CARDAMINE L
Calice égal à la base. Pétales égaux, entiers. Stigmate petit, entier. Silique linéaire, comprimée par le dos ; valves planes, dépourvues de nervure dorsale, se roulant en dehors avec élasticité au moment de la maturité. Graines unisériées, comprimées, rarement ailées, suspendues à des funicules filifornes. Cotylédons plans, ‘ovales, entiers ; radicule latérale.
1. CG. pratensis Z. Sp. 915. (Cardamine des prés.) — Calice lâche, à sépales ovales, scarieux au sommet. Pétales à limbe étalé, obové, à onglet court et ailé. Siliques étalées-dressées, à peu près aussi longues que les pédoncules, Graines ovoïdes, brunûtres. Feuilles pinnatiséquées ; les radicales longuement pétiolées, à segments pétiolulés, ovales ou arrondis, brièvement ciliés, le supérieur plus grand, sou-
vent réniforme ; les caulinaires supérieures à segments liné-
aires et entiers ; pétiole sans oreillettes à la base. Tige dressée, un peu flexueuse, arrondie, simple, peu feuillée. Souche hor izontale, prémorse, émettant des stolons. — Plante presque glabre ; à fleurs grandes, élégantes, blanches ou lilas, disposées en grappe simple ou quelquefois rameuse.
Commun dans les prés, les bois humides de tous les terrains. cn Avril-mai.
. C. amara. Z. Sp. 915. (Cardamine amère.) — Calice T0 à sépales ovales, sci ieux au sommet. Pétales à limbe étalé, obové, atténué peu à peu en onglet court et ailé. Siliques étalées, presque aussi longues que les pédoncules. Graines ovoïdes, brunes. Feuilles pinnatiséquées, à 2-4 pures de segments obovés et sinués-dentés ; pétiole sans oreillettes à la base. Une ou plusieurs tiges dressées, flexueuses, sillonnées-anguleuses, simples, très-feuillées. Souche rampante, munie de stolons. — Plante glabre ou
velue ; fleurs grandes, blanches, plus rarement violettes, disposées en grappe rameuse ; anthères violettes.
Commun au bord des ruisseaux dans les vallées de la chaîne des Vosges sur le grès vosgién. Plus rare dans les terrains d’alluvion. Nancy, à Montaigu, le Montet, prairie Saint-Jean, Pixerécourt, Fonds de Toul (Soyer- Willemet) ; Méréville (Besch). Vis-à-vis (Chaudeny (Briard); Pont-à- Mousson ; Château-Salins (Léré) ; Rosières-aux-Salines; Metz, sur la Cheneau, vallous de Saulny, de Lorry, de Montvaux, au Polygone (Holundre) ; vallée de Maule (Taillefert) ; Kédange et Rosselange (Barbiche.) Saint-Mihiel (Léré); Commercy, à l'étang de Vignot, la cense d’Aulnois (Maujean) ; forêt d’Argonne (Do:sy). Mirecourt, au bois de Bazoilles (KReuss). La forme à fleurs violettes à Rosières-aux-Salines (Suard). %. Avril-mai.
3. C. impatiens Z. Sp. 914. (Cardamine impatiente). — Calice lâche, à sépales linéaires-oblongs. Pétales trèscaducs, ou même avortés, à limbe étroit, obové, dressé, à onglet court. Siliques très-grèles, roides, étalées, 2-3 fois plus longues que les pédoncules. Style grèle, conique. Graines petites, ovoides, jaunâtres. Feuilles pinnatiséquées ; segments nombreux, ciliés, mucronulés, la plupart incisésdentés et pétiolulés ; pétiole muni à sa base de deux oreillettes étroites, arquées, ciliées, réfléchies et embrassant la tige. Tige dressée, grêle, sillonnée-anguleuse, simple ou plus souvent rameuse, très-feuillée ; stolons nuls. Racine annuelle, fibreuse. — Plante presque glabre, à feuilles molles ; à fleurs très-petites, blanches, très-nombreuses, disposées en grappes souvent rameuses.
Assez rare. Bois du calcaire jurassique. Nancy, aux Fonds de Toul, le Montet, rochers vis-à-vis de Maron (Soyer-Willemet). Moyeuvre, au vallon de Conroy (Herpin). Bar, an bois de Savonnière (Humbert). Rochers ombragés dans les bois de Montmédy (Pierrot). Neufchâteau (Mougeot). Sur le grès bigarré et vosgien, à Sarreguemines (Lasaulce); le granit à Belmont près de Saulxures (Pierrot) et sur le versant oriental de la chaîne des Vosges. €). Mai-juin.
4. G. hirsuta L. Sp. 915. (Cardamine velue). — Calice lâche, à sépales linéaires-oblongs, Pétales à limbe dressé, obové, S'atténuant peu à peu en un onglet cunéiforme. Etamines quatre. Siliques dressées sur des pédoncules étalés et de moitié moins longs qu’elles. Style épais, égalant en lon-
SENTE ue
gueur le diamètre de la silique ou plus court. Grames petites,
ovoïdes, brunes. Feuilles pinnatiséquées, à3-5 paires de segments ciliés et mucronulés ; ceux des feuilles radicales pé-
tiolulés, arrondis, le supér ieur plus grand, quelquefois réniforme; ceux des feuilles caulinaires ovales où linéaires,
entiers : pétiole sans oreillettes à sa base; les feuilles caulinaires plus petites que les radicales. Une ou plusieurs tiges anguleuses, dressées ou ascendantes ; stolons nuls. Racine annuelle: pivotante, rameuse seulement à son extrémité, fibreuse. — Plante velue ; fleurs très-petites, blanches, longuement dépassées par les siliques immédiatement inférieures ; tiges peu feuillées.
Très-rare sur Ie calcaire jurassique. Nancy, aux Fonds de Toul (Soyer- Willemet) ; Thiaucourt (Valentin). Gussainville près d’Etain (Warion), Montmédy, Fort de St-Dagobert, Paquet-de-Han (Cardot). Romont (M. et Me Adam). Epinal (Berher.) ©. Avril-mai.
5. G. sylvatica Link, in Hoffm. Phyt. Blatt., t. 1, p. 50; C. hirsuta 6 sylvestris Godr. FT lorr., éd. T, &. À, p. 59. (Cardamine des bois.) — Se distingue du précédent, avec lequel il a été longtemps confondu, par ses fleurs qui ne sont pus dépassées par les siliques immédiatement inférieures; par ses six étamines; par ses siliques en grappe plus lâche, plus redressées sur les pédoncules; par ses graines plus & grosses; par ses feuilles caulinaires plus nombreuses, plus grandes que les radicales, à segments plus nombreux, plus larges, ordinairement pétiolulés et sinuésdentés ; par sa souche vivace, oblique, entièrement couverte de radicelles capillaires.
Assez commun dans les forêts de la chaîne des Vosges surle grès et sur le granit, depuis Bitche jusqu’à Giromagny. %.Maijuillet.