Viorne lobée. FL. FR., 943, Iv
Viburnum opulus. Lin. sp., 384.
Feuilles lobées. Pétioles glanduleux. Ligneuse. Vulgairement l'obrer.
a. La viorne à fleurs en boule.
Vulgairement la rose de gueldre.
Cet arbrisseau croît naturellement dans les bois et dans les haies. Ses fruits rouges ont beaucoup d’éclat dans leur maturité et ils ont la propriété de chasser les punaises. On cultive la variété a dans les jardins, à cause de ses
1. — Vieo, jelie. Les rameaux sont flexibles. Tinus, nom latin. Opulus, de ops, puissance, richesse. Lantana, de lana, laine.
Quantum lenta solent inter viburna cupressi.
(Vic. Églogue 1.)
Les viornes flexibles et par conséquent retombantes sont opposées aux cyprès qui poussent droit.
fleurs blanches ramassées en touffes globuleuses. Cette variété est connue aussi sous le nom vulgaire de boules de neige. Les fleurs stériles ne sont pas absolument dépourvues d'étamines : on les trouve au centre de la corolle, mais imparfaites et presqu'invisibles.
SUREAU (1). Calice à cinq dents. Corolle régulière, semi- pes Prunette succulente, fermée, à plusieurs noyaux.
1. Sureau nain, ou l'yèble. FL. FR., 947, nl Sambucus ebulus. Lin. sp., 385.
Cymes composées de trois rayons. Stipules foliacées. Tige herbacée.
Cette plante croît le long des haïes, sur les bords des chemins et autres lieux incultes. Les premières fleurs se montrent vers le commencement de l'été. Ses vertus médicinales sont les mêmes que celles de la suivante.
2. Sureau commun. FL. FR., 947, 1 Sambucus nigra. Li. sP., 385.
Cymes composées de cinq rayons. Feuilles pennées ; les folioles presqu'ovales, dentées en scie. La tige arborée. Ligneuse.
Ce grand arbrisseau croît dans nos haies et dans les Pyrénées. Les premières fleurs se montrent vers la fin du printemps. Toutes ses parties sont utiles dans les arts et dans la médecine. Son bois est très solide, avec ténacité ; il se conserve pendant longtemps dans la terre et dans l’eau sans altération. On en fait de bons manches de hache et de bèche, et il serait très propre à fournir des pieux et des échalas s’il était aussi commun dans nos plaines que dans nos montagnes. Les tisserands remplacent le roseau par les jeunes tiges du sureau pour leurs petites bobines sans bords. On en fait de petites seringues propres à faire des injections dans les oreilles. Dans les petits ménages, on souffle très commodément le feu avec un bâton de sureau creusé et fermé par un petit bouchon percé, qui ne laissé sortir le souffle que par une petite ouverture.
La seconde écorce de la racine fraiche de sureau est un excellent remède diurétique, dont on fait usage en décoction dans les hydropisies.
Les fleurs de sureau sont diaphorétiques à l'intérieur, anodines et résolutives à l'extérieur. Elles conviennent surtout en infusion théiforme abondante, blanchie avec du lait et prise chaudement, dans toutes les affections catarrheuses, où la principale indication est le rétablissement de la transpiration. Les inflammations érysipélateuses s'aggravent par l'application de tous les topiques gras et mucilagineux ; mais les fomentations, ou les cataplasmes préparés avec des fleurs de sureau cuites dans l’eau ou dans le lait, sont des remèdes ordinairement suivis d'un succès complet. Les pommes de
1. — Surus, pieu. Sambucus ebulus, pour edulus, grand mangeur ; plante volumineuse, De ebulus vient yèble.
— 273 — ; PENTANDRIE — TRIGYNIE
reinette acquièrent un goût de muscat très agréable lorsqu'on les place sur
un lit de fleurs de sureau pour les conserver. Enfin les fruits du sureau sont
d'une très grande ressource en maladie, dans les pays privés de la vigne et
des fruits succulents. On en exprime le suc, qu'on fait épaissir au feu en
consistance d’électuaire. C’est cette préparation que les médecins du nord
prescrivent si souvent, sous le nom de rob de sureau, dans tous les cas où nous prescrivons les fruits et les confitures liquides.
Les feuilles de sureau, ramollies dans un four chaud et appliquées sur des tumeurs goutteuses et rhumatismales, provoquent une transpiration locale qui en favorise la résolution. On dit que ces mêmes feuilles, placées dans les greniers, chassent ou détruisent les charançons.