‹ Flore des Basses-PyrénéesChapitre 422 sur 1213 · CLASSE .VII · texte numérisé non relu

CLASSE .VII

HEPTANDRIE"

MONOGYNIE

MARRONNIER (2). Calice à cinq dents, ventru. Corolle pentapétale, inégale, insérée sur le calice. Capsule triloculaire. Loges dispermes (3). *Les géranions d'Afrique, la renouée orientale, le pourpier potager, le chêne, la gnavelle annuelle n’ont quelquefois que sept étamines. Le géranion se trouve dans la monadelphie ; la renouée dans l’octandrie ; le pourpier dans la dodécandrie ; le chêne dans la monœæcie et la gnavelle dans la décandrie.

Marronnier d'Inde. FL. FR., 573. Æsculus hippocastanum. Lin. sp., 488.

Fleurs ouvertes. Feuilles digitées. Ligneuse.

Cet arbre, originaire de l'Asie septentrionale, fut porté en Europe en 1550.

1. — Il semble que l’heptandrie, qui est une classe bien peu fournie, puisque Linné n’y a fait entrer que la trientale et le marronnier, ait été admise uniquement ‘ pour ne pas interrompre la série numérique. Cependant le nombre de sept étamines, bien que rare, n’est peut-être pas anormal : il correspond au nombre des grosses nervures de la feuille. De même que chaque étamine est considérée comme un degré d'évolution de la feuille, l’androcée tout entier pourrait être, lui aussi, considéré comme un état de la feuille, où les étamines représentent les nervures. Si cette conception paraît plausible, le nombre habituel de cinq étamines correspondrait à la feuille palmée ou digitée, ainsi que les autres nombres impairs ; les étamines en nombre pair se rattacheraient à la disposition pennée des nervures foliaires. L’androcée étant de la sorte assimilé à une feuille, l’étamine serait une foliole.

2. — pdgéoy, marre : sorte de herse et de harpon à laquelle est comparable le fruit du marronnier. C’est la graine qui a donné son nom à la couleur.

Aesculus, de & privatif et esca, nourriture ; incomestible. Hippocastanum, châtaigne de cheval.

3. — Le marronnier a habituellement sept étamines ; mais jai souvent observé en outre trois filaments qui peuvent être pris pour des rudiments d’étamines, ce qui porterait le nombre normal des étamines à dix, en rapport avec les cinq divisions du calice et de la corolle.

Sur les six ovules, il y en a régulièrement cinq qui avortent.

Un beau tronc droit, une belle tête, des feuilles élégantes, des fleurs en grappes superbes mirent bientôt cet arbre à la mode et le firent rechercher de tous côtés pour les plantations d'agrément. Les belles allées qu'on voit encore dans quelques lieux peu fréquentés sont le produit de l'enthousiasme que son introduction excita parmi les amateurs de l'ombre fraiche et de l’aimable verdure ; mais l’inutilité de son bois, qui brûle mal et qui n’est guère propre qu'à faire des voliges, l’'amertume de ses fruits dédaignés par les animaux ruraux, la chute précoce de ses feuilles, ou plutôt la multiplication de cet arbre et la facilité avec laquelle il réussit partout en ont dégoüûté depuis longtemps ceux qui ne sauraient attacher quelque prix qu'aux objets rares et aux jouissances exclusives. Quelques chimistes ont inutilement essayé d'utiliser les fruits du marronnier en les dépouillant de leur amertume ; on ne connait encore qu'un seul moyen d'en tirer parti : ce moyen consiste à faire brûler les marrons pour en extraire la potasse qu'ils contiennent en plus grande proportion que la plupart des végétaux. Douze livres et quatre gros de cendres de marrons ont produit neuf onces de potasse. (V. la Feuille du Cultivateur du 12 fructidor an Il.)

L'écorce du marronnier d'Inde est amère et febrifuge. On dit qu'elle pourrait remplacer le quinquina. Elle donne une couleur bleue à l’eau dans laquelle on la fait bouillir.

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