Zanichelli, botaniste vénitien
2. — Le thalle à la forme d’une lentille. Malgré ce qu’on dit de ses prétendues fleurs, la lenticule appartient plutôt aux thallophytes par sa constitution, par son apparence et par ses conditions de vie,
MAÏS (1). Fleurs mâles sur des épis séparés : calice, bâle biflore, mutique ; corolle, bäle bivalve, mutique. Fleurs femelles : calice et corolle, bâle bivalve ; style filiforme, pendant (2) ; semences solitaires, implantées sur un réceptacle oblong.
Maïs cultivé. Dicr. BOT.
Zea maïs. LIN. sp., 1378.
Feuilles très entières. Annuelle.
En langue du pays milloc.
a. Maïs à grains blancs.
b. Maïs à grains jaunes.
c. Maïs à grains rouges.
Cette plante est originaire de l'Amérique, d'où elle fut si promptement transportée et cultivée dans les autres parties du monde que les voyageurs qui bientôt après la découverte de l'Amérique la trouvèrent en Afrique, dans l'Inde et dans plusieurs contrées de l'empire ottoman la regardèrent comme indigène de ces différentes contrées et lui donnèrent les noms de blé d’Inde, blé de Turquie, etc.
La culture de cette plante précieuse, qui a déjà plus de cent ans de date dans le département des Basses-Pyrénées, a quintuplé nos ressources alimentaires en substituant une nourriture agréable et saine au panic dont se sont nourris nos ancêtres. La plupart de nos terres sont propres à la culture de cette plante. Elle croît sur les terres argileuses comme sur les terres sablonneuses, sur les plaines et sur les côteaux. Elle prospère dans la région moyenne des Pyrénées, mais le froid de l'automne y prévient la maturation des fruits. On peut regarder la récolte du maïs comme assurée avec quelque variation dans les produits. La germination languit souvent par les pluies continues du printemps. La larve du hanneton et la courtilière lui font quelquefois beaucoup de mal dans la jeunesse ; il arrive aussi que les ouragans renversent les tiges plus avancées. A cela près, le maïs n’a presque plus rien à craindre de l’intempérie des saisons. La floraison n'ayant lieu qu'a la fin de juin et au commencement de juillet, les pluies et les gelées ne peuvent plus nuire à la fécondation. La plante quelquefois hachée par la grêle dans sa jeunesse répare bientôt ses pertes par le développement des feuilles. Ce fléau est beaucoup plus rare après la floraison, et la maturation est ordinairement terminée avant les premières gelées.
Si nous joignons à tous ces avantages celui d'une merveilleuse fécondité, jointe à la plus grande salubrité, nous regarderons le maïs comme une des plantes les plus précieuses du règne végétal et, pourvu que les travaux ne
1. — Haïtien : mahis. Zea, de £&w, je vis, Ou de £ebs, Jupiter. 2. — Ces styles, ou plutôt ces stigmates, sont depuis quelque temps donnés en
infusion comme diurétiques. Cette propriété n’est pas signalée par les botanistes du
commencement du xixt siècle.
—— 677 Es : MONŒCIE — TRIANDRIE
soient jamais suspendus par quelque catastrophe naturelle ou révolutionnaire, nous n'aurons jamais la famine à craindre.
La fécondité du maïs est telle que chaque grain produit jusqu’à 2.000 semences. Deux champs de superficie égale, et toutes choses égales d’ailleurs, rendent à peu près autant de froment que de maïs ; mais l’'ensemencement de l’un exige trente-deux parties de froment lorsqu'un trente deuxième de maïs suffit pour l’'ensemencement de l’autre.
