Polypode muriqué
Polypodium muricatum. SYST. NAT., 1312.
Racine fibreuse soutenant à fleur de terre un paquet de corps sphéroïdes couverts d’écailles roussâtres et serrés les uns ‘contre les autres : ce sont les rudiments des frondes qui se dérouleront au printemps. Frondes bipennées sur une stipe semi-cylindrique, canaliculée et couverte d’écailles roussâtres et scarieuses dans toute son étendue ; longues de deux à trois pieds et quelquefois davantage. Pennules ovales ou ovales-lancéolées, distinctement pétiolées, incisées-dentées en scie, chaque dent terminée par un poil raide et spinuliforme ; la première dent de la base de chaque pennule, du côté d'en haut seulement, allongée en lobe ascendant.
Fructifications hémisphériques couvertes d’une coiffe membraneuse, orbiculaire, denticulée, d'un blanc purpurin, qui se fronce en se desséchant et laisse après sa chute les globules granuleux disposés sur deux rangs à la surface postérieure des pennules ; le lobe ascendant a souvent ses deux rangées de globules en petit nombre.
Les frondes stériles sont beaucoup plus petites que les autres ; elles ont la même disposition, mais les pennules sont plus larges et plus écartées. Le temps le plus favorable aux observations est la fin de juin pour les fructifications et le mois de décembre pour la racine et les feuilles stériles.
On trouve cette plante à Morlaas, dans les fossés humides.
BLECHNE.
Blechne oriental.
Blechnum orientale. LiN. sP., 1535.
J'ai longtemps pris cette plante pour un polypodium. Mais je ne l'avais pas rencontrée en fleur, et je me demandais si des lignes divergentes séparées par des élévations peu sensibles portant un duvet fin ne seraient pas une forme de fructification différenté de celles qui ont été adoptées par Linné pour la formation des genres, et alors c'eût été un nouveau genre à ajouter à ceux du célèbre botaniste. Cette plante me paraissait avoir trop de ressemblance avec le polypode commun pour ne pas appartenir au même genre. D'autre part, elle est très commune dans ce pays, où elle se trouve dans les fossés et autres lieux aquatiques avec une extrême profusion, et je ne pouvais croire que les fructifications si remarquables de ce genre manquassent ici constamment dans cette espèce, ce qui n'arrive ordinairement qu'aux plantes qui languissent dans un climat défavorable.
Je viens enfin d'observer avec exactitude que cette plante est le blechnum
orientale, dont la plupart des frondes sont stériles. Celles qui portent les deux lignes parallèles de la fructification ont leurs pennules plus étroites : la fructification paraît exiger et contraindre cette disposition ; elles paraissent plus distantes, par la même raison. On les prendrait, comme je lai fait pendant longtemps, pour deux plantes différentes, mais je me suis convaincu du contraire en déracinant une motte que j'ai divisée et subdivisée avec précaution et dans laquelle j'ai vu les feuilles stériles et les frondes fructifiantes partir de la même racine dont je n'ai pu les séparer qu'en les éclatant.
Frondes fertiles droites, longues d’un pied à deux pieds et demi, nues inférieurement, pennées ensuite ; pennules linéaires, tantôt opposées tantôt alternes, plus longues au milieu que vers les deux extrémités : les inférieures ne sont que de petites oreillettes à peu près semi-orbiculaires, dans une assez grande étendue, entières ou très légèrement crénelées. Stipe grêle, noirâtre pourprée, nue, semi-cylindrique ; la partie plane creusée en sillon qui se prolonge jusqu'au sommet de la fronde.
Fructifications sur deux lignes parallèles et contiguës de la base à la pointe des pennules, formées par deux rangs de corpuscules globuleux recouverts d’un ruban attaché par un bord sur la surface inférieure de la pennule, de chaque côté, à une petite distance du tranchant ; l’autre bord du ruban libre, mais couché sur la ligne de fructification et connivent avec le bord du ruban du côté opposé.
Frondes stériles pennées ; folioles linéaires, un peu courbées en faux, obtuses, quelquefois opposées, souvent alternes, peu distantes et plus larges que dans les pennules fertiles.
DORADILLE (1). Fructifications disposées en lignes subparallèles, à la surface postérieure des frondes.
A). Frondes simples et sans division.