‹ Flore de LorraineChapitre 98 sur 508 · GYPSOPHILA L · texte numérisé non relu

GYPSOPHILA L

Calice tubuleux, à tube pentagonal, dépourvu d’écailles à sa base, à 5 dents. Corolle à 5 pétales, plus ou moins onguiculés. Etamines 10. Styles 2. Capsule ovoide, s’ouvrant en 4 valves. Graines réniformes, portant l'ombilie sur le côté.

1. G. Vaccaria Sibth. et Sm. F1. græe. prodr. 1, p. 279; Saponaria Vaccaria L. Sp. 585; Godr. F1. lorr., éd. 1, t. 4, p. 118. (Gypsophile des vaches.) — Calice blanchätre, d’abord tubuleux, puis renflé, subglobuleux, à 5 angles saillants et verts, à 5 dents courtes, acuminées. Pétales sans coronule, convergents vers la gorge, à limbe un peu étalé, obové, irrégulièrement denté, à onglet égalant le calice. Capsule brièvement stipitée, ovoide, se divisant jusqu’au milieu en quatre valves dressées. Graines grandes, globuleuses, finement tuberculeuses. Feuilles à une nervure ; les inférieures rétrécies au-dessus de la base ; les supérieures lancéolées, aiguës, en cœur à la base ; les oreillettes soudées avec celles de la feuille opposée. Tige simple, dressée, roide, arrondie, très-feuillée. Racine grèle, pivotante. — Plante glabre, un peu glauque ; à fleurs d'un rose élégant, disposées en panicule lâche. L'endocarpe se sépare à la maturité du reste de la capsule.

Exclusivement dans les moissons et principalement sinon toujours sur sols calcaires. ©. Juin-juillet.

2. G. muralis ZL. Sp. 583. (Gysophile des murs. ) — Calice bigarré de blanc et de vert, tubuleux, jamais renflé, à 5 angles, à dents courtes, obtuses. Pétales sans coronule, à limbe tronqué, émarginé ou denté, plus long que le calice, a onglet presque nul. ‘Capsule brièvement stipitée, ovo oïde, tronquée à la base, fendue jusqu’au milieu en quatre valves. Graines noires, lüisantes, finement chagrinées. Feuilles étroitement linéaires, atténuées aux deux extrémités, connées, glabres. Tige dressée, divisée dès son milieu, ou même dès sa base, en rameaux fins, divariqués. — Plante trèsæréle, brièvement pubescente dans sa moitié inférieure ;

fleurs petites, éparses, roses, veinées, inclintes sur le pédoncule filiforme.

Commun dans les champs sablonneux. © Juillet-septembre.

Trib, 2. LycunideÆ À. Braun, F1. od. bot. Zeit. 1845, n° 22, — Calice muni de nervures commissurales,

k, SILENE Z.

Calice tubuleux, à tube cylindrique où ventru, à 5 dents. "Corolle à 5 pét les snbééulés à onglet cunéiforme, à limbe ordinairement bifide. Etamines 10. Sty les 3 ou 5. Capsule ovoide où globuleuse, à valves en nombre double de celui des styles, à déhiscence septicide et loculicide. Graines réniformes, portant l’ombilic sur le côté.

1. S. inflata Sn. FI. brit. 467 ; Cucubalus Behen L. Sp. 591. (Siléné enflé). Fleurs en panicule dichotome, avec une fleur alaire. Calice ovale, vésieulenx, mince, un peu ombiliqué à la base, à vingt nervures inéqales et anastomosées dès la base, à dents courtes, trianqulaires, aiquës. Pétales sans corolle, à préfloraison imbricative, à limbe court, étalé. bifide jusqu'à la base. Styles trois. Capsule assez longue ment stipitée, globuleuse, à dents étalées. Graines réniformes, arrondies sur le dos, fortement tuberculeuses. Feuilles elliptiques-oblongues ou ‘lancéolées, ciliées-denticulées ou glabres ; les inférieures pétiolées. Tiges couchées à la base, puis redressées, arrondies, plus ou moins rameuses, à nœuds supérieurs 6C cartés. Souche ligneuse, rameuse. — Plante souvent dioïque, glauque, glabre où un peu velue ; à fleurs blanches, assez grandes, pench ées, en panicule läche.

4 Genuina Nob. Toutes les feuilles atténuées à Ja base,

6 Montana Nob. Feuilles supérieures largement ovales, acuminées, arrondies à la base.

Commun dans les moissons, les prés secs de tous les terrains. 6 bois à Sarrebourg, à Nancy. 2%. Juillet-aonût.

