rraputxôs, qui fait éternuer
les Pyrénées, surtout dans les prairies du Benou. Elle fleurit pendant le mois de mai.
Toutes les parties de l’arnique de montagne exhalent une odeur forte, aromatique, qui n'est point désagréable, mais qui porte au nez et à la gorge de manière à provoquer des éternuements et une toux très incommodes. C'est ce qui lui a fait donner les noms vulgaires de tabac des Vosges et de bétoïine de montagne. Les médecins de Vienne, qui depuis un demi-siècle donnent un grand exemple aux autres médecins de l'Europe en éprouvant sur les malades l’action des plantes soupçonnées médicamenteuses, ont fait un usage suivi des fleurs et des racines de l’arnique de montagne dans les paralysies, dans les fièvres et dans les dysenteries putrides. Il résulte des observations de Stoll que cette plante est un excellent antiseptique, méritant le nom de spécifique et agissant immédiatement sur l'estomac et les intestins infectés par des matières putrides et menacés de la gangrène. Son principe aromatique très pénétrant excite efficacement l'action languissante de ces parties pendant qu'un autre principe, analogue peut-être au tannin, pénètre profondément dans le tissu des solides, le raffermit et le préserve de la putréfaction. Mais comme ce dernier principe existe en plus grande abondance dans les écorces, il y a un très grand avantage à faire prendre le quinquina délayé dans une décoction de fleurs d’arnique, dans tous les cas de gangrène imminente et dans les fièvres quartes chroniques dégénérées en doubles et en triples quartes.
Les fleurs d’arnique sont préférées dans la paralysie ; la manière ordinaire d’en faire usage est en décoction dans l’eau, à raison de demi-once jusqu'à une once par pinte, dont on fait prendre un verre de deux en deux heures. Les racines sont préférées dans la dysenterie putride ; on les fait prendre en poudre, à la dose d'un gros de deux en deux heures. Mais il faut bien se garder d'employer les fleurs ou les racines de l’arnique dans les maladies accompagnées de quelques signes d'inflammation.
2. Arnique à racine noueuse. Dec. FL. FR., IV, 176. Arnica scorpioïdes. Willd. Sp. pL., III, 2108. La Peyr. FL. DES PYR. Feuilles dentées, acuminées ; les radicales pétiolées. Pétioles allongés, garnis de stipules. Tous les filaments fertiles.
Cette plante se trouve sur les hautes montagnes, notamment à Anéou et au Roumiga, à l'extrémité de la vallée d'Ossau.