‹ Flore des damesChapitre 79 sur 169 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

Que de charmes sa course offre aux yeux d’un amant! L’air e'carte et soutient son léger vêtement :

Le Zéphyr, qui la flatte avec un doux murmure,

Soulève à flots mouvants sa blonde chevelure ;

La nymphe à chaque pas révèle une beauté,

Le Dieu cesse un discours qui n’est plus écouté :

Mais, plus impétueux, il s’élance, il la presse,

Et, comme son amour, s’augmente sa vitesse.

Pâle et sur le Penee attachant son regard :

« Au celeste pouvoir si les fleuves ont part » Mon pèie, entends mes vœux! Terre, espoir qui me reste, « Engloutis moi, détruis cette beauté funeste! >»

J>es membres si légers se glacent engourdis ;

Une écorce revêt leurs contours arrondis :

En racines ses pieds s attachent au rivage j

Ses bras sont des rameaux, ses cheveux un feuillage,

Et le sommet d un arbre, avec grâce agité,

De son front qu il couronne offre encor la beauté.

Vers cet arbre chéri le Dieu se précipite j Sous l'écorce sa main sent un cœur qui palpite ;

11 presse ses rameaux, leur imprime un baiser Que 1 arbre dédaigneux semble encore refuser ;

« Si le sort avec toi m'interdit l’hyménée ,

nouveau langage des FLEURS.

» A ton amant, dit-il, sois toujours destinée ;

» Sous ta forme nouvelle obtiens de nobles droits,

» Laurier, orne à jamais ma lyre et mon carquois!

» Quand Rome aux pieds des dieux conduira la victoire, » Sois au front des héros l’emblème de la gloire ;

» Près du chêne sacré, couvre de rameaux verts » Le palais d’où César régira l’univers;

» Et, comme les cheveux de ma tête immortelle,

» Tes feuilles garderont leur fraîcheur éternelle. »,

Dans les airs, à ces mots, le laurier frémissant Incline vers le Dieu son front reconnaissant (l).

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