2, $. conica L. Sp. 598. (Siléné conique.) — Fleurs en petite panieule dichotome dès la base, avec une fleur alaire. Calice tronqué et ombiliqué à la base, “tubuleux, puis renflé, conique, à trente nervures égales et convergentes au sommet, à dents longuement subulées, un peu plus courtes que le tube. Pétales munis d’une coronule, à préf floraison tordue, à bmbe petit, étalé, émarginé. Stvles trois. Capsule sessile,

ovoide-conique, à dents dressées. Graines finement chagrinées, grisitres, arrondies-réniformes, déprimées sur le dos large. Feuilles Hinéaires-lancéolées ; les radicales flétries au moment de la floraison. Tige dressée, arrondie, simple ou rameuse. Racine grêle, rameuse, — Plante brièvement velue ; à fleurs petites, roses, dressces.

Rare ; lieux sablonneux et secs. Nancy, grèves de la Moselle à Frouard (Suard) ; n'existe plus à Liverdun (WMathieu.) Metz, au Sauley, digue de Wadrineau, Frescati (Holandre) ; Olgy, Argency (Taillefert); Montigny (Warion); Hettange-la- Grande (Barbiche.) ©.Juin-juillet.

3. S. gallica Z. Sq. 595. (Siléné de France.) — Fleurs en une ou deux grappes géminées, spiciformes, unilatérales et distiques ; pédoncules plus courts que le calice. Calice tubuleux, puis ovoide et contracté aw sonvmet, à dix nervures plus où moins hérissées, à dents larges à la base, subulées au sommet et égalant la moitié du tube, Pétales à préfloraison tordue, munis d'une coronule, à limbe petit, entier, denté où émarginé. Styles trois. Capsule ovoïde, arrondie à la base, brièvement stipitée, s’ouvrant par des dents un peu réfléchies. Graines noires, réniformes avec un bord épais et sallant sur les côtés, élégamment ridées,. Feuilles oblongues, ciliées. Tiges dressées et droites, arrondies, simples ou plus rarement rameuses. Racine grèle et simple. — Plante visqueuse an sommet, pourvue de deux sortes de poils, les uns courts, glanduleux, les autres plus longs, blancs, articulés ; fleurs petites, rosées où blanches. Plante polymorphe, qui a donné lieu à la création d'espèces, qui ne sont en réalité que des variétés.

Champs sablonneux. Entre Do nbasle et Rosières-aux-Salines (Soyer-Willemet); Lunéville à l'étang de Mondon (Guibal). Epinal, Vagney (Docteur Berher) ;° Rambervillers (Billot) ; Saint-Dié (Lecomte), Bruyères (Mougeot) ; Bains (de Baudot) ; Fontenoy-le-Château (Boulay). ©. Juin-juillet,

4. S. Otites Sm. FI. brit. 4169; Cucubalus Otites L. Sp. 594, (Siléné dioïque). — Fleurs dressées, en grappe étroite, pyramidale; pédoncules fins, ordinairement plus longs que le calice, Calice campanulé, puis ovoide et contracté au sommet, à dix nervures, à dents trèes-courtes et arrondies. Pétales à préfloraison tordue, dépourvus de coronule, linéaires, entiers. Stvles trois. Capsule sessile, ovoïde, à dents étalées.

Graines finement chagrinées, réniformes, déprimées sur le dos large. Feuilles ciliées; les radicales spatulées, en gaz0n ; Tes caulinaires peu nombreuses, linéaires, courtes, Tiges dressées, arrondies, gréles, simples, à nœuds écartés. Souche épaisse, ligneuse. — Plante souvent dioique, finement pubescente dans le bas ; à fleurs petites, verdâtres, fasciculées le long des rameaux et paraissant verticillés.

Rare; collines du calcaire jurassique. Nancy, château de Frouard (Soyer- Willemet); Chavigny (Bard). Neufchâteau (Mougeot). Dans la Meuse près de Varennes (Soyer- Willemet). 2%. Juillet-août.

5. S. nutans Z. Sp. 596. (Siléné penché.) — Fleurs penchées du même côté, en grappe large, trichotome, allongée. Calice tronqué et atténué à la base, tubuleux, puis renflé en massue, à dix nervures saillantes, à dents courtes. lancéolées, aiguës. Pétales à préfloraison tordue, munis d’une coronule, à limbe étalé ou réfléchi, profondément bifide. Capsule brièvement stipitée. ovoide, à dents étalées. Graines réniformes, arrondies sur le ‘dos, fortement tuberculeuses. Feuilles ciliées à la base; les radicales en gazon, elliptiques, acuminées, pétiolées ;, les supérieures lancéolées. Tiges dressées, peu feuillées, arrondies. Souche ligneuse, rameuse. — Plante velue, glanduleuse au sommet ; à fleurs blanches, plus rarement roses.

Commun; coteaux, bois montagneux, dans tous les terrains. %. Juin-Juillet,

6. S. rupestris L. Sp. 602. (Siléné des rochers.) — Fleurs dressées, en panicule dichotome, avec une fleur alaire, Calice obconique, très-ouvert au sommet, un peu ombiliqué à la base, à dix nervures, à dents courtes , ovales. obtuses. Pétales à préfloraison tordue, munis d’ une coronule, émarginés, à limbe en cœur renversé. Capsule ovoïde, brièvement stipitée, à dents courtes, étalées. Graines réniformes, noires et luisantes, un peu déprimées sur le dos, élégamment ridées. Feuilles un peu glauques, lisses ; les caulinaires ovales-lancéolées, aigués ; les radicales linéairesoblongues, obtuses, ordinairement flétries au moment de la floraison. Tiges nombreuses, dressées-étalées, grèles, trèsrameuses, à nœuds rapprochés. Souche mince, peu rameuse. — Plante glabre et grêle ; à pédoncules filifor mes ; à fleurs petites, blanches ou rosées.

