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OBSERVATIONS GÉNÉRALES

Les plantes tétradynamiques ont entr'elles des rapports si nombreux que tous les botanistes en ont fait une classe entière ou une famille particulière désignée sous le nom de plantes crucifères. Cette dénomination vient de la

disposition des fleurs composées de quatre pétales ouverts en croix. Les caractères de cette famille sont :

1° Un calice composé de quatre folioles, tantôt droites et conniventes, tantôt ouvertes et distantes, concaves et presque toujours caduques ;

2° Une corolle composée de quatre pétales remarquables par un onglet allongé inséré sur le réceptacle dans une situation verticale et par un limbe ordinairement réfléchi sur l'onglet à la hauteur du calice ;

3° Six étamines insérées sur le réceptacle, réduites quelquefois àun moindre nombre par avortement, sur lesquelles il y en a deux opposées plus courtes que les autres ;

4° Un ovaire supérieur, surmonté d’un style simple qui est quelquefois très court et presque nul ; :

5° Une silique plus ou moins longue, presque toujours partagée en deux loges par une cloison ;

6° Une racine perpendiculaire, une tige rameuse et presque toujours herbacée ; les feuilles alternes, les fleurs en corymbe et les fruits en grappe.

Les plantes crucifères se distinguent encore de la plupart des autres par une odeur particulière, par une saveur âcre et piquante, par la tendance à la putréfaction spontanée sans passer par la fermentation acide. Ces propriétés sont dues à la présence d'un principe ammoniacal très pénétrant qui se dissipe à la moindre chaleur et qui ne se conserve jamais dans la plante desséchée ni dans les préparations de la pharmacie. C’est à ce principe, modifié par les principes communs aux autres végétaux, qu'il faut attribuer les propriétés médicinales des plantes crucifères. Elles sont en général incisives, diurétiques, détersives et très utiles surtout dans les maladies causées par des glaires, par des concrétions séreuses, lymphatiques et muqueuses, et par des sucs acides contenus dans les premières voies. Comme ces maladies, produites par le froid, sont très fréquentes pendant l'hiver et une partie du printemps, la nature prévoyante nous offre en abondance les plantes crucifères végétantes et très succulentes entre ces deux saisons. Les hommes ont par un heureux hasard choïsi dans la même famille les principales plantes potagères, cultivées depuis un temps immémorial dans les jardins et dans les champs : les navets, les raves, les choux, si intéressants par leur volume, fournissant dans la saison des catarrhes et des concrétions pituiteuses une nourriture saine et propre à prévenir les maladies. Le radis, le cresson et autres plantes propres à être mangées crues sont des aliments convenables et capables de guérir ces mêmes maladies lorsqu'elles sont développées. Mais toutes ces plantes sont une très mauvaise nourriture pendant l'été et au commencement de l'automne. Elles ne conviennent point aux tempéraments bilieux ; elles sont contraires dans les maladies putrides et d'autant plus nuisibles qu'on les associe aux substances animales, dont elles accélèrent la pütréfaction.

Cependant les plantes crucifères ont été mises au premier rang des remèdes antiscorbutiques, et des faits nombreux attestent leur efficacité dans cette maladie éminemment putride ; mais il est vraisemblable que ces

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plantes fraîches et crues n’ont jamais guéri ni préservé personne de cette maladie qu’elles ne peuvent qu'aggraver, et que dans tous les cas où leur usage a été reconnu salutaire ces plantes avaient été privées de leur principe ammoniacal par la cuisson ou par différentes préparations qui les rapprochent des plantes acescentes. C’est ainsi que le chou, qui se pourrit spontanément, éprouve une fermentation acide dans la préparation de la choucroute, et c’est avec raison qu’on attribue en partie au grand usage de ce mets l’absence du scorbut dans les vaisseaux commandés par le capitaine Cook pendant quatre ans de navigation (3° voyage du capitaine Cook. Préface.).

L’utilité des plantes crucifères n'est pas bornée aux besoins de la cuisine et de la médecine ; elle s'étend encore aux arts et aux manufactures. Leurs semences sont huileuses et l'huile qu'on en extrait est bonne à brüler et propre à la peinture et à la préparation des laines. Quelques plantes de cette famille fournissent une matiere colorante aux teinturiers ; le pastel, dont ils se servent pour teindre en bleu et en vert, appartient à la tétradynamie.

Enfin les plantes crucifères sont en grand nombre très remarquables par l'élégance, le nombre, la couleur vive, l'odeur délicieuse des fleurs et par la facilité avec laquelle elles doublent dans les parterres. Mais ce qui rend encore ces fleurs plus intéressantes, c'est que, comme elles sont presque toutes pourvues de glandes mellifères, elles sont très fréquentées par les abeilles et que la culture des navets, des choux, des raves et de la moutarde donne aux habitants de la campagne la facilité d'élever un grand nombre de ruches. k

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DRAVE (1). Silicule entière, ovale-oblongue. Valves à peu près rs parallèles à la cloison.

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