Hypne pointu. FL. FR., 1266, XXvI
Hypnum cuspidatum. LIN. SP., 1505.
Hypne dont les surcules sont rameux et les rameaux vagues ou sur deux rangs, terminés par une longue pointe, les feuilles oblongues-acuminées, les urnes cylindriques et les opercules coniques.
Tiges rameuses dont les rameaux sont disposés sur deux rangs et terminés en longue pointe, formant des touffes d’un vert jaunâtre et quelquefois roussâtre. Feuilles oblongues, très aiguës, sans nervure, ouvertes et distantes, sauf les supérieures qui sont étroitement imbriquées et conniventes, formant la pointe terminale de la tige et des rameaux. Urnes oblongues, courbées en arc et plus ou moins inclinées. Opercule conique, obtus. Pédoncules longs de cinq ou six centimètres. Périchèse composé de folioles étroites, striées, terminées en filet et étroitement appliquées sur la base du pédoncule.
Cette plante croit dans les marais, dans les fossés aquatiques et sur les terres abreuvées par des sources ou par des égouts. Les capsules sont bien formées vers le milieu du mois de mars et elles s'ouvrent bientôt après.
Hypnum sciuroïdes.
Tiges rampantes, rameuses, dont les extrémités portent des surcules souvent simples, quelquefois rameux, droits, nombreux, très rapprochés, ordinairement distiques, donnant aux extrémités des tiges et des rameaux la forme d'une queue décurrente plus ou moins recourbée, quelquefois ramassés sans ordre et réunis en gazons denses, luisants et tirant un peu sur le jaune. Feuilles ovales-lancéolées, terminées par un filet piliforme, sensiblement striées, imbriquées sur plusieurs rangs assez bien marqués, d’un vert gai et très luisantes. Urnes droites, oblongues, dont l’opercule est conique et la coiffe lisse et unilatérale, portées sur des pédoncules latéraux longs d'environ un pouce. Péristome simple, garni de cils libres au sommet et peu ouverts, laissant paraître à l'entrée de l’urne la pointe d’un filet qui en occupe l'axe. Gazons gemmifères séparés des urnigères.
Cette plante croît sur les troncs des arbres et sur les murs, où elle fait un bel effet. Les urnes commencent à se montrer vers le commencement de décembre et sont dans un état propre aux observations vers la fin de janvier.
Hypnum myosuroïdes.
Tiges rampantes, extrêmement rameuses, ramassées en gazons épais et étendus. Rameaux ronds, amincis des deux bouts, courbés en arc pendant la sécheresse, portant des urnes dans certains gazons et des gemmes ovales, rousses et axillaires dans les autres. Feuilles à demi-ouvertes, ovales-lancéolées, striées et terminées par un petit filet piliforme qui disparaît souvent dans les feuilles inférieures, Urnes droites, à peu près cylindriques, dont l'opercule est conique, surmonté d'une coiffe lisse à mantelet unilatéral, plus courte. Péristome double : l’un et l’autre composés de cils uniformes réunis en voûte conique. Filaments droits, grêles, nombreux, de
cinq à dix lignes de longueur, insérés vers le milieu des rameaux.
On trouve cette espèce sur les troncs des arbres. Elle fleurit à la fin de décembre et au commencement de janvier : on peut observer les gemmes axillaires vers le milieu de janvier.
Hypnum intricatum.
Tiges filiformes, très rameuses, rampantes, noirâtres et sèches dans les parties rampantes, produisant des rameaux verts nombreux, simples ou peu rameux, rapprochées en gazons serrés sur les pierres inondées. Feuilles d'un vert gai, luisantes, minces, ovales-aiguës et même un peu pointues, concaves, très rapprochées, lâches et à moitié ouvertes. Urnes ovoides, obliques, fermées par un opercule conique prolongé en pointe un peu crochue, garnies d'une coiffe lisse unilatérale à peine plus longue que l'opercule et caduque comme lui. Péristome double : un extérieur, à seize pointes qui s'ouvrent d'une manière élégante lorsque l'opercule tombe ; un
Le
intérieur, composé de cils uniformes réunis en voûte conique fermant l'entrée de l’urne. Pédoncules latéraux enveloppés d'une gaïîne à la base, nombreux, n'ayant qu'environ demi-pouce de longueur.
On trouve cette plante en gazons sur les pierres inondées, d’où elles se prolongent plus ou moins dans l'eau. On observe facilement les urnes pendant le mois de novembre.
Hypnum velutinum.
