‹ Flore des damesChapitre 68 sur 169 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

bien ! ils n'ont fait en cela que prêter la main au plus pitoyable calembourg.

Pensée est, en effet, un nom corrompu par l’usage ; la fleur qui le porte se nommait d'abord paonsée à cause de la légère analogie qu’elle présente , par sa forme et ses maculations, avec les plumes du paon. Comme le geai qui se pare de celles ci, la pensée n’en a pas moins profité de la pauvreté de notre langage pour obtenir des hommages qu’elle méritait peu. Cependant l’usage est établi, les poètes ont parlé : honneur donc à la pensée !

Adieu, douce pense'e,

Image du plaisir ;

Mon ame est trop blessée,

Tu ne peux la guérir !

L’espérance légère De mon bonheur,

Fut douce et passagère Comme ta fleur.

Rien ne me fait envie :

Je ne veux plus te voir,

Je n’aime plus la vie,

Qu’ai-je-besoin d’espoir ?

nouveau langage des fleurs.

En ce moment d’alarme,

Pourquoi t’offrir ?

Il ne faut qu’une larme Pour te flétrir !

Par toi ce que j’adore Avait surpris mon cœur ;

Par toi veut-il encore Egarer ma candeur !

Son ivresse est passée,

Mais, en retour,

Qu’est-ce qu’une pensée Pourtant d’amour?

Madame Desbordes Valmorc.

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