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OBSERVATIONS GÉNÉRALES

L'orchis, le satyrion, l’ophrys, la néottie et l’elléborine appartiennent à une famille connue sous le nom de plantes orchidées, dont les principaux caractères sont : 1° un seul cotylédon ; 2° une racine bulbeuse ; 3° une tige

1. — Linné a réuni dans cette classe les orchidées et le gouet, entre lesquels il y a cependant les plus grandes différences. Les orchidées sont surtout remarquables par leur périgone, qui affecte les formes les plus singulières et généralement des couleurs vives, tandis que le gouet n’a pas de périgone du tout. Il n’est d’ailleurs pas exact que Île

simple ; 4° des feuilles entières, alternes, nerveuses et vaginales ; 5° des fleurs sans calice, composées de six pétales dont l'inférieur, plus grand que les autres, est pris pour un nectaire ; 6° deux étamines nichées dans deux petites loges creusées dans la partie antérieure du pistil, séparées par une cloison et insérées en un point commun à la base de la cloison ; 7° un germe inférieur, pédonculiforme ; 8 une capsule oblongue, uniloculaire, trivalve.

Les plantes orchidées étaient regardées autrefois comme aphrosidiaques, mais cette opinion paraît n'avoir été fondée que sur la forme singulière de leurs bulbes, souvent semblables à des testicules ; et quoique quelques espèces soient remarquables par une odeur forte, agréable dans les unes, fétide dans les autres, elles sont depuis longtemps regardées comme inutiles et bannies des matières médicales.

Le salep est fourni par un orchis, et nos orchis pourraient en fournir également.

La plupart des plantes de cette famille portent des fleurs remarquables par leur éclat, par leur forme singulière et par leur disposition en grappe simple plus ou moins garnie. Elles font l'ornement des prairies vers le milieu et à la fin du printemps. Les fleuristes cultivent un grand nombre de plantes qui leur sont inférieures en beauté, dont l’odeur est moins agréable que celle de l'orchis double-feuille et de quelques autres ; maïs elles sont venues de loin et les difficultés de la culture les rendent rares et chères, au lieu que nos orchis, nos ophrys et nos elléborines croissent abondamment dans nos prairies et ne sauraient offrir à personne des parures ni des jouissances exclu-

sives.

gouet soit gynandre, c'est-à-dire que les étamines soient insérées sur le pistil comme elles le sont chez les orchidées ; les pistils et les étamines sont, les uns et les autres, insérés sur un réceptacle commun, mais à des hauteurs différentes.

Réduite aux orchidées, la gynandrie offre un groupement très naturel, les plantes de cette famille ayant des caractères tout à fait particuliers qui la distinguent de toutes les autres et en font, pour ainsi dire, le dernier mot de l’art végétal. Tout y est singulier : la racine affecte des formes spéciales ; les feuilles sont tantôt largement développées, tantôt réduites à des écailles à peu près scarieuses ; le périgone présente les formes les plus variées et les plus asymétriques ; le nombre normal des étamines n’est jamais atteint : on n’en trouve qu’une ou deux, et elles sont placées dans une situation exceptionnelle, sur l'ovaire. Le pollen n’est pas granuleux ; il reste aggloméré en masse dans les anthères qui ne ressemblent à aucune anthère d'autres plantes. Enfin l'ovaire est souvent contourné et contient un nombre immense de graines qui ne paraissent pas utilisées, la reproduction étant presque toujours assurée par la prolifération des bulbes de la racine. Il s'en faut de peu qu’on se trouve en dehors du do-

maine végétal.

— 659 — GYNANDRIE — DIANDRIE

ORCHIS (1). Division inférieure de la corolle terminée par une corne.

A). Bulbes sans division.

1. Orchis à deux feuilles. Dec. FL. FR., III, 245. Orchis blanc. FL. FR., 1103, 11.

Orchis bifolia. Lin. sp., 1331. Willd. Sp. pL., IV, 10. Lèvre du nectaire lanceéolée, très entière. Corne très longue. Pétales très ouverts. Vivace.

Bulbes ovales, acuminées. Tige droite, anguleuse, garnie d’écailles foliacées, s’élevant jusqu’à un pied et demi. Feuilles radicales, au nombre de deux, largement lancéolées et pliées en gouttière. Fleurs d’un blanc sale ou jaunâtre, disposées en grappes lâches et terminales, portées sur

des pédoncules germinifères courbés en arc et plus longs que leurs bractées. Lèvre du nectaire linéaire, très entière. Corne très grêle et plus longue que le pédoncule.

Cette plante croît dans les bois et dans les pâturages. Elle fleurit pendant Vété:

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