La salubrité du maïs est prouvée par la constitution robuste des cultivateurs et des artisans qui s’en nourrissent, par la rareté des maladies putrides et inflammatoires dans ces contrées et par l'absence des épidémies meurtrières dans les campagnes. La farine du maïs est une des moins glutineuses comme une des plus savoureuses, et par là très propre à être mangée en bouillie ou pâte molle cuite sans ferment. C'est aussi de cette manière qu'on s'en nourrit le plus communément dans nos cantons. Il y a deux manières de préparer cette pâte, qu on nomme broye : la première consiste à faire bouillir de l’eau dans un chaudron et à y mettre peu à peu de la farine de maïs jusqu'à une certaine consistance ; cette opération se fait avec un bâton qu’on remue, tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, et lorsque cette pâte est bien cuite on la coule dans des vases pour la manger avec du lait, ou bien on la tire en petites pelotes avec une cuiller à pot trempée dans de l’eau ou dans un petit bain de graisse ou de beurre, pour la manger avec des œufs, des tranches de jambon et différentes sauces. Les pauvres la mangent seule ou avec une petite pile de choux, de fèves, de haricots ou de châtaignes. La seconde méthode consiste à faire torréfier de la farine de maïs dans une terrine sur un brasier ; on y verse ensuite peu à peu de l’eau bouillante, on remue la pâte, on la laisse cuire et on la mange comme la précédente. On voit facilement que cette méthode est préférable à la précédente pour le goût et pour la santé. Les bouillies de maïs sont des friandises temporaires dont on régale les enfants, les convalescents et les amis, mais dont on ne se nourrit que lorsqu'il y a une grande abondance de lait. On fait aussi du pain de maïs, très sain lorsqu'il est bien cuit, mais peu nourrissant, très agréable lorsqu'on y mêle un peu de farine de froment.
La culture du maïs paraît conduite avec intelligence ; les instruments en sont très simples et très commodes, mais on y commet des fautes graves, dont j'ai relevé les principales dans mon discours préliminaire. Il me reste à faire quelques observations sur la manière de le travailler.
Nos terres sont en général partagées en trois lots ; chaque année l’un des : trois lots est ensemencé en froment, l’autre en maïs, et le troisième se repose en guéret ; on sème dans la suite le froment sur le guéret, le maïs sur l'extirpation du froment, et le lot qui vient de porter le maïs ‘est destiné au repos l’année suivante. Les trois lots sont distribués de manière qu’on jouit chaque année d’une récolte de froment et d’une récolte de maïs. On sème le maïs depuis la fin de mars jusqu'aux premiers jours de mai, sur des terres préparées par un labour vers le milieu de l'hiver, ensuite hersées et légèrement sillonnées en long et en travers par un instrument de bois à trois dents
placées à environ trente-cinq centimètres ; la place des semences est marquée aux points d'intersection. On a la précaution de mettre trois grains de maïs dans chaque endroit pour prévenir les accidents de la germination, mais on néglige trop souvent de les réduire à un seul pour en favoriser l’accroissement.
Après l'ensemencement, on trace un sillon intermédiaire entre toutes les rangées pour favoriser l'écoulement des eaux et pour marquer la route des labours subséquents. Chaque labour consiste à faire passer dans les intervalles, alternement en long et en travers, une sorte de charrue dont le bec est armé d'un fer en croissant ; on multiplie ces labours jusqu’à ce que le maïs en fleur ne permette plus aux bestiaux d'entrer dans le champ. Le premier effet de ces labours est de déraciner les mauvaises herbes à mesure qu'elles croissent ; leur utilité à ce point de vue parait incontestable, et l’impossibilité d'atteindre par ce moyen celles qui sont placées autour de la plante réduit encore à la nécessité de sarcler une ou deux fois les champs herbeux. Le second effet est d’ameublir la terre et les cultivateurs, qui sont persuadés que plus on travaille la terre plus elle se bonifie, et les physiciens, qui pensent que la terre exposée aux météores acquiert des principes fécondants, attachent une grande importance à ce travail et croient aussi favoriser par là le développement des racines. Cependant comme une terre meuble est plus facilement pénétrée par la chaleur et plus complètement évaporée, il parait certain que, plus on la remue pendant l'été, plus on l’épuise par l’évaporation de tous les principes volatils ; mais il faut convenir aussi qu'une terre