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Chêne des tanneurs

Quercus coriaria.

Feuilles oblongues, élargies vers le sommet, pennatifides-sinuées, couvertes d'un duvet lanugineux en dessous. Ligneuse. En patois faoust.

Racines traçantes poussant des jets à une grande distance. Arbre médiocre et tortueux, dont l'écorce est épaisse, dure et gercée. Feuilles alternes, distinctement pétiolées, oblongues, étroites vers la base, élargies vers le sommet, pennatifides-sinuées, à découpures oblongues, obtuses, ayant le bord inférieur souvent découpé en deux ou trois lobes plus ou moins profonds, rarement le supérieur ; couvertes en dessous d’un duvet drapé, formé par des fascicules de poils entrelacés, garnies en dessus de petits poils en faisceaux distincts et éloignés qui donnent à cet arbre un aspect triste et grisâtre. Deux stipules latérales, linéaires, roussâtres et caduques à la base des pétioles. Les feuilles se flétrissent sur l'arbre et tombent après les premières gelées. Fleurs mâles disposées en chatons axillaires, lâches et pendants, occupant la base des rameaux florifères. Calices septemfides et lanugineux comme les filets des chatons. Huit à dix étamines. Fleurs femelles disposées en épis serrés, ovales, subpédonculés et axillaires, occupant la partie supérieure des mêmes rameaux sortis des boutons à fleurs. Germes cotonneux. Trois styles divergents. Une petite bractée lanugineuse placée à la base de chaque germe. Glands ovoides, plus courts et plus ventrus que ceux du chêne roure, quelquefois solitaires, ordinairement ramassés en bouquets presque sessiles ou quelquefois portés sur des pédoncules que j'ai vus prolongés jusqu'au delà d'un pouce. Cupule hémisphérique, raboteuse, garnie de petites écailles presqu'imbriquées, couchées dans les intervalles de tubercules peu saillants.

Cet arbre, que je n'ai jamais rencontré dans les Pyrénées, croît naturellement dans plusieurs cantons du département, notamment dans les cantons de Pau, Morlaàs, Thèze, Garlin et Lembeye. Il se multiplie promptement par les jets nombreux qui sortent des racines, lorsqu'on a soin de clore un terrain pour en défendre l'entrée aux bestiaux. Son bois ne vaut rien pour la charpente, mais il brûle mieux que celui du chêne à grappes. Son écorce est préférée pour le tannage des cuirs parce qu'elle est plus substantielle et plus farineuse, pour me servir du langage expressif des tanneurs. On la sépare du tronc des jeunes pieds lorsque la première sève est en mouvement. Pour y parvenir, on fait deux incisions circulaires : l'une à la base et l’autre à une certaine hauteur ; on mène de l’une à l’autre deux incisions longitudinales opposées. On frappe quelques coups avec un maillet et l'écorce se sépare du tronc sous la forme de deux demi-cylindres creux. Dans les cantons basques, on laisse sur l'arbre une petite bande d’écorce à l'aspect du Midi par le rapprochement des deux incisions longitudinales, afin de conserver le pied. L’écorce s'y renouvelle et l’on obtient une seconde récolte en moins de temps qu'il n'en faut aux nouvelles tiges produites par la souche pour être exploitables.

Dans les campagnes voisines des villes principales, les propriétaires, qui sont sûrs de vendre leur bois à un grand prix, se refusent à ce genre d'exploitation, par la crainte de voir périr les souches mutilées pendant la sève ; et les tanneurs, qui attachent une grande importance à cette condition, sont réduits à faire leurs provisions de tan dans les communes éloignées. Mais si, comme on l’assure, la souche ne souffre point de cette opération et si elle

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produit bientôt après de nouvelles tiges, il y aurait un double profit à vendre l'écorce pour les tanneries et le bois pour le chauffage.

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