‹ Flore des damesChapitre 142 sur 169 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

vous placerez le nœud ou la boucle à gauche, tandis que dans tous les autres cas, elle se placera à droite du bouquet.

Toute phrase, vous le savez, ne peut comprendre un grand nombre de fleurs; il sera donc toujours facile de conserver à celles-ci leur ordre naturel, de manière à ce qu’elles suivent la subordination des idées; on ne craindrait pas , au besoin , de faire dominer au-dessus des autres plantes, celle qui est comme la base du discours. Ainsi, prenant pour exemple le bouquet de M me Delatour, la première phrase devrait être composée de cette manière : trois œillets dominant une gesse odorante placée à gauche, une armoise au milieu et un héliotrope à droite ; un ruban rouge, noué également à droite, retiendrait ce bouquet dont la signification est : aimer est un plaisir, un bonheur qui nous enivre. La seconde phrase se composerait d’œillets et d'une luzerne liés par un ruban noir bouclé à gauche , et elle voudrait dire : ne plus aimer, c’est ne plus vivre.

Je crois inutile d'insister davantage sur ces principes, que votre bon goût, je le répète, vous aurait seul suggérés. Il me reste une dernière recommandation à vous faire pour la délinéation des fleurs ; vous aurez certainement à en représenter quelques-unes que

NOUVEAU LANGAGE DES FLEURS

vous n’aurez pas encore peintes, ou dont les modèles ne figurent pas dans votre herbier. Quand ce seront des plantes délicates et légères, comme nous les offrent nos prairies, vous ne pourrez puiser vos inspirations à meilleure source que dans les tableaux de Van-Huysum et surtout dans ceux d’Abraham Mignon. Lorsqu’au contraire vous aurez à chercher quelque brillante tributaire de nos jardins, Van-Spaendonck, Vandael, devront être vos modèles; vous pourrez aussi consulter avec fruit les gracieuses productions de quelques dames, et notamment celles de M* ,e Agathe Fillon. Mais le recueil, surtout où vous aurez à puiser à pleines mains, où vous trouverez toutes Mes filles de Flore rangées méthodiquement par familles et par genres, c’est la précieuse collection de Vélins du Muséum d’histoire naturelle dont j’ai eu occasion de vous parler dans mes leçons de botanique (1). Redouté fera passer successivement devant vous les roses, les liliacées revêtues de la parure variée qu’elles ont reçue de la nature. Depuis l’humble cuscute jusqu'au gigantesque aloès, depuis l’herbe qui rampe, jusqu’aux plantes les plus ambitieuses, vous trouverez dans cette

(1 ) Voir Botanique à l’usage des dames et des jeunes personnes, t 0 e promenade, pag. 305.

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