ALCALIS
La potasse ; la soude ; l’ammoniaque.
22. — Telles sont les substances simples ou les éléments qui entrent en plus ou moins grand nombre et en plus ou moins grande proportion dans la composition des corps terrestres. Ces différentes substances, unies deux à deux ou trois à trois, forment des composés binaires ou ternaires dont les principaux sont : différentes espèces de gaz, l'eau, les acides, les oxydes et les sels.
23. — On nomme gaz un fluide invisible et aériforme formé par le calorique uni à une base plus ou moins solide. Il y a plusieurs espèces de gaz dont les principaux sont : le gaz oxygène, le gaz hydrogène, le gaz azotique, le gaz acide carbonique et l'air atmosphérique.
24. — Le gaz oxygène est le résultat de l'union de l'oxygène et du calorique. Il entre pour un quart dans la composition de l'air atmosphérique. On le retire pur des mines de manganèse. Les feuilles des végétaux le versent dans l'atmosphère lorsqu'elles sont frappées par la lumière du soleil. Le gaz oxygène est le seul fluide élastique propre à entretenir la vie des animaux et la combustion. Lorsqu'on plonge une bougie allumée dans cet air, la flamme s'agrandit et la bougie brûle avec une très grande rapidité.
25. — Le gaz hydrogène est le résultat de l'union de l'hydrogène et du calorique. Il se trouve naturellement dans les vases des eaux bourbeuses, dans les mines, dans les latrines et dans les cimetières. Il suffoque les animaux qui le respirent. Il s'enflamme avec explosion par le contact des
— 21 — INTRODUCTION corps enflammés. Il est environ dix fois plus léger que l'air atmosphérique ; on s’en sert pour remplir les ballons aérostatiques, qui s'élèvent dans l'atmosphère parce qu'ils sont plus légers qu’un pareil volume d'air atmosphérique.
26. — Le gaz azotique est le résultat de l'union de l'azote et du calorique ; il entre pour environ trois quarts dans la composition de l'air atmosphérique. Il existe pur dans les vessies natatoires des poissons. Il tue les animaux qui le ‘respirent ; une bougie s'éteint tout de suite lorsqu'on la plonge dans cet air.
27. — Le gaz acide carbonique est un fluide aériforme composé de carbone et d'oxygène réduits en gaz par le calorique. IL existe tout formé dans plusieurs souterrains ; il se dégage des liqueurs spiritueuses pendant la fermentation, des pierres calcaires pendant la calcination ; il se forme quand on fait brûler du charbon dans l’air atmosphérique. Une bougie s'éteint subitement lorsqu'on la plonge dans cet air ; les animaux y sont promptement suffoqués.
28. — L'air atmosphérique est un fluide invisible qui environne le globe terrestre jusqu'à une très grande hauteur. Il est composé de vingt-huit parties de gaz oxygène et de soixante-douze parties de gaz azotique, sans compter une infinité de substances gazeuses et pulvérulentes qui s'élèvent continuellement de la surface de la terre. L'air atmosphérique est chaud ou froid suivant qu'il est plus ou moins imprégné de calorique, sec ou humide suivant qu'il est plus ou moins chargé de vapeurs. Une colonne d’air pèse autant qu'une colonne d’eau d’égale base et de trente-deux pieds de longueur. C'est le poids de l’air atmosphérique qui soutient le mercure du baromètre à vingt-huit pouces de hauteur ; et comme le poids de la colonne d'air correspondante diminue à mesure qu'on s'élève au dessus du niveau de la mer, le mercure descend dans le baromètre dans la proportion d’une ligne pour soixante-quinze pieds d’élévation. On peut donc connaître la hauteur d'une montagne par les observations du baromètre. L'air atmosphérique est nécessaire pour l'entretien de la vie et de la combustion ; l'oxygène qu'il contient est sans cesse consommé par la respiration des animaux et promptement réparé par les feuilles des végétaux, lorsqu'elles sont frappées par la lumière du soleil.
29. — L'eau est le résultat de l'union de l'oxygène et de l'hydrogène. Quatre-vingt-cinq grains de gaz oxygène et quinze grains de gaz hydrogène, brûlés par l'étincelle électrique, donnent juste cent grains d’eau. L'eau s'offre à nous dans l'état de liqueur, dans l’état de vapeur et dans l’état de glace. Lorsqu'elle est réduite en vapeurs par le calorique, elle s'élève dans l’atmosphère où elle va former les brouillards et les nuages ; lorsque le calorique s'en sépare, ses molécules se réunissent et forment en tombant les pluies et les rosées, la neige, le givre et la grêle.
30. — Les acides sont des substances formées par l’union de l'oxygène avec une base acidifiable. Ils ont la propriété de changer en rouge la couleur bleue des végétaux. Il y a autant d’acides que de bases acidifiables connues.
Les principaux acides sont : l'acide sulfurique, l'acide nitrique, l'acide muriatique, l'acide carbonique et l'acide acétique.
31. — On nomme oxyde une substance formée par l'union de l'oxygène avec une substance métallique ; lorsqu'on fait brûler un métal à l'air libre, l'oxygène de l'atmosphère s'y unit et forme un oxyde. La rouille de fer est un oxyde de fer ; le vert de gris est un oxyde de cuivre; la céruse est un oxyde de plomb.
32. — Les sels sont des substances formées par l'union d’un acide avec une base alcaline, terreuse ou métallique.
33. — Les corps terrestres, plus ou moins composés, se divisent en
substances brutes et substances organisées.
34. — Les substances brutes ne sont que des agrégations de matière, sans organisation et sans principe de mouvement. Elles se forment par des rencontres fortuites, obéissant aux forces généralement répandues dans l'univers. Elles s'accroissent par juxtaposition et elles sont privées de la faculté de se reproduire. Elles sont ou dispersées sur la ‘surface de la terre ou renfermées dans ses entrailles. On les en tire en creusant des excavations plus ou moins profondes appelées mines, ce qui leur a fait donner le nom de minéraux, ou en fouillant dans la terre, ce qui leur a fait donner le nom de fossiles, et à la science dont elles sont l’objet celui de minéralogie ou d’oryctognosie (1).
35. — On nomme substances organisées celles dans lesquelles la matière est arrangée de manière à contenir des liqueurs et à exécuter des mouvements, ayant en elles-mêmes le principe du mouvement. Elles se forment par génération, s'accroissent par intussusception et elles jouissent de la
faculté de se reproduire ; mais les unes, irrévocablement fixées dans le lieu .
de leur insertion, naissent et vivent, croissent et meurent dans la même “place et sont connues sous le nom de végétaux ; les autres, jouissant de la faculté locomotive, vont et viennent, cherchant leur nourriture, changeant de place à volonté et sont connues sous la dénomination d'animaux. 36. — Ainsi toutes les productions de la terre sont distribuées en trois grandes divisions, savoir :
Les minéraux, ou corps sans vie et sans mouvement ; Les végétaux, ou corps vivants sans mouvement locomotif ; Les animaux, ou corps vivants avec mouvement volontaire. 37. — L'histoire naturelle se divise également en trois branches, qui sont: La minéralogie, ou la science des minéraux ; La botanique, ou la science des végétaux ; La zoologie, ou la science des animaux.