Bugle pyramidale. Dec. FL. FR., III
Ajuga pyramidalis. Willd. Sp. pL., Ill, 8.
Fleurs en pyramide quadrangulaire et velue. Feuilles radicales très grandes. Point de rejets traçants. Bisannuelle.
C’est en vain que j'ai cherché la bugle pyramidale dans nos cantons, même dans la vallée d'Ossau où elle est indiquée par M. l'abbé Palassou dans le catalogue inséré à la suite de son Essai sur la minéralogie des monts Pyrénées. Mais l'exactitude des observations utiles dont cet excellent ouvrage est rempli doit nous faire regarder comme certaine l'existence des plantes qui y sont mentionnées.
AGRIPAUME (1). Calice à cinq angles et à cinq dents. Lèvre supérieure de | la corolle entière, à peu près plane et velue en dehors; l’inférieure à trois divisions à peu près égales.
Agripaume cardiaque. Dec. FL. FR., III, 553.
Leonurus cardiaca. Willd. Sp. PL., II, 114.
Feuilles cunéiformes-ovales, divisées en trois lobes dentés ou incisés. Corolle un peu plus longue que le calice piquant. Découpure moyenne de la lèvre inférieure aiguë. Vivace.
Cette plante, extrêmement rare dans quelques-uns de nos cantons, croît assez abondamment dans quelques autres. J'ai remarqué qu'elle est très commune à Thèze, chef-lieu du canton du même nom, et qu'elle ne se trouve point dans les villages voisins ; qu'il y en a quelques individus à Barinque, le long des murs du cimetière et qu’elle ne se trouve plus dans les autres communes du canton de Morlaas. Ses feuilles ridées et d’un vert noirâtre diminuent insensiblement de grandeur vers le sommet, où elles sont lancéolées ou linéaires. Les fleurs verticillées sont blanches avec une teinte rougeâtre ou purpurine. Les dents du calice sont terminées en pointe piquante ; les deux inférieures sont un peu plus longues que les autres et recourbées.
1. — Pour acuipaume. La feuille est palmée et ses divisions sont aiguës. Leonurus, de Aéwy, lion ; oùp4, queue.
L'agripaume cardiaque doit son nom trivial à l’usage qu'on en faisait autrefois dans le traitement de la cardialgie et des palpitations.
GALEOBDOLON (1). Calice en cloche à cinq angles et à cinq dents inégales. Corolle beaucoup plus grande que le calice. Lèvre supérieure entière et voûtée ; l’inférieure à trois divisions pointues.
Galeobdolon jaune. Dec. FL. FR., II], 555.
Leonurus galeobdolon. Willd. Sp. pL., II, 115. Feuilles cordiformes. Calice piquant. Fleurs jaunes. Vivace.
Cette plante croît dans les bois, le long des haies et autres lieux abrités. Elle est moins rare dans nos montagnes que dans les cantons de la plaine. Elle fleurit pendant l'été. La racine pousse quelques tiges sarmenteuses, couchées, stériles et une tige droite, simple, portant les fleurs qui sont verticillées. Les deux lobes latéraux de la lèvre inférieure de la corolle sont arrondis et acuminés ; le lobe moyen est linéaire et remarquable par des lignes safranées, trois longitudinales au milieu et trois ou quatre obliques de chaque côté.
BÉTOINE (2). Dents du calice terminées par un filet en forme d'ariste. Lèvre supérieure de la corolle à peu près plane, ascendante, entière ou bifide. Tube cylindrique.
1. Bétoine officinale. Dec. FL. FR., II], 545. Betonica officinalis. Willd. Sp. pL., II, 93. À Fleurs en épi interrompu. Lèvre supérieure de la corolle entière ; lobe moyen de l'inférieure échancré. Calice à peu près glabre. Vivace.
Cette plante croît en abondance dans nos bois et sur les bordures couvertes des champs, des prés et des pâturages. Ses feuilles sont oblongues, cordiformes et crénelées. Ses fleurs, purpurines et quelquefois blanches, se développent pendant l'été.
La poudre et le suc des feuilles de bétoine irritent vivement les nerfs de l'odorat, provoquent l’éternuement et déterminent une abondante sécrétion de fluides muqueux et séreux, ce qui, joint à l'excitation du cerveau, peut être d'un grand secours dans les maladies soporeuses. C'est donc avec raison que les anciens ont unanimement recommandé la bétoine comme un excellent remède céphalique.