‹ Flore des damesChapitre 96 sur 169 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Des doux pleurs du matin mes feuilles imbibées,

Et vers mon sein vermeil mollement recourbées, Forment une grotte d’amour D où s’exhale une odeur qui parfume le jour.

J’accompagne Vénus, je flotte à son corsage ;

Et lorsque, dans Paphos on lui rendait hommage,

Les amours ont souvent douté Laquelle plaisait davantage Ou de la fleur ou de la Déité.

Enfin, mon doux parfum, mon éclat, ma verdure, Fixent autour de moi les amours du canton,

Et j'orne du plus beau fleuron La couronne de la nature.

— Ma sœur, vous vous vantez toujours,

Reprit l’humble immortelle, et vous n’étes pas sage. Plus que moi, j’en conviens, vous plaisez aux amours ; Mais j ai sur vous un bien grand avantage •

Vous mourrez avec les beaux jours :

On me voit briller à tout âge.

O vous en qui la vanité Préfère à tout la gloire d’étre belle,

Retenez bien cette moralité :

NOUVEAU LANGAGE DES FLEURS

La rose nous peint la beauté,

Mais le talent est l’immortelle (1).

Page 1