Commun sur les rochers et dans les escarpements des hautes Vosges, sur le granit et sur les grés et la grauvacke. Ballons de Soultz et de Saint-Maurice, Hohneck, Saut-des-Cuves, etc. (Mougeot et Nestler ;) descend dans les vallées des deux versants et jusque sur les bords de la Moselle à Epinal (Berher). %. Juillet-août.

7. S. noctiflora L. Sp. 599. (Siléné de nuit.) — Fleurs un peu penchées, en panicule dichotome, avec une fleur alaire. Calice tronqué à la base, tubuleux, devenant ventru à son mitieu, à dix côtes dont cinq plus faibles, à dents subulées et égalant la moitié du tube. Pétales à préfloraison tordue, munis d'une coronule, à limbe étalé, divisé jusqu'au milieu en deux lobes dentelés au sommet. Capsule ovoideconique, brièvement stipitée, à dents étalées. Graines réniformes, planes sur le dos, fortement tuberculeuses. Feuilles supérieures lancéolées, aiguës ; les inférieures obovées, atténuées en pétiole. Tige arrondie, simple ou un peu rameuse au sommet, dressée. Racine simple et grêle. — Plante mollement velue, glanduleuse au sommet; à fleurs ouvertes la nuit ; à pétales jaunâtres inférieurement, rosés supérieurement.

Champs sur les calcaires et les marnes jurassiques, le lias et les marnes irisées. ©. Juillet-septembre.

8. S. pratensis Godr. et Gren. F1. de France, 1, p. 216 Lychnis vespertina Sibth. FI. oxon., p. 146; Godr. FI. lorr., éd. 1.1. 1, p. 123. (Siléné des prés.) —* Fleurs dioïques, dressées, où un peu penchées, en panicule dichotome, avec une fleur alaire. Calice tubuleux, un peu en massue dans les fleurs mâles, se renflant et devenant ovoide dans les fleurs femelles, à dix côtes dont cinq plus faibles, à dents lancéolées, obtuses, subitement élargies à la base. Pétales à préfloraison tordue, munis d’une coronule, à limbe étalé, bifide. Etamines à filets velus inférieurement. Styles cinq. Capsule sessile, ovoide-conique. à dix dents dressées. Graines réniformes, fortement tuberculeuses. Feuilles un peu ondulées ; les supérieures lancéolées, acuminées ; les inférieures pétiolées. Tiges arrondies, ascendantes, roides. — Plante velue,un peu glanduleuse et visqueuse au sommet ; à pédoncules épaissis dans les fleurs femelles ; à fleurs blanches, rarement roses, odorantes, s’ouvrant le soir.

Commun ; prés, bords des champs st des routes, dans tous les terrains. (). Juin-septembre.

9, S. diurna Godr. et Gren. FI. de France, 1, p. 217 ; Lychnis diurna Sibth. FT. oxon., p. 146; Godr. FU. lorr., éd. 1, t. 1, p.124. (Siléné de jour.) — Fleurs dioïques, dressées où un peu penchées, en panicule dichotome, avec une fleur alaire. Calice tubuleux, un peu en massue dans les fleurs maäles, se renflant et devenant ovoide dans les fleurs femelles, à dix côtes dont cinq plus faibles, à dents lancéolées, aiguës. Pétales à préfloraison tordue, munis d'une coronule. à limbe étalé bifide. Etamines à filets velus inférieurement. Capsule sessile, ovoide, à dix dents roulées en dehors. Graines réniformes, fortement tuberculeuses. Feuilles supérieures ovales, acuminées ; les inférieures pétiolées. — Se distingue en outre de la précédente espèce par ses tiges plus faibles, plus longuement velues, brunâtres dans le haut, ainsi que les calices ; par ses feuilles beaucoup plus larges et plus molles ; par’ses fleurs plus petites, las, inodores, s’ouvrant le jour. |

Prés et bois humides. %. Mai-septembre.

Nora. Pour comprendre les motifs qui nous ont engagé à réunir ces deux dernières espèces au genre Silene, 1l faut consulter notre travail intitulé : Observations critiques sur l’inflorescence considérée comme base d’un arrangement méthodique des espèces du genre Silene, inséré dans ies Mémoires de l’Académie de Nancy, 1846, p. 135. Nous ne faisons du reste ici, que ce quia été fait par Fenlz (Verbreit. Alsin. tab. synopt. et in Ledeb. FI. rossic. 1, p. 310) au sujet des Alsinées. La question est positivement la même.

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