin à la Maison-Blanche et à la Gascetière; bois d'Uchigny, près Vendôme.

— Prunus Padus L. (Pr. à grappes); ses fleurs sont disposées en longues grappes simples, cylindriques et souvent pendantes; ses feuilles minces, d’un vert clair, sont bordées de dents sétacées très-rapprochées; elles tombent tous les ans. Le Pr. Padus croît spontanément dans la région un peu montagneuse de presque ME l'Europe tempérée et s’avance même assez haut dans le nord.

— Le Prunus Lusitanica Loisel., vulg. Laurier de Portugal, et le Pr. Laurocerasus, connu sous le nom de Laurier Cerise, ont leurs

fleurs disposées en grappes simples, comme dans l’espèce précédente, mais leurs feuilles sont très-coriaces, d’un vert sombre, bordées de dents écartées, et en outre elles persistent durant plusicurs années. Le premier est originaire du Portugal et de Madere; le second est indigène dans la Perse, le Caucase, la région Pontique et jusqu'aux environs de Constantinople; le Prunus Colchica (Laurier Colchique) n’est qu’une variété à grandes feuilles du Pr. Laurocerasus.

Fleurs disposées en grappes allongées. . .......,...,. 12. Fleurs solitaires ou géminées, ou fasciculées, ou en corymbe. . 2,

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