Tiges rampantes, à rameaux très nombreux, d’abord distiques aux extrémités des tiges, ensuite redressés et ramassés en gazons d’un beau vert et soyeux. Feuilles lancéolées-subulées, imperceptiblement sillonnées, terminées en filet piliforme, d'un vert gai, luisantes et imbriquées, semblables à celles de l’hypne soyeux mais un peu plus larges dans leur corps. Urnes oblongues, penchées, souvent arquées, dont l'opercule est en pointe subulée et oblique, la coiffe lisse, unilatérale et plus courte que l’urne. Péristome double : l'extérieur à seize cils qui s'ouvrent en étoile au moment de la chute de l’opercule ; l'intérieur composé de cils membraneux à la base et réunis en voûte conique. Pédoncules longs d’environ six lignes.
On trouve cette espèce sur les murs et sur les arbres. Il serait facile de la confondre avec l'hypne soyeux, dont elle diffère par ses urnes penchées et par son double péristome. Le temps le plus favorable aux observations est le mois de janvier.
Hypnum polycarpum.
Tiges rampantes, donnant des rameaux droits, peu rameux, extrêmement nombreux, longs de deux ou trois et jusqu'au delà de quatre pouces, ramassées en gazons amples et touffus, profonds, roussätres à la base, d’un vert jaunâtre dans l’état sec, assez agréable pendant la pluie. Feuilles ovales allongées en pointe linéaire obtuse, carénées, ouvertes et recourbées, très rapprochées, roulées et froncées dans l'état sec. Urnes cylindriques, droites, dont l’opercule est conique, la coiffe lisse et unilatérale, les pédoncules longs de cinq à sept lignes, grêles, tordus dans la vieillesse et ramassés en grand nombre vers les extrémités des rameaux, Péristome simple, bordé de cils blancs qui demeurent droits et s'ouvrent à peine assez pour laisser paraître l'entrée de l'urne et la pointe de l'axe ; ils sont très difficiles à compter, maïs se détruisent de bonne heure en laissant à l’urne une apparence tronquée.
Cette espèce est commune sur les murs et au pied des arbres. Les urnes se montrent pendant l'hiver. L'observation du péristome n'est facile que vers le commencement de février.
Hypnum clavellatum.
Tiges rampantes, extrêmement nombreuses, ayant aux extrémités les rameaux disposés un peu comme dans l'hypne fougère. Feuilles lâches, minces et transparentes, d'un vert jaunâtre, luisantes, alternes, semi-amplexicaules, légèrement cordiformes, un peu allongées et insensiblement terminées en pointe aiguë, souvent en filet. Urnes d'un brun rougeûtre, arquées, recourbées, terminées par un opercule conique qui suit la courbure de l’urne et se trouve dirigé horizontalement, même un peu de haut en bas. La coiffe est membraneuse, grisâtre, composée d'une expansion unilatérale et d'un tube pointu plus allongé que la pointe de l’opercule. Pédoncules d'un brun pourpre, longs d'environ un pouce, recourbés ou plus ou moins fléchis à la base de l'urne. Vers le commencement de mars l’urne est remplie de semences vertes ; l'opercule se détache et le bord de l’urne se développe en rayons sétacés. ;
Cette plante couvre les pierres et les murs. Elle est en pleine floraison au. milieu de décembre.
Hypnum sylvaticum.
Tiges nombreuses et rameuses, ramassées et comme imbriquées, à rameaux vagues, ordinairement distiques et pennés comme les tiges, longues de deux ou trois, jusqu'à quatre et cinq pouces. Feuilles distiques, minces, oblongues-aiguës, sans nervure, luisantes et paraissant pointillées lorsqu'on les place entre l'œil et la lumière du soleil. Urnes ovoïdes, droites. Opercule allongé en pointe subulée et oblique. Coiffe lisse, unilatérale, presqu'aussi longue que l'urne. Péristome double : l'extérieur à seize cils qui s'ouvrent en étoile au moment de la chute de l'opercule ; l'intérieur formé de cils membraneux à la base et réunis en voûte conique qui ferme l'entrée de l'urne. Pédoncules grêles, longs de cinq à huit lignes, insérés vers le milieu des tiges, sortant d'une gaine subulée dont les écailles sont couchées et serrées les unes contre les autres.
On trouve cette espèce dans les bois, sur le tronc des arbres où elle forme des gazons épais et étendus. Les urnes commencent à se montrer vers le milieu du mois de novembre; on peut en observer les différentes parties vers le commencement de janvier.
Hypnum piliferum.
