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FOUGÈRES

Observations générales. — Les fougères sont des plantes pourvues de racines ordinairement fibreuses ; de feuilles radicales dans lesquelles la tige ou les pétioles sont confondus avec des épanouissements membraneux ; de fructifications très visibles dont les corpuscules sont ordinairement globuleux et ramassés, tantôt en épis, tantôt en grappes terminales ou radicales, et le plus souvent éparses sur la surface postérieure des feuilles. On leur a successivement donné le nom de plantes capillaires, à cause de leurs racines menues comme des cheveux ; dorsifères ou épiphyllospermes, à cause de la disposition de leurs fructifications sur le dos des feuilles, communément appelées frondes. On les divise en fougères fausses et fougères proprement dites. Ces dernières sont roulées en spirale pendant l'hiver et serrées les unes contre les autres,

“en forme de bulbe écailleuse, au collet de la racine et à fleur de terre. C'est dans cet état qu’elles sont préservées des injures du temps pendant l'hiver, et c'est en se déroulant d’une manière élégante qu'elles se développent au printemps.

Les fougères portent deux sortes d'individus sur la même racine. Les uns sont fertiles, ou plus ou moins chargés de fructifications ; les autres sont stériles, ou tout à fait dépourvus de fleurs. Les frondes fertiles et les frondes

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stériles ont originairement la même figure ; mais les premières sont plus ou moins déformées dans certains genres par l'abondance des fructifications.

Toutes les plantes de cette famille cryptogamique ont une odeur et une saveur désagréables. Ces deux signes indiquent assez généralement l'absence de principes alimentaires et les bestiaux ne paraissent pas les rechercher ; s'ils en mangent quelques espèces, ce n’est que dans les premiers temps de leur végétation ou dans l'absence des autres végétaux.

La contexture des fougères est ferme, sèche et peu ou point putrescible ; elles sont par conséquent peu propres à la confection des fumiers. L’incinération est à peu près la seule manière d’en tirer parti pour la fertilisation des terres, et pour en extraire la potasse dont on peut se servir pour la fabrication des verres ou du savon. C'est à ces seuls objets d'utilité qu'Horace a condamné la plante la plus commune et la plus incommode en agriculture, dans ce vers si connu :

— Neglectis urenda filix innascitur arvis.

(SAT., I, lib. 1.)

Autrefois les fougères tenaient un rang distingué dans la matière médicale ; elles figuraient surtout parmi les purgatifs, les apéritifs, les hépatiques, les pectoraux et les vermifuges.

Le polypode de chêne (polypodium vulgare), la scolopendre (asplenium scolopendrium), le polytric (asplenium trichomanoïdes), le cétérac (asplenium ceterach), la fougère femelle (pteris aquilina), et la sauve-vie (asplenium ruta muraria) ont joui pendant longtemps d’une réputation gigantesque. Mais depuis que la médecine est éclairée par les sciences physiques réformées et plus généralement cultivées, l'absence ou la petite proportion de principes nutritifs, mucilagineux, sucrés, aromatiques ou styptiques a d’abord fait regarder ces plantes comme inutiles ; leur odeur et leur saveur désagréables y ont fait ensuite soupçonner un principe nuisible ou vénéneux. C’est à ce dernier principe qu'est due sans doute la propriété vermifuge de la racine du pteris aquilin, bien constatée par l'expérience, et c'est à peu près la seule plante de cette famille dont on fait maintenant usage en médecine. On se sert encore du sirop de capillaire dans les maladies de poitrine ; mais c'est sans aucune confiance de la part des médecins instruits, qui savent que cette préparation n'est autre chose que l’art lucratif de vendre le sucre à quatre, cinq et six francs la livre.

PRÊLE (1). Fleurs en massue ovale-oblongue, multivalve. Fructifications

peltées s'ouvrant inférieurement.

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