meuble est plus facilement pénétrée par les petites pluies, que ses principes salins et muqueux sont aussi plus facilement dissous et entrainés vers les racines, ce qui favorise beaucoup l'accroissement des plantes. Quant au développement des racines, on sait que celles des plantes graminées sont couchées horizontalement sur la surface du terrain ; or les labours trop multipliés diminuent considérablement leur adhérence, ce qui les fait céder à l'impulsion des vents et facilite le renversement des tiges, sans compter que les terres soulevées sont entraînées par les grosses pluies et les tempêtes qui font un si grand ravage dans les champs inclinés. Le troisième effet des labours dont il s’agit est de porter et d'accumuler les terres en à-dos sur les racines du maïs et de soutenir jusqu'à un certain point les tiges contre l'impulsion des vents ; mais comme les racines du maïs sont naturellement situées à la surface du terrain, elles doivent nécessairement souffrir de la privation de l'air, de la lumière, et de l'humidité fournie par les rosées abondantes de l'été. Ces rosées sont quelquefois pendant trois mois l'unique et suffisante ressource du maïs pour sa nourriture. Et qu'on ne dise pas que le maïs s’alimente de cette humidité plutôt par l'absorption des feuilles que par celle des racines ; car, quoique cette absorption joue un grand rêle dans l'économie végétale, il paraît certain qu'elle ne fournit ni la matière de l’accroissement ni celle des produits de la végétation. Aussi voit-on bientôt la végétation du maïs languir et les feuilles se flétrir après des labours trop fréquents et trop profonds lorsque, toutes choses égales d'ailleurs, le maïs
— 679 — MONŒCIE — TRIANDRIE
résiste mieux à la chaleur et conserve toute sa fraicheur dans les champs travaillés avec plus de ménagement.
Je conclus de toutes ces observations :
1° Que les labours sont indispensables dans la culture du maïs pour l’extirpation des mauvaises plantes et pour favoriser la circulation des sucs nutritifs ; 2° qu'on devrait se borner à deux labours, alternement en long et en travers, pour empêcher l'épuisement du sol et pour ne pas affaiblir l'adhérence des racines ; 3° que les labours devraient être conduits de manière à ne porter sur les racines du maïs qu'une petite portion de terre, suffisante pour les fortifier sans les priver des influences salutaires de l'air, de la lumière et de l'humidité.
Aussitôt que le maïs commence à fleurir, tous les soins lui deviennent inutiles jusqu’à la récolte. Maïs les cultivateurs, qui veulent jouir de tout sans se mettre en peine si une jouissance actuelle détruit ou diminue une jouissance éloignée, s'empressent de couper les sommités fleuries du maïs pour les faire manger aux bestiaux. Bientôt après, ils dépouillent tout à fait les tiges de toutes leurs feuilles, qu'ils font sécher et qu'ils réservent pour l’hiver. Les inconvénients de ces deux pernicieuses méthodes ont été exposés avec quelques développements dans mon discours préliminaire. Les cultivateurs qui, vaincus par nos raisons, renonceront à la taille du maïs pourront plus facilement semer des haricots à tige grimpante dont le produit est beaucoup plus considérable que celui des ‘haricots nains, qui d’ailleurs ne réussisent pas aussi bien à l'ombre des feuilles du maïs.
CAREX. Fleurs mâles : chaton imbriqué ; calice monophylle ; corolle nulle. Fleurs femelles : chaton imbriqué ; calice monophylle ; corolle nulle ; nectaire enflé, terminé par trois petites dents ; trois stigmates, quelquefois deux ; une sémence triangulaire enveloppée dans le nectaire.
Un seul épi androgyne.
méGaer puce. Dec, FE FR, Il" 10r
Carex pulicaris. Willd. Sp. PL., IV, 213.
Un seul épi androgyne simple, mâle au sommet. Deux stigmates. Capsules oblongues, légèrement triangulaires, glabres, réfléchies, rétrécies aux deux extrémités, plus longues que leurs bractées.
Les tiges de cette plante sont grêles, presque capillaires et longues d’un à trois décimètres. Les feuilles, plus courtes que les tiges, sont sétacées, plus ou moins courbées en arc et légèrement canaliculées. L’épi est terminal et androgyne. Les fleurs mâles sont placées au sommet et les fleurs femelles à la base. Après la floraison, les capsules, un peu écartées, se réfléchissent
horizontalement ou en bas. Les bractées, plus courtes que les capsules, tombent pour la plupart après la réflexion des capsules.
Cette plante croît dans les pâturages et dans les prés marécageux. Elle fleurit vers la fin d'avril. Je l'ai trouvée aux environs de Morlaas.