Tiges rampantes, ainsi que les rameaux qui touchent la terre et les corps voisins ; les autres rameaux quelquefois distiques, le plus souvent vagues, droits, un peu aplatiset en pointe subulée pendant leur accroissement. Feuilles ovales, minces, lisses et luisantes, concaves intérieurement, convexes extérieurement, imbriquées sur les jeunes rameaux, terminées par un filet en forme de poil, médiocrement ouvertes dans les rameaux développés; d’un vert ordinairement pâle ou jaunâtre, portant une nervure carénale peu sensible et presque imperceptible, transparentes et finement pointillées lorsqu'on les place entre l'œil et le soleil. Urnes obliques ou penchées horizontalement, ovoides, arquées. Opercule conique, suivant la courbe de l’urne, ayant la pointe raide et comme acérée. Coiile lisse, unilatérale, subulée, plus courte que l'urne. Péristome double : l'extérieur à seize dents en forme de cils blanchâtres sur une base orangée, qui s'ouvrent en étoile aussitôt qu’on renverse l'opercule ; l'intérieur composé de cils réunis en voûte conique qui ferme l'entrée de l’urne. Pédoncules latéraux, sortant d'une gaîne courte et imbriquée, longs d'environ demi-pouce.
Cette espèce est très commune sur les pierres, sur la terre, au pied des arbres et des murs. Les urnes se montrent en novembre et décembre.
Hypne allongé. Dec. FL. FR., Il, 519.
Hypnum prælongum.
Tiges couchées, rameuses, allongées, dont les nouveaux jets portent des rameaux feuillés, simples, grêles, disposés des deux côtés et imitant une feuille de fougère pennée ou imparfaitement bipennée, le jet terminal se prolongeant plus ou moins sans ramification. Feuilles ovales, très aiguës, portant sur leur dos une nervure très visible qui ne se prolonge pas tout à fait jusqu'au sommet, éparses, ouvertes, un peu distantes, laissant paraître la tige, sur laquelle elles sont quelquefois imparfaitement rangées des deux côtés, d'un vert gai dans l'état humide, crépues et d'un vert triste dans la sécheresse. Urnes ovoïdes, verdâtres, penchées presqu'horizontalement. Opercule conique prolongé en long bec subulé, grêle et incliné. Coiffe lisse, unilatérale. Pédoncules rougeûtres, latéraux, rudes sous la loupe et sous les doigts, partant des principales souches, longs d'environ un pouce. Feuilles du périchèse sans nervure. Péristome double : l'extérieur formé par seize dents orangées à la base, d'un blanc jaunâtre et acuminées en filet simple au sommet ; l'intérieur formé par une membrane plissée à la base, découpée en seize filets sétacés divisés en deux cils, ce qui fait trente-deux cils connivents en voûte conique. Les dents du péristome extérieur s'ouvrent promptement en étoile au moment de la chute de l'opercule ; + quelque temps après, elles se relèvent et leurs pointes, se courbant en dedans, pénètrent dans l'urne entre les filets correspondants du péristome intérieur, qui ne font aucun mouvement:
Mn 709 Si CRYPTOGAMIE — MOUSSES
Cette plante croît sur la terre, sur les pierres, dans les fossés humides, sur les bords des ruisseaux. On la trouve assez fréquemment dans nos cantons de Pau et de Morlaas. Les opercules tombent au commencement de janvier.
Ptérogone (1) du Béarn.
Tiges rampantes, chargées de rameaux courts, cylindriques, simples ou peu rameux, entassés mais disposés sur deux rangs, couchés et même rampants aux extrémités des jets, formant des
‘gazons d'un vert jaunâtre qui ont l'éclat de la soie dans la sécheresse. Feuilles lancéolées, ter-
minées par un filet piliforme, imbriquées et appliquées les unes sur les autres, couvrant entièrement le tronc, relevées par trois nervures peu visibles qui les font paraître striées en long lorsqu’on se sert de la loupe. Feuilles du périchèse semblables, à celles des rameaux..Urnes latérales, oblongues et presque cylindriques, droites, un peu courbées dans la vieillesse, portées sur des pédoncules longs d'environ trois centimètres. Opercule légèrement rétréci en pointe un peu courbée. Coiffe lisse, s’ouvrant latéralement de la base au milieu de sa longueur. Péristome simple, muni de seize cils blancs, simples, qui s'ouvrent en étoile au moment de la chute de l’opercule, se relèvent ensuite et demeurent droits ou connivents. La columelle est persistante et se montre à l'entrée de l’urne après l'émission des graines. |
Cette belle mousse est très commune aux environs de Pau et de Morlaàs. Elle croît sur les murs, sur les toits et sur les troncs des arbres, couvrant ordinairement de grandes surfaces. Les urnes commencent à se montrer vers le milieu de l'automne ; les opercules tombent au commencement de janvier.
FONTINALE (2). Urne subsessile, garnie de coiffe et cachée dans une enve- | loppe écailleuse.