CHAPITRÉ IV
» plantes odoriférantes. Vous ne serez pas surpris, » nie dit Euthyraène, du soin que je prends de les » cultiver ; vous savez que nous en parons les temples, » les autels, les statues de nos dieux; que nous en » couronnons nos têtes dans nos repas et dans nos cé- » rémonies saintes ; que nous les répandons sur nos » tables et sur nos lits; que nous avons même l’at- » tention d’offrir à nos divinités les fleurs qui leur sont » le plus agréables. »
En tous lempset partout les fleurs ont été aimées et
étudiées avec soin; comment eu aurait-il été autrement ?
Dans leurs plus légers mouvements L’observateur voit un présage :
Celle-ci, par son doux langage,
Indique la fuite du temps Qui la flétrit à son passage.
Sous un ciel encor sans nuasie.
Celle-là, prévoyant l’orage,
Ferme ses pavillons brillants;
Et sur les bords d’un frais bocage,
Sommeille au bruit lointain des vents.
Si r une, dès l’aube éveillée,
Annonce les travaux du jour,
Et sur la prairie émaillée,
S’ouvre et se ferme tour à tour,
G8 NOUVEAU LANGAGE des fleurs.
L’autre s’endort sous la feuillée,
Et du soir attend le retour Pour marquer l’heure de l’amour,
Et les plaisirs de la veille'e.
Le villageois, le laboureur Y voit le sort de sa journe'e ;
Le temps, le calme, la fraîcheur,
Les biens et les maux de l’anne'e,
Il lit toute sa destinée Dans le calice d’une fleur (l).
N’allez pas, au moins, prendre ceci pour une hyperbole poétique; l’observation a permis de composer un véritable calendrier floral dont voici les éléments :
Désignation florale des mois de l’année.
Janvier, Hellebore noir ( helleborus niger).
Février, Daphné, bois gentil ( daphne mezereum). Mars, Soldanelledes Alpes (soldanella alpina). Avril, Tulipe odorante (tulipa suaveolens).
Mai, Spirée fdipendule ( spirœa jilipendula ).
Juin, Coquelicot (papaver rhœas).
Juillet, Petite centaurée (chironia centauvium).
(t) Aime' Martin, Lettres